Se jeter à l’eau : une évidence

Après avoir partagé des centaines d’articles en tout genre sur Facebook depuis des mois, publié des milliers de commentaires sur les sites d’information ou les réseaux sociaux, j’en suis arrivé à l’évidence qu’il fallait enfin me jeter à l’eau..

Se jeter à l’eau. 

Non pas sauter dans les vagues après avoir dévalé la dune, mais bien par l’écrit, ici, ne serait-ce que pour satisfaire ce besoin d’expression qui s’accentue avec l’âge et l’actualité. Ce sera peut-être mon premier et dernier article, ou bien le début d’une longue série, peu m’importe. 

Puisqu’il faut un début à tout, il m’a paru évident de commencer à écrire sur le thème de l’après-crise. Quels changements politiques et économiques sont possibles ? Quelles sont les attentes de la société ? Pourra-t-elle tirer des leçons de cette crise sanitaire ? Saura-t-elle trouver un système politique et économique qui nous permettrait d’éviter le crash social ou climatique ? 

Questionnement admirablement résumé dans le court-métrage d'animation « Nous y voilà, nous y sommes » (https://www.youtube.com/watch?v=w3qbkV-SdxQ ) avec la voix de Charlotte Gainsbourg sur un texte de Fred Vargas (2008). Ainsi nous sommes probablement des milliers, des millions, à nous demander si le monde va changer après cette crise, et de quelle façon. Ainsi donc, nous avons enfin peut-être une opportunité de réinventer tout le système, c’est bien de cela qu’il s’agit non ? 

Personne ne sera dupe sur les « volontés de rebondir » du gouvernement et de leurs amis des sphères financières, mais il est évident que ce n’est pas ce rebond là que nous attendons. Il s’agit bien de tout réinventer. Repenser notre société et le mode de choix de ses dirigeants, avec comme seule boussole le bon sens, le pragmatisme, logique et désintéressé, le respect de la planète, de la justice, l’empathie de l’autre. Refonder le système responsable des décisions cruciales qui conditionnent notre quotidien, notre santé, travail, retraite, sécurité, amour, ainsi que l’avenir de nos enfants.

Pourtant on ne part pas de 0 ! L’histoire du monde nous en a montré des systèmes de société : des monarchies, des empires, des républiques, des régimes totalitaires, des dictatures, des systèmes fermés, ouverts, indépendants, mondialisés, capitalistes, communistes, populistes, religieux, laïcs, et j’en oublie probablement beaucoup. Autant de courants de pensée, philosophiques ou économiques, à l’origine de tous ces systèmes ou nés de leur opposition, et aucun n’a permis d’arriver à cette attente idéaliste. 

Alors quel système inventer ? Comment avoir des dirigeants motivés par le bien être des peuples et non par l’enrichissement personnel et le pouvoir ? Cette éventualité est-elle seulement possible ? La nature humaine le permet-elle ? 

N’ayant bien entendu aucune réponse à ces questions, ma démarche se contente pour le moment de réunir quelques extraits d’articles ou d’interviews parus en France depuis le début de cette crise sanitaire. Bien entendu cette revue de presse sur « l’après crise » ne pourra jamais être exhaustive, tant le nombre de publications est important depuis quelques jours, et décuplé par le confinement, qui laisse à chacun du temps pour s’exprimer. Ces extraits sont classés par thèmes, vous pourrez consulter les articles originaux en cliquant sur les titres. Bonne lecture, je vous retrouve plus tard pour en tirer quelques conclusions. 


