Le retour des grands méchants fascistes?

Ce n'est pas avec de bons sentiments que l'on fait reculer le fascisme. Ce n'est pas en dénonçant les responsabilités d'une France qui fut colonialiste et esclavagiste -celles ci sont bien réelles, je ne le nie pas- ou la violence des rapports de classe que l'on fait reculer la misère et l'exploitation, lesquels finissent toujours, tôt ou tard, par engendrer un fascisme.

On peut se payer de mots, être du bon côté de la morale, se regarder dans un miroir magnifique. Mais le reflet est menteur et jamais les mots ne suffisent. S'ils suffisaient, les mots, ne serait-ce que ceux que l'on trouve à foison sur Mediapart, il y aurait belle lurette que nous vivrions au paradis.

Aux gens qui souffrent il faut un horizon. Soit nous parvenons à construire des situations de luttes collectives contre cette souffrance, soit cette souffrance est récupérée par le FN et ses amis.

 

Inutile de dire que ce sont ces derniers qui ont le vent en poupe. Et depuis longtemps : le FN au pouvoir serait l'aboutissement d'un processus déjà ancien. Au fond, il y est déjà. Pas la peine d'agiter l'épouvantail 2017.

 

Christophe Dejours, faut-il le rappeler, a appliqué au monde du travail "moderne" le concept arendtien de « banalité du mal » (Souffrance en France - La banalisation de l'injustice sociale, éditions du Seuil, 1998).

 

 

Que faire, et vite ?

Le Club est l'espace de libre expression des abonnés de Mediapart. Ses contenus n'engagent pas la rédaction.