Libéralisme, obscurantisme, ultra-libéralisme (2)

Le pouvoir politique en place, en France et ailleurs, absolument contaminé par l'idéologie ultra-libérale, laisse au Marché le soin de gérer l'essentiel des activités humaines. Trop chères, la santé, l'éducation, la justice… trop chères, et surtout, trop rentables potentiellement pour être laissés à cet irresponsable secteur public.

Rien ne doit échapper à la monétisation de nos pourtant humaines activités.

Sommes tous des numéros.

Dans ce contexte de libéralisation folle, c'est-à-dire de darwinisme social généralisé, d'absurdité consumériste et de nihilisme qui en est le sous-produit, un certain retour du religieux n'est pas à comprendre comme une contestation de l'injustice et des inégalités sociales croissantes, mais comme son nécessaire accompagnement.

L’État libéral peut bien feindre de s'attaquer aux intégrismes religieux. Il n'en croit pas un traitre mot : il sait qu'il en a besoin pour continuer à exister. La misère qu'il laisse croitre, les inégalités qu'il laisse se creuser, la folie qu'il encourage, quelle autre puissante drogue que la religion pour les faire oublier ? Les petites herbes locales n'y suffisent plus…

Comme une milice peut remplacer (dans les lotissements des classes plus ou moins moyennes) la police, et les cours du soir privés une école publique pour tous, la religion, à moindre coût et suivant la même logique, prend le relais d'un état volontairement défaillant.

Sont donc satisfaits l'oligarchie libérale au pouvoir, qui n'est pas contestée fondamentalement, notamment parce que la question religieuse divise ses adversaires les plus lucides, et les églises de toutes sortes.

Les autres sont les dindons d'une farce qui prend -et prendra de plus en plus- des allures de tragédie.

 

 

 

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