THEME 1 : ENVIRONNEMENT

 L’urgence, plus que jamais, de repenser le système  /  MEDIAPART - 28 MARS 2020 | PAR AMÉLIE POINSSOT

« La relance risque de passer par des injections massives sur les marchés financiers comme cela a été fait en 2008, note Aurélie Trouvé, porte-parole d’Attac. De notre point de vue, ce n’est évidemment pas cela qu’il faut faire. Il faut complètement repenser la politique monétaire européenne. Il faut mettre en œuvre de la conditionnalité pour des prêts liés à la transition écologique et sociale. Et il faut pouvoir prêter directement aux États membres et aux collectivités locales, afin qu’ils ne soient pas obligés de passer par le marché. ». Le Green Deal, annoncé comme l’alpha et l’oméga du mandat de la nouvelle Commission européenne, pourrait permettre de mettre en œuvre une telle politique.

Le porte-parole de la Confédération paysanne Nicolas Girod reconnaît qu’il est difficile de prendre dans ce moment le temps de la réflexion. « Pour l’instant, nous gérons l’urgence, dit-il. Mais dès le départ de cette crise, il nous est apparu que c’était une occasion pour revoir notre modèle de production agricole, de transformation et de distribution. Face à la difficulté que nous avons à maintenir les marchés de plein air et les espaces de vente directe, il ne faut pas tomber dans la dépendance à la grande distribution, il faut aller au contraire vers la relocalisation. (...) . La production agricole doit se définir en fonction des ressources des territoires. Il faut arrêter avec la mise en concurrence des paysans du monde entier pour servir les intérêts financiers »

Maxime Combes, Geneviève Azam, Thomas Coutrot et Christophe Aguiton (Attac) en appellent également à la relocalisation comme « une condition de survie » de nos systèmes économiques et sociaux et des populations. « Il est temps de faire décroître les flux de capitaux et de marchandises et de réduire la place des secteurs toxiques pour la biosphère (énergies fossiles, chimie et agro-industrie, électronique, etc.) », écrivent-ils dans une tribune publiée dimanche dernier dans Le Monde.

 

Comment vivre sans aéroports / MEDIAPART - 28 MARS 2020 | PAR JADE LINDGAARD

Les 40 000 mouvements enregistrés chaque mois sur l’aéroport de Roissy sont-ils tous utiles ? Au vu des chiffres donnés plus haut sur les destinations des départs et des arrivées sur le tarmac de l’aéroport Charles-de-Gaulle, il est permis d’en douter.

C’est la raison pour laquelle il devient urgent d’élaborer de nouvelles règles sur l’usage des avions : plafonnement des kilomètres – et donc des émissions de CO2 – par famille ? instaurer des formes de rationnement ? Ce serait une manière de communaliser la décision de monter ou pas dans un avion. C’est l’un des chantiers à ouvrir dans le monde d’après le coronavirus".

 


THÈME 2 : POLITIQUE -

L’urgence d’un autre exercice du pouvoir  /  MEDIAPART - 26 MARS 2020 | PAR FRANÇOIS BONNET

Constat : la crise du Covid-19 vient comme prolonger celle des gilets jaunes par ce qu’elle révèle des effets des politiques publiques engagées ou accentuées depuis 2017 : désarmement de l’État ; vassalisation des administrations ; affaiblissement des grands services publics ; passages en force ; déconnexions d’avec la société et ses dynamiques ; creusement des inégalités ; refus d’écouter alertes et propositions (...)

La « mobilisation de toute la société » appelée de ses vœux par Emmanuel Macron, ne pourra pas se faire dans le cadre d’un pouvoir cadenassé, d’un gouvernement affaibli constitué de ministres fantômes, farouchement impopulaires ou dont les engagements actuels sont en flagrante contradiction avec leurs décisions passées. Rebattre les cartes politiques, changer radicalement de manière de gouverner, sont les seuls moyens de se saisir des dynamiques de la société, de désamorcer les tensions à venir et de préparer dans de meilleures conditions l’après-crise.

 

Soixante parlementaires lancent une consultation sur le «jour d’après»  / LIBÉRATION ; Par Laure Equy — 4 avril 2020

« Il y aura un avant et un après coronavirus. Il le faut. Cette crise nous aura tous transformés. Elle a violemment révélé les failles et les limites de notre modèle de développement », diagnostiquent ces élus issus de divers bords (LREM ou ex-marcheurs, Modem, socialistes, membres des groupes Libertés et Territoires ou UDI-Agir), dans leur appel diffusé ce samedi et que quelques médias (dont Libération) ont pu préalablement consulter. Manière de prendre au mot Emmanuel Macron qui, dans son allocution, le 12 mars, faisait miroiter des «décisions de rupture» et prenait date en prévoyant de «tirer demain les leçons du moment» et d’«interroger le modèle de développement dans lequel s’est engagé notre monde».


Hôpital public: la note explosive de la Caisse des dépôts / MEDIAPART  1 AVRIL 2020 PAR LAURENT MAUDUIT ET MARTINE ORANGE

" La philosophie générale du plan :  Tous les experts que nous avons interrogés – professeur de médecine, économistes, sociologue – portent sur cette note un regard similaire. S’ils relèvent ici ou là quelques avancées, ils constatent qu’elle ne tire aucun enseignement de la crise sanitaire historique que nous traversons et cherche à poursuivre et même à accélérer les processus de privatisation rampante et de marchandisation de la santé, qui étaient déjà à l’œuvre les années précédentes". 


THÈME 3 : ÉCONOMIE

Que fera-t-on de cette crise ?  / 26 MARS 2020 Par François RUFFIN 

« Que fera-t-on de cette crise ?  Rien. C’est leur but, que tout reprenne comme avant : « Comment est-ce que l’on fait pour redémarrer notre économie au lendemain de cette crise ? » s’interroge Bruno Le Maire. Et il nous sert un couplet connu, refrain automatique, répété par lui et les siens depuis des décennies : « Toutes ces mesures sont faites avec une idée très simple : il faut que l’économie puisse redémarrer très fort…  Nous avons la capacité de rebondir… Un plan de relance est prévu, et nous y travaillons… pour que, dès que nous serons sortis de la crise, la machine économique redémarre le plus vite possible… »

« Rebondir », « relancer », « redémarrer », « très fort » et « très vite », soit, mais dans quelle direction ? « Il faudra que le pays reparte », nous dit-on encore, mais vers où ? Le sens n’est jamais énoncé, précisé : cette « machine économique » servira-t-elle les hommes, la planète ? Ou mènera-t-elle à notre destruction ? »

 

Paul Jorion : « Il nous faut une économie dirigée » / Blog François Ruffin, entretien avec Paul Jorion

« L’économie doit être dirigée, c’est-à-dire pas nationalisée, mais guidée, vers des objectifs : l’impératif social et l’impératif écologique. L’économie ne peut plus être libre, il faut l’orienter vers des fins, vers des buts, vers un plan général. (...) Pour que la transition écologique soit opérée, d’urgence, dans l’énergie, dans l’agriculture, dans les logements, dans les transports, pour que la vie sur Terre se poursuive. Et même, pour que la vie soit meilleure, pour tous, pas seulement pour quelques-uns. Quelles sont nos aspirations profondes ? La sécurité, pas seulement l’intégrité physique, mais matérielle, la faim, le froid, l’assurance d’un avenir, pour nous, pour les nôtres. La justice, qui est une valeur universelle, (...) alors que notre société est minée par ça, par l’injustice, qui engendre du dégoût, du ressentiment, de l’écœurement. Enfin, la « bonne vie », comme Aristote appelait ça, « tout ce que je veux, c’est labourer mon champ, jouer après le travail avec mes enfants, aller le dimanche danser ou écouter de la musique », résumait Wilhlelm Reich, des choses simples mais pleines de sens.

Nous sommes dans une « économie des désirs », fabriqués en série par les industries, par les publicitaires. Nous devons tendre à une « économie des besoins » : l’alimentation, la santé, l’éducation, le logement, les transports, instaurer des droits à ça, avec de la gratuité. Qu’on distingue le nécessaire du superflu, qu’on les fasse relever de deux régimes économiques distincts. »

  France Inter , interview de Gaël Giraud:   /  interview sur France Inter de l'économiste Gael Giraud 

Une crise de l'offre alimentaire pourrait arriver dans les semaines à venir ? A quand la fin du confinement ? Peut-on comparer la situation économique au krach de 1929 ? De 2008 ? Peut-on s'attendre à un retour de l'Etat-providence ? Réponses de Gaël Giraud, économiste et directeur de recherches au CNRS 

"Évidemment, à la sortie du confinement, il faudra relocaliser la totalité de la production, relancer une industrialisation verte en France avec les produits que nous produisons pour nous"

 


 THÈME 4 : INTERNATIONAL

Le Portugal, laboratoire européen de la gauche, mise sur la solidarité / MEDIAPART 4 AVRIL 2020 PAR PATRICIA NEVES

«Il est encore plus important […] en temps de crise, de garantir les droits des plus fragiles, notamment des migrants. » La phrase n’a pas été prononcée par le milieu associatif mais par un haut responsable politique, le ministre de l’intérieur portugais. Ce 28 mars, Eduardo Cabrita joint la parole aux actes et annonce la régularisation temporaire de tous les demandeurs d’asile et de tous les immigrés qui attendent la délivrance d’un titre de séjour au Portugal. « Santé et sécurité pour tous, plaide-t-il dans les pages du quotidien Público. C’est le devoir d’une société solidaire. »

Coronavirus : le repli allemand / INSTITUT MONTAIGNE Tobias SCHWARZ / AFP

Désormais, le dogme de la discipline budgétaire, l’un des derniers marqueurs du conservatisme allemand, s’efface au profit de la lutte contre l’épidémie et la protection de l’économie. Mais peut-on parler d’un véritable revirement ? Dans une interview publiée sur le site du journal Die Zeit le 18 mars 2020, le ministre allemand des finances, Olaf Scholz explique la position du gouvernement : "Il y a eu dans le passé des critiques à l’égard de mon attachement au budget équilibré et mon refus d’entretenir les déficits publics. J’ai toujours expliqué que ce n’était pas une fin en soi, mais que cela nous permettrait de faire face si une crise survenait. Aujourd’hui, grâce à la solidité de nos finances publiques, nous pouvons affronter la crise avec les coudées franches". Et de fait, avec un excédent budgétaire proche de 50 milliards d’euros, l’Allemagne est en mesure d’apporter un soutien durable à son économie.

"Helicopter money" : vers un plan de relance de 2.000 milliards de dollars aux Etats-Unis / LA TRIBUNE ; Par Jérôme Marin

Cette somme dépasse très largement les 787 milliards de dollars mobilisés en février 2009 pour répondre à la crise financière qui avait éclaté à l'automne précédent. Mais le texte répond à une situation totalement inédite, qui a stoppé nette une grande partie de l'activité. Et qui menace de se traduire par une hausse massive du chômage - jusqu'à 20% selon le Trésor américain en l'absence de mesure de soutien. Son objectif n'est pas seulement de stimuler l'économie : il doit également combler les trous du filet de sécurité, en l'absence par exemple de règles sur le chômage partiel.

Impact économique du coronavirus : l’exemple chinois plutôt rassurant / LE PARISIEN  , Par Aurélie Lebelle

Une crise en V le plus probable. « Les précédentes crises sanitaires, notamment celle de la crise espagnole, n'ont pas forcément eu un impact très important sur l'économie, analyse le spécialiste. En Chine, où le nombre de personnes contaminées par le coronavirus est en forte baisse, on voit que la consommation reprend rapidement et que la confiance des ménages est au rendez-vous ». Selon lui, si le virus n'enraye l'économie que temporairement, la crise devrait également être de courte durée. Et l'économie mondiale devrait pouvoir rapidement se relever. « C'est le scénario le plus probable pour l'instant », estime-t-il.

 


 

Voilà donc les quelques pistes de réflexion que j’ai pu trouver au sujet de « l’après crise » dans la presse. Elles ne sont bien entendu qu’un aperçu rapide des réflexions exprimées jusqu'à maintenant. 

Les premières similitudes trouvées dans ces idées concernent prioritairement l’évidente nécessité d’une relocalisation des productions. Entre besoin de souveraineté et exigence climatique, c’est visiblement une priorité dans de nombreuses analyses.

On pourra citer aussi l’expression de la toxicité des flux financiers et de la spéculation, avec une volonté de contrôle de l’économie. La fin de l’ultra libéralisme mondialisé ? 

La transition écologique est bien entendu très présente également dans de nombreuses analyses où elle a pour trait particulier d’être à la fois une cause et un remède. En effet, si elle semble urgente et nécessaire à notre survie, sa mise en place pourrait bien faire partie des solutions économiques à cette crise.

Enfin, plusieurs auteurs et analystes ont cependant exprimé leurs réserves parfois très fortes sur les volontés réelles du pouvoir d’arriver à ces changements. Le décalage entre le discours et les actes, déjà observé en 2008, avec pour parfaite illustration le discours du Président Macron mis en parallèle avec le projet pour l’Hôpital Public décrit dans la note de la Caisse des dépôts. De même, l'analyse des décisions économiques internationales en réaction à la crise sanitaire ne laisse que peu de place à un désir de changement dans l'ordre mondial.

Peu d’analyses en revanche sur la place de la Justice dans notre société, ou bien sur la nécessité d’un changement des mentalités et des valeurs d’humanisme, d’empathie et de tolérance, dans un monde pourtant rongé par le nationalisme, le populisme, la montée de la xénophobie et du fascisme. Peu de propositions également sur l’évolution du système éducatif, pourtant nécessaire et urgent.

Pour finir, le drame de la crise des migrants, même s’il est parfois abordé ( LIBERATION : Chronique d’un désastre annoncé : l’enfermement criminel des réfugiés en Grèce ), ne semble pas trouver une place très importante dans les visions d’après crises que j’ai pu lire jusqu’à ce jour. La proximité du danger et de la mort dans notre propre pays a probablement su nous détourner sans difficulté de la prise en compte des drames extérieurs mais pourtant si proches. Il en sera peut-être de même pour la catastrophe annoncée en Afrique, loin des yeux loin du cœur.

Au-delà de ces analyses qui ne sont que le début d’une réflexion nécessaire, je me demande également quel sera notre futur démocratique et politique. Comment pourrons nous espérer mettre en place un système politique plus honnête ? La constitution de la Vème république est-elle compatible avec ces souhaits de changement ? L’appareil politique se laissera-t-il transformer sans résistance par la formule classique des élections ? Malheureusement ce moyen a déjà été utilisé par de nombreux candidats probablement très sincères, et qui, à cause de cette sincérité, n’ont jamais pu gravir les marches d’un système politique où ce sont des qualités de menteur et de voleur qui sont requises pour réussir. 

Suis-je trop pessimiste ? Je ne crois pas 

Un nouvel élément vient cependant gêner le pouvoir depuis quelque temps : la communication par internet. J’y englobe les réseaux sociaux, et quelques trop rares médias indépendants. Les gouvernants ont verrouillé les médias télévisés depuis longtemps, la presse écrite sera bientôt asphyxiée avec la disparition des petits quotidiens et l’hégémonie des « grands » journaux nationaux, propriété des financiers, mais voilà il reste cette épine dans le pied du pouvoir : internet. 

La communication y est rapide, pratique, on peut y trouver tous les articles souhaités, y mettre en évidence les incohérences du pouvoir. La preuve par la vidéo, le poids du nombre, la facilité pour la population d’y relever les mensonges du gouvernement, de faire apparaître au grand jour les conflits d’intérêts, sont autant d’armes nouvelles pour