Macron et la croix gommée

Point besoin, avec ce président là, de s’éterniser dans un débat jusqu’à atteindre le point Godwin ; le cynique ambitieux nous l’apporte sur un plateau, le relativisant et le neutralisant par là-même. Pétain, certes complice assumé d’Hitler, certes commanditaire de la rafle du Vel’d’hiv., certes pourchasseur, tortionnaire et assassin de femmes et d’hommes de France, certes… est cependant une grande figure honorable de la guerre 14/18 ! Cette dialectique corrompue employée par le président est profondément ravageuse. Par le biais du relativisme historique sélectif, Macron instille à l’insu du plus grand nombre le poison du révisionnisme, donnant quelque crédit aux théories niant le génocide juif et l’existence des chambres à gaz de l’infâme Faurisson. Car, quoi ? Si l’on peut ainsi segmenter la vie d’un grand criminel, ennemi de la république et des partis, dégradé de son titre de maréchal, raciste et antisémite, frappé d’indignité nationale, condamné à mort pour haute trahison, si l’on ose contrebalancer ces crimes contre l’humanité par la « victoire » à la Pyrrhus de Verdun, au prix de 300 000 vies fauchées, si l’on accepte ce parallèle relativiste ignominieux, c’est que le fascisme a déjà neutralisé la raison de celui qui porte un tel discours.
Que penserions-nous si le président Frank-Walter Steinmeier ou la chancelière Merkel honoraient de la sorte, tout en reconnaissant ses crimes de 39/45, le caporal Adolf Hitler, médaillé pour avoir été un bon petit soldat en 14/18 ?
Non, ce président là n’est plus digne de sa fonction. Il est indigne des français.

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