Crash salutaire

D’un côté les complotistes qui nous assurent que le vaccin va nous faire pousser des grandes oreilles poilues et une queue fourchue, de l’autre les compotistes gouvernementaux qui nous servent au quotidien une marmelade idéologique rance qui fait de ceux qui bronchent des « troistoyens », le titre de citoyens étant réservé aux caniches piqués et pucés. Comme c’est le centenaire de la naissance de Brassens, on peut ici dire avec une bonne référence libératrice : « quand on est con, on est con ». Ne comptez donc pas les divisions dans les deux camps, qu’elles soient d’opposition à la majorité minoritaire ou d’essence gouvernementalo-militariste (attention, car l’essence nous trompe), vous y perdriez votre calcul comme votre mental. Alors, on se met où dans l’histoire ? Car un pied dans la bouse et un autre dans le purin, ça ne permet pas de sortir nos e(r)gots de la fange ! Levons simplement un peu notre bec pour humer un air respirable sur la crête du discernement. Au sous-sol les obscurantistes passent les vaccins au pilon comme les créationnistes qui moulinent avec délectation Darwin au robot ménager. Ailleurs, dans le brouillard visqueux, des rabatteurs de trottoirs macroneux vous assènent : « la vaccination, c’est la seule solution ». Ils sont cons, mais on l’a déjà dit. A vrai dire, pas tant que ça quand même quand on comprend le tour de vice. Gavés aux merdias des usines à veaux, comme aurait dit le grand Charlot pas toujours charlatan, les français sont habitués à sucer les mamelles de la nouvelle vierge télévisuelle (enfin c’est plutôt elle qui nous entube par derrière). Pas du vintage, mais du vingt heures.

Allez, on se rassure : il reste des fourmilières de vaccinés qui ont une pensée reconnaissante et émue pour le père Pasteur qui a eu la rage de sauver de braves gens de la morsure des chiens de garde. Des humains qui se sont fait piquer, se sont accommodés de la formication (je précise, avec un « m ») en prenant leur pied et ce, sans avoir besoin de regarder les mille et une picouses injectées sur le petit écran, à en crever les pixels. Aucune soumission des pfizerisés ou autres modernisés ; un pari raisonnable pour le plus grand nombre, l’absolution des péchés pour quelques allumés.

Et maintenant ? Faut dire que l’heure n’est plus à la science, mais au risque d’attraper le Varan « omicron » (si, si, c’est dans l’alphabet grec), variant politique inspiré du chamanismo-satanisme vaudou dans sa version hypnotique. Désormais, un simple ausweis sur un A4 de 80 gr. ou un selfie de votre cul air pod sur votre machinphone vous empêche de refiler la bestiole à votre voisin. L’escobarderie du siècle. Ou, si vous n’avez rien oublié de l’horrible grande guerre de 14, le recyclage du slogan « gott mit uns » par notre Jupiter ténébreux lové dans les desseins maternels de sainte Brigitte ; vous l’avez, le laissez-passer, et vous ne risquez rien car dieu (donné car c’est gratuit) vous protège ; vous êtes inoffensif comme le Manekenpiss. Vous ne l’avez pas, le sauf-conduit...Tiens donc ! Vous n’êtes plus un citoyen comme les autres. Vos droits sont étranglés, déchirés. Qu’on le veuille ou non, l’histoire est têtue, on n’avait pas connu ça depuis… Pétain. Allons-nous docilement l’avaler, la pilule, fût-elle de Vichy ? Accepter la démocrassie ? Le « casse-sanitaire » ? Ou plutôt préparer un « crash salutaire » du pouvoir ? Après les sans-culottes, les gilets, qu’ils soient jaunes ou bleus, blancs, rouges ?

Brettus

«  Quand les nazis sont venus chercher les communistes, je n’ai rien dit, je n’étais pas communiste. Quand ils ont enfermé les sociaux-démocrates, je n’ai rien dit, je n’étais pas social-démocrate. Quand ils sont venus chercher les syndicalistes, je n’ai rien dit, je n’étais pas syndicaliste. Quand ils sont venus me chercher, il ne restait plus personne pour protester.  » Martin Niemöller 

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