Strasbourg Eurométropole : des inégalités à réduire, un enjeu pour demain

Strasbourg est présentée comme une ville aisée et inégalitaire, selon l’Institut Montaigne, détaille les DNA dans leur édition du 4 février 2020. Or, Strasbourg s'inscrit dans une collectivité de communes qui correspond à un bassin de vie, seule, ça ne suffit pas.

" Le taux de pauvreté a récemment augmenté à Strasbourg passant ainsi de 23 à 25 % de 2014 à 2016, relève l’Institut Montaigne. Il est supérieur à la moyenne nationale mais aussi à la moyenne des 11 plus grandes villes de France (qui est de 20,5 %) ». Selon les analystes, la ville dépense 32,73 euros par habitant dans la solidarité, contre 45,2 euros en moyenne dans les grandes villes hors Paris. [...] " - article des DNA du 04 février 2020 sur « Strasbourg, ville aisée et inégalitaire »

Ici, l'étude porte sur Strasbourg seule. Or, la capitale alsacienne s'inscrit dans une collectivité de communes (Eurométropole) où la politique sociale de dépend pas uniquement de Strasbourg en tant que ville seule. La pauvreté touche un bassin de vie. Le regard à porter doit être plus large que la ville elle-même, même si chaque commune à sa compétence.

La difficulté du financement lié au budget prend sa source dans les baisses du reversement de l'Etat aux collectivités, d'une part et des choix politiques locaux, d'autre part, dans un méli-mélo de qui donne à qui et décide pour qui (communes / collectivité de communes).


Alors, oui, il y a des inégalités.
La question qui se pose : c'est comment on réduit les écarts ?

La gratuité des transports peut être une réponse. Elle ne règle pas le problème, mais peut apporter un soulagement pour les familles dont les revenus sont faibles. L'argument de dire que la CTS pratique déjà un tarif social au travers du coefficient familiale ne tient plus. Je suis bien placé pour le savoir. Il suffit de gagner un peu plus que le SMIC, quand les deux parents travaillent, pour avoir un coef qui dépasse le plafond et donc sortir du "tarif solidaire".

Réduire les écarts inégalitaires, n'est pas une compétence "seule" d'une commune. Ça serait trop facile (ironie). La problématique demande des réponses dont l'Etat a les clés...
Redonner du pouvoir d’achat aux ménages, c’est aussi s'attaquer à traiter la problématique « travail ». Ça commence déjà par admettre qu'il faille un vrai partage en réduisant la durée de temps de travail, tout en garantissant un revenu qui ne soit pas inférieur à celui de 35h. Ensuite, il faut réfléchir également à comment baisser la pression fiscale des ménages et aller chercher l'argent là où il est. C'est-à-dire, revoir les mécanismes de l'optimisation fiscale permit aux entreprises et où des multinationales échappent à l'impôt, en parti ou totalement. C'est aussi combattre l'évasion fiscale qui voit des milliards échapper à l'effort collectif.  Se pose ensuite la question de la répartition de l'argent de l'Etat dans le budget. Tout un sujet à lui tout seul.

Les enjeux climatiques qui sont devant nous, ne peuvent pas se résoudre sans une vraie justice sociale. C'est un tout. Une commune dans une collectivité de commune a des leviers, mais l'Etat a sa part, certainement la plus importante en tant que législateur. Toute la difficulté actuelle est la réalité du terrain qui ne colle pas aux discours de nos dirigeants politiques au pouvoir, Emmanuel Macron en tête des beaux parleurs. 
De rappeler que si à Strasbourg, les élu.e.s PS, Roland Ries, le maire sortant et Robert Herrmann, président de l'Eurométropole, n'avaient pas fait basculer la municipalité dans le camp des pros GCO, les travaux du contournement n'auraient pas commencé. Pour le climat et une justice sociale, bien souvent, l'action locale et déterminante dans les choix à venir. Ce n'est pas en faisant la promotion d'arbres plantés qui vont remplacer l'amputation des forêts de Kolbsheim et de Vendenheim au profit de Vinci.


Une vraie politique sociale.

Réduire les écarts inégalitaires passe donc par une vraie politique sociale. Chaque commune à son champ d'action, mais il est en trompe l’œil tant c'est la collectivité de communes qui prend le pas. Sans argent, sans budget, pas de politique sociale. L'État est ici responsable du manque de moyens dû au reversement qu'il ne fait pas suffisamment. Néanmoins, l'importance de fixer des priorités prend tout son sens compte tenu de la situation.
Il ne s'agit pas simplement de promettre ceci cela, c'est comment je finance ce que j'avance. Payer un buffet pour régaler des personnes dans un entre soi ou bien rediriger l'argent là où c'est nécessaire. 

 

La gratuité des transports c'est donner plus de mobilité aux personnes dans la difficulté et donc contribuer à réduire les inégalités. La gratuité des transports c'est donner plus de mobilité aux personnes dans la difficulté et donc contribuer à réduire les inégalités.

 

 

 

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