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Billet de blog 24 mars 2023

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Bachar El-Macron ?

On ne peut qu’être effaré par les interventions de Macron. Il jette de l’huile sur le feu, il cristallise la haine, il jette dans la rue les gens. Il leur donne à croire qu’en dehors de la violence, aucune issue n’est possible. Il doit être un stupide entouré d’idiots.

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On ne peut qu’être effaré par les interventions de Macron. Il jette de l’huile sur le feu, il cristallise la haine, il jette dans la rue les gens. Il leur donne à croire qu’en dehors de la violence, aucune issue n’est possible. Il doit être un stupide entouré d’idiots.

L’hypothèse est inquiétante. Ce supposé crétin peut tout de même décider de lancer la bombe atomique.

Une autre existe qui l’est davantage : il s’agit là d’un calcul politique.

Comme tout autocrate, à la suite par exemple de Bachar El-Assad qui expliquait n’avoir en face de lui que des islamistes fanatiques, Macron cherche à rendre violente et infréquentable l’opposition à sa politique: il ne veut avoir en face de lui qu’une frange « radicalisée » de la contestation, il tente de discréditer le mouvement social1 en le faisant passer pour nécessairement violent, anti-démocratique, dangereux. Pour pouvoir mieux incarner l’ordre, la raison, la sagesse, la sainte modération. Vieille histoire, pauvre rengaine...

Car ce que craint le pouvoir n’est pas la violence :

- Que feront quelques Black Blocs et autres manifestants « violents », infiltrés, contre des policiers sur-armés et sur-informés ?

- Que feront les manifestants peu aguerris, les manifestants « normaux », face à l’arbitraire d’une répression féroce, et qui ne veulent pas perdre qui un œil, qui la vie ?

Réponses, à remettre dans l’ordre :

- Ils rentreront chez eux.

- Une partie sera jugée en comparution immédiate et se retrouvera avec une forte amende, du sursis ou de la prison ferme. Et se tiendra, pour son grand nombre, tranquille.

Et la caravane passera. Et la route sera libre pour la destruction de ce qui reste du Conseil National de la Résistance, pour tout ce qui demeure de « déjà-là communiste » et qui est insupportable au Capital, ne serai-ce que symboliquement, d’autant plus insupportable qu’il se sait en position de grande fragilité (explosion des inégalités, contradictions internes, crise climatique). Il lui faut anéantir l'espoir, et d'abord la mémoire d'une autre manière de faire société.

L’utilisation de la violence, fût-elle seulement dirigée contre les publicités et les vitrines de banques, n’est en rien une solution pour le peuple. Elle permet des images qui engendrent forcément la crainte et la peur d’une grande partie de la population, fût-elle en désaccord absolu avec cette réforme inique, et ne sert donc, in fine, qu’à resserrer les rangs autour de l’« autorité » dont l’une des fonctions de rassurance, déjà surjouée, sera encore davantage mise en scène dans les jours qui arrivent.

Si cette hypothèse est la bonne, et je ne peux en réalité en envisager d’autres, sauf à faire de Macron un imbécile ou un fou, ce qu’il n’est évidemment pas, la question est alors : sommes nous arrivés au point où cette violence imagée est favorablement accueillie par une grande partie d’une population à bout ?

Je ne le pense pas ; et je pense que Macron ne le pense pas non plus. Et je pense qu’il pense qu’un bon coup de matraque et un peu de garde à vue ou de taule rend docile la plupart des jeunes gens énervés. Le capitalisme en est au point où il a renoncé à être désirable ; s’avouer effrayant et autoritaire lui semble à présent un moindre mal. Question de survie.

Quoiqu’il en soit, des gens vont souffrir et peut-être bien inutilement.

Il suffirait de bloquer pacifiquement la folle mécanique de ce monde. S’assoir sur les autoroutes et dans les centres villes et autour des rond-points. Chanter, danser, et offrir un thé aux passants pour le plaisir de parler de la beauté du vent et celui de ralentir la marche absurde des choses et des êtres humains.

Mais de cela, ni Macron dont le "logiciel" est maintenant le capitalisme autoritaire, ni les manifestants et manifestantes violentes, prisonnières et prisonniers de leur vision viriliste et spinalienne du Grand Soir, ne le désirent.

1 Ceci vaut bien évidemment pour le mouvement écologiste qualifié récemment de « terroriste ».

Illustration 1
Comment reconstruit-on une forêt après un incendie ravageur? (BFMTV) Philippe LOPEZ / AFP © Philippe LOPEZ / AFP

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