Je relis avec effroi une question posée sur le site de l'UMP en février 2012 :
«Pour lutter plus efficacement contre les actes de délinquance commis par une frange de la population qui a fait de la violation de la loi pénale son mode habituel de vie, doit-on expulser les étrangers auteurs de tels faits?»
En faisant appel au supposé "bon sens" de 1er dégré, cette phrase glisse malicieusement 2 idées :
- on peut réduire notablement la délinquance en expulsant les étrangers délinquants,
- L'origine de nos problèmes de délinquance vient des étrangers ; il faut donc en réduire la présence.
Je vous propose quelques variantes qui auraient pu être rédigées à d'autres époques :
«Pour lutter plus efficacement contre les actes de délinquance commis par une frange de la population qui a fait de la violation de la loi pénale son mode habituel de vie, doit-on expulser les italiens auteurs de tels faits?»
«Pour lutter plus efficacement contre les actes de délinquance commis par une frange de la population qui a fait de la violation de la loi pénale son mode habituel de vie, doit-on expulser les protestants auteurs de tels faits?»
«Pour lutter plus efficacement contre les actes de délinquance commis par une frange de la population qui a fait de la violation de la loi pénale son mode habituel de vie, doit-on envoyer au bagne (ou à la guillotine) les franc-maçons auteurs de tels faits?»
Est-ce avec de tels propos qu'on développe l'unité nationale si chère à beaucoup aujourd'hui ?