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Billet de blog 11 mai 2023

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Pour une alliance homosexuelle (masculine)

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Ce blog est personnel, la rédaction n’est pas à l’origine de ses contenus.

Thèse.

« Les hommes gays sont nos ennemis ». Qu’avons nous raté, nous les hommes gays, pour que nos ami.e.s lesbiennes, bisexuelles ou féministes puissent dire cela ? Quelles sont les raisons pour lesquelles une telle phrase peut être prononcée ? Je pense que c’est d’abord de notre propre responsabilité que ce genre de discours peut se développer, avec la mise au banc de plus en plus fréquente des homosexuels dans les milieux militants.

Nous n’avons pas de conscience de classe.

Aujourd’hui, et ce n’est peut être pas une bonne chose, mais on rencontre de plus en plus de personnes qui se disent féministes, hommes ou femmes, de gauche ou de droite. Cela va de Sandrine Rousseau à Marine Le Pen en passant par Valérie Pécresse, mais aussi Macron. La lutte féministe semble s’être étendue à toutes les sphères. Si cela peut être critiqué, puisqu’en effet quelle est l’utilité du féminisme s’il est là pour mettre plus de femmes à la tête d’entreprises comme celles du CAC40, il me semble que cela dans les grands traits représente un progrès. Adressez vous à un amphithéâtre et demandez aux étudiantes si la sororité est une valeur importante pour elles, vous avez de grandes chances que beaucoup répondent oui. Je pense qu’il n’en est pas de même pour les hommes gays.

Nous sommes avant tout des hommes. 

Nous nous connaissions et nous reconnaissons pourtant, mais la plupart du temps nous sommes incapables de transmettre un sentiment d’adelphité. C’est une des manifestations du fait que pour la plupart d’entre nous, avant d’être homosexuels, nous sommes des hommes. Nos privilèges masculins dans un monde patriarcal surpassent assez souvent nos désavantages liés à notre orientation. Au contraire, cette tare peut se trouver être un booster dans certains domaines (professionnels par exemple). Alors, c’est à nous gays de gauche, de savoir si nous voulons utiliser notre condition pour détruire le système capitaliste et d’oppression qu’est l’hétéro-patriarcat, même si nous en tirons des bénéfices, ou alors si nous souhaitons conserver nos privilèges. Le changement doit se faire au niveau de notre positionnement dans le champ de la lutte politique : pour la plupart nous nous positionnons en réalité avant tout comme des hommes plutôt que comme des gays.

Nous gagnerions à nous inspirer des méthodes féministes et lesbiennes de résistance.

La bonne nouvelle est que les minorités de genre ont fait ce travail bien avant nous, puisque nous sommes en retard. Nous pouvons prendre modèle sur les méthodes de travail du lesbianisme politique ou des féministes. Comme dit plus haut, nous devons abandonner notre masculinité pour nous diriger vers quelque chose qui crée un plus grand trouble dans le genre, nous positionnant comme gays avant tout. Allons chercher tout ce qui nous a été refusé en tant qu’individus élevés comme des hommes dans une société machiste. La tendresse, l’empathie, la vulnérabilité, l’amour : en somme, le *care*. Créons des groupes d’alliance d’homosexuels dans nos environnements, reconnaissons nous et aidons nous, sans basculer dans des logiques de boys club. Sourions nous, ne nous marchons plus dessus. Cessons la concurrence, la dégradation. Appliquons la jurisprudence de Alice Coffin qui dit qu’elle refuse de critiquer une autre femme publiquement. 

Conclusion

Nous avons vu les effets de la reprise du féminisme par des logiques néolibérales et fascistes, luttons pour que cela n’advienne pas avec l’homosexualité masculine. Les gays de droite ne sont pas nos alliés, ne les intégrons pas dans nos luttes, faisons sécession. 

Retrouvons nous et signons des pactes de non-agression.

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