Courte réflexion pascalienne

 

Si comme l'écrit Pascal, « tout le malheur de l'homme » est « de ne savoir pas demeurer en repos dans une chambre », il nous faudrait nous interroger sur ce que nous préparons comme monde en habituant les enfants à ne jamais s'ennuyer, à les laisser/faire s'oublier d'une activité à l'autre. Qui le violon, qui le football, qui l'équitation ou la danse, le tennis ou l'atelier peinture. Ne parlons même pas des écrans de toute nature.

 

Avec parfois* les meilleures intentions du monde , il est fort possible que nous fabriquions en série des individus incapables de supporter le moindre temps mort, et qui seront prêts à tout pour échapper à leur pourtant mortelle condition. Où fuiront-ils ? vers quels aliénants divertissements ? Vers quelle violence ? Vers quelle folie ? Et puisqu'aucune patience ne leur aura été enseignée, avec quelle énergie désespérée, encore inconnue ?

 

 

 

 

 

* « parfois », car si ce peut être le résultat d'une volonté d'élever un individu avec le corps et la tête bien faite, ce peut aussi être dans le but conscient de charger son rejeton de la « valeur ajoutée » que représente, dans un « monde hyper compétitif », les compétences extra-scolaires et les signes extérieurs de la pseudo-noblesse sociale.

 

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