Agir pour celles et ceux en grande précarité, passe aussi par une solidarité civique

À Strasbourg, comme dans beaucoup de villes en France, la capitale alsacienne est confrontée à des situations d'urgence sociale avec de nombreuses familles en situation de grande précarité, demandeurs d'asiles ou autres, en situation irrégulière ou pas... La solidarité civique est importante et utile pour les bénévoles d'associations qui interviennent sur le terrain.

À Strasbourg, comme dans beaucoup de villes en France, la capitale alsacienne est confrontée à des situations d'urgence sociale avec de nombreuses familles en situation de grande précarité, demandeurs d'asiles ou autres, en situation irrégulière ou pas et ou en attente d'une régularisation. 

La solidarité à son importance dans la gestion de situations plutôt isolées, comme le témoignage qui va suivre où c'est une alerte de plusieurs citoyens des quartiers sud de Strasbourg qui ont permis à AGISSONS 67 d'intervenir : 

« Tout le monde connait quelqu'un qui connait quelqu'un qui a la solution » © AGISSONS 67 « Tout le monde connait quelqu'un qui connait quelqu'un qui a la solution » © AGISSONS 67

« AGISSONS, un Lundi 4 Octobre 2021, le matin, un message venant de citoyennes des quartiers sud de la ville, pour signaler 2 familles installées place de l'Etoile, cette veille citoyenne, elle est importante surtout quand elle s'associe systématiquement à nous pour contribuer à trouver des solutions, proposer une participation pour aider.

Arrivé sur place, comme à chaque fois, la dure réalité avec une famille sur les 2 présentes, malade au foie, grippée et fiévreuse, la chute des températures et les pluies ne sont pas étrangers à l'état d'une jeune femme de 26 ans accompagnée de son garçon de 6 ans sous une tente très mal équipée.

Leur couette comme leurs habits sont humides et froids, sa petite fille de 3 ans, elle aussi malade, a été confiée à des amis le temps qu'elle puisse guérir.

Cette femme a été victime d'une agression pour avoir refuser les avances malsaines de lâches qui ont vus qu'elle était seule avec ses enfants, les traces de son cocard, encore bien visible.

La prise en charge se fait à l'abri, au chaud, dans la salle d'attente de l'EMS, et après un appel au SIAO, nous essayons déjà d'organiser et d'anticiper les différents scénarios avec les 2 Malikas au grand coeur qui nous avaient alerté pour ces familles.

Les enfants de la dame sont scolarisés au quartier du Neuhof où elle les emmenait chaque matin avant de tomber malade, plusieurs habitant-e-s s'organisent aujourd'hui pour l'aider et faciliter son quotidien.

Nous remercions aussi l'agent de sécurité de la Ville, d'origine tchétchène pour sa bienveillance et son aide à la traduction, quand l'appli du téléphone nous a lâchée.

Solidariteam Ems a tout son intérêt quand en 1h, Les Compagnons de l'Espoir -La page- arrive pour déposer des équipements adaptés à cette vie dehors, sacs de couchages imperméables neufs, des chaussettes, des sous-vêtements chauds, des bonnets, des écharpes, des gants et des manteaux.

Un rdv est proposé à 13h30 avec une conseillère du CCAS et une responsable de service de la Police Municipale pour veiller à protéger un maximum cette femme de ces agresseurs mais aussi du froid.

La seconde famille nous rejoindra en début d'après-midi et il est important d'encourager nos services publics quand ils le méritent, car 2 surprises nous attendaient pour la suite:

- une collaboratrice de la directrice générale de la Ville de Strasbourg nous attendait avec la responsable de la Police Municipale et les 2 familles pour prendre les éléments et surtout proposer d'aider

- Le SIAO en moins de 3h rappelle pour proposer une mise à l'abri à cette femme et ces 2 enfants dans un hôtel de la ville.

Malheureusement, ces familles anciennement installées sur le camp de la Montagne Verte, ont décidée de s'installer devant la Mairie, à l'endroit le plus froid de la ville, persuadée qu'elles ont plus de chance d'avoir de l'aide ici que devant la place de la République.

Reste la seconde famille, rejoint dans l'après-midi par une troisième venue aussi s'installer sur la place de l'Etoile, avec 1 enfant d'à peine 1 an et un autre de 4 ans, pour qui l'urgence de mise à l'abri va s'amplifier au fur et à mesure que la météo se degrade et qui aura besoin de l'aide de toutes et tous pour survivre dehors dans ces conditions.

Comme à notre habitude, vous ne verrez pas de photo des personnes que nous aidons, encore moins de leurs bébés, même si ils sont adorables comme tout, vous ne verrez pas non plus les photos des bleus de cette dame, aucun de nos bénévoles ne se prendra en photo souvenir tel des photos de vacances, mais la photo des tentes doit suffir selon nous à montrer ce que c'est de vivre à 3 dans une tente initialement prévue pour un enfant, ce que c'est de dormir à même le sol sur une plaid, avec une couette dans un espace aussi reduit, avec des affaires mises à l'abri.

Nous invitons toute personne soucieuse d'aider à venir rencontrer ces deux familles en espérant qu'elles seront logées très vite, on ne peut tolérer que cet enfant de 1 an puisse encore dormir dehors...

Tout le monde connait quelqu'un qui connait quelqu'un qui a la solution »

Au travers de ce témoigne, je voudrais rendre hommage aux bénévoles qui agissent tous les jours, 365 jours par an, pour venir en aide aux invisibles de la rue, à ces personnes en rupture ou venues d'ailleurs, parfois en famille, avec l'espoir de redémarrer une nouvelle vie, dans un pays, patrie des Droits de l'Homme, qui a perdu une part de son humanité, avec des discours parfois durs qui font froid dans le dos.

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