Afrique-France : la France doit cesser son soutien aux projets climaticides

Vendredi 8 octobre 2021, le sommet Afrique-France s'est ouvert à Montpellier. Souvent critiqué pour être l'expression de la Françafrique, cette année, face à l'urgence climatique (et sociale), plusieurs ONG et personnalités intellectuelles, politiques ou économistes réclament à la France de cesser d'encourager les projets climaticides.

Un dessin vaut parfois 1 000 mots... © Allan Barte Un dessin vaut parfois 1 000 mots... © Allan Barte
Le sommet « Afrique-France » vient de s’ouvrir, vendredi 8 octobre 2021 à Montpellier. Appelés sommets « France-Afrique » jusqu’en 2010, cette rencontre internationale organisée initialement à un rythme annuel entre responsables africains et français depuis 1973, subit des critiques pour être une expression de la « Françafrique ».

Cette année, à quelques mois de la présidentielle d’avril 2022, face à l’urgence climatique (et sociale), de nombreuses revendications sont mises en avant par plusieurs ONG et personnalités intellectuelles, politiques et des économistes qui reprochent à la France son soutien aux projets de TotalEnergies en Ouganda et au Mozambique. Plus globalement, Ils réclament à la France de cesser d’encourager les projets climaticides.

 

Les Amis de la Terre via Twitter :

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 « IL EST TEMPS QUE LA FRANCE CESSE D’ENCOURAGER LES PROJETS CLIMATICIDES DE TOTALENERGIES EN AFRIQUE »

Dans une tribune parue dans le journal Le Monde, des philosophes, des économistes, des responsables d’institutions et d’ONG, dont la présidente du CCFD-Terre solidaire Sylvie Bukhari-de Pontual, l’avocat Guy Aurenche et le député européen Pierre Larrouturou, dénoncent le soutien de la France aux projets du géant pétrolier.


Tribune. Alors que s’ouvre à Montpellier le sommet Afrique-France, et que l’urgence de réduire drastiquement l’extraction des énergies fossiles se fait chaque jour plus pressante, il est temps que la France cesse d’encourager les projets climaticides que TotalEnergies veut lancer en Afrique.

Le président de la République Emmanuel Macron annonçait sur Twitter à propos de la dernière évaluation des Nations unies : « +2,7 °C à l’horizon de 2100. Ce scénario est dramatique. » Il n’y a pas de fatalité, ce scénario dépend avant tout des décisions qui seront prises dans les semaines et les mois à venir. Or, la France s’apprête à entériner de nouvelles extractions fossiles qui, elles, vont s’avérer réellement dramatiques.

En effet, en Ouganda et au Mozambique, TotalEnergies est en passe de faire exploser deux « bombes climatiques » avec le soutien actif de nos institutions et de notre appareil diplomatique.

Quatre cents puits de pétrole

En Ouganda, ce sont quatre cents puits de pétrole et un oléoduc de 1 443 km de long que TotalEnergies souhaite construire jusqu’à la côte tanzanienne, afin d’exploiter des réserves pétrolières (générant 34 millions de tonnes de CO2) au sein d’un parc naturel protégé et sur les rives du lac Albert, à la source du Nil. Au Mozambique, la mise en exploitation des 9es plus grandes réserves gazières du monde émettra autant que sept années d’émissions de gaz à effet de serre de la France.

Alors que l’Agence internationale de l’énergie nous enjoint désormais de cesser tout nouveau projet d’extraction d’énergie fossile pour espérer maintenir le réchauffement sous la barre des 1,5 °C décidée par l’accord de Paris, l’envergure de ces nouveaux projets dépasse l’entendement : plus de 11 milliards de dollars (environ 9,53 milliards d’euros) d’investissement en Ouganda et en Tanzanie, 24 milliards de dollars au Mozambique.

Malgré ses déclarations vertueuses, l’Elysée a envoyé, en mai, une lettre au président ougandais pour lui affirmer son soutien au projet pétrolier de TotalEnergies, alors même qu’un recours en justice avait été déposé par six ONG françaises et ougandaises au titre de la loi sur le devoir de vigilance en raison des multiples violations des droits humains et des dommages environnementaux qu’implique ce projet.

Selon un rapport de l’ONG Les Amis de la Terre, le gouvernement français a également accentué ses efforts diplomatiques et économiques au Mozambique pour y défendre les intérêts de TotalEnergies (visites diplomatiques, financements publics, missions d’affaires, coopération militaire…), engageant de facto la France, et l’ensemble de nos concitoyens, dans cette aventure climaticide…

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MON REGARDÀ quelques mois de la présidentielle de 2022, il est important de maintenir une pression sociale afin de rappeler aux candidats que le climat est un sujet qu'ils ne pourront pas éviter. Il y a de vraies mesures écologiques et sociales à mettre en oeuvre dans le pays, mais également à l'international où la France doit se montrer exemplaire et leader pour lutter contre le réchauffement climatique et les projets climaticides. L'ère industrielle, synonyme de fuite en avant, est terminée !

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