Terrorisme : de la responsabilité politicienne et patronale.

Il peut sembler commode de criminaliser le mouvement social : la CGT est « terroriste », qui encourage à la « prise d'otage », et l'hopital Necker fût détruit par des casseurs qui s'en prenaient, au fond, à un enfant orphelin victime de Daesch. Rien que ça.

Il peut sembler commode de criminaliser le mouvement social : la CGT est « terroriste », qui encourage à la « prise d'otage », et l'hopital Necker fût détruit par des casseurs qui s'en prenaient, au fond, à un enfant orphelin victime de Daesch. Rien que ça.

Aujourd'hui, une nouvelle fois hélas, après ce 14 juillet 2016, voila qui peut sembler bien indécent. Et même immonde.

Il serait temps de retourner à l'envoyeur ces quelques amabilités.

 

 

L'IGAS a été tue.

Le bilan positif des trente-cinq heures soigneusement enterré.

Par idéologie.

Pas par réalisme ou pragmatisme. Par i-dé-o-lo-gie.

Et notamment parce qu'un haut patronat réactionnaire est vent debout contre toute réforme qui pourraient "inverser la courbe" de ce précieux chômage qui permet si aisément tous les chantages et toutes les soumissions, tous les profits et toutes les marges. Croit-il.

Et notamment parce que des politiciens soumis à "leurs" petites échéances éléctorales, oublieux du Bien Commun, sont en plus profondément gagnés à la logique libérale qui veut que l’État n'ait pas à se mêler d'économie et que le Divin Marché (et l'un de ses sbires : le Divin Marché du Travail*) règle tout et nous mène gaiement vers le meilleur des mondes non-soviétiques*. Des politiciens qui retardent d'un siècle, donc, qui négligent l'éducation, la prévention, la protection des citoyens et leur bien-être. Des politiciens qui négligent, in fine, la république et son avenir au nom de ce poncif de bistrot : « De nos jours, tout coûte cher ma bonne dame, tout coûte trop cher... ». Croient-ils.

 

Alors, sur quoi repose le terrorisme ?

Si personne ne le sait absolument, à part les dogmatiques à mono-lecture, on peut sans doute, entre personnes qui réfléchissent un peu, s'accorder sur le fait que la violence du chômage, la relégation, la frustration, la marginalisation qui en découlent est un pain béni pour les religieux en peau de lapin de tous bords. Et notamment pour ceux qui se réclament d'un Islam violent. Magnifique armée de réserve, que nous alimentons chaque jour.

 

La haine ne tombe pas du ciel. Elle pousse sur un terreau favorable : c'est du fumier, et il pue de plus en plus.

 

Tant que nous serons à contre-courant de l'Histoire, qui depuis au moins un siècle fait que l'être humain travaille de moins en moins longtemps tout en produisant de plus en plus grâce au machinisme, à la robotique, à l'informatique et au numérique, tant que des politiciens et un patronat à courte vue bloqueront toute réforme qui permettrait de partager le peu de travail qui nous reste et le très peu qui restera dans les décennies à venir, tant que ces fous qui se croient fins préféreront des humains en souffrance, d'un côté à cause d'une surcharge de travail, de l'autre à cause d'une absence de travail, ils nous entraineront vers la catastrophe tout en feignant de lutter contre.

La haine ne tombe pas du ciel. Si notre pays est ciblé, c'est que sa cohésion, en contradiction flagrante avec ses principes affichés aux frontons des mairies, était déjà minée. Les terroristes s'appuient sur un minage plus ancien, plus profond, plus invisible, qui est notablement le fait du chômage : en bons tacticiens, ils ne font que le prolonger et l'agrandir.

 

Il n'y a aucune recette miracle contre la haine folle. Mais qui dit lutter contre elle uniquement par la violence et la répression, sans cerner ni a fortiori combattre les causes véritables de cette haine, est un boutefeux irresponsable.

 

Donner du travail à tous en le partageant, ce travail qui permet les échanges (même minimaux) entre gens de cultures, de langues, d'opinions diverses, ce travail qui permet de vivre décemment, de trouver une place dans notre société et d'être fier de ce que l'on est, me semble une piste évidente, cruellement absente des projets de nos dirigeants.

 

Honte à eux.

 

theres-no-way-like-the-american-way

 

 

 

 

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