Suicide à GRENOBLE

En ce jour je pense à tous les suicidés du travail pour lesquels nous nous sommes battus. A quoi bon ais-je envie d’écrire c’est le cœur serré que je lis qu’un de nos policiers grenoblois s’est donné la mort. Avec Marin LEDUN nous avions écrit « Pendant qu’ils comptent les morts » à l’époque de France Telecom. Qu’écririons-nous aujourd’hui ? Une version pour les policiers, une version pour tous les infirmiers, pour les médecins à la manière des séries télévisées Meurtre à Grenoble, Meurtre à Paris, Meurtre à…La mort qui devrait rester un drame envahit tout doucement notre psychisme et la rend presque ordinaire et familière. Je refuse de m’y habituer, mes forces se sont amoindries mais j’espère la donner à d’autres pour continuer ce combat. La baisse des effectifs dans tout le secteur public préfigure l’histoire à venir. Que devient ce fameux observatoire du suicide qui devait faire de la prévention et une analyse de phénomène sans précédent qui a touché notre pays il y a plus de dix ans. Relevons nos manches, arrêtons de vouloir attribuer au privé les suicides en lien avec le travail, analysons les arbres des causes, l’organisation du travail, son intensité et son amplitude. C’est le minimum que nous pouvons faire pour cette famille grenobloise endeuillée et au-delà pour toute la profession des policiers exposés à tout, tout le temps et sans moyens suffisants. Dr Brigitte FONT LE BRET Psychiatre 

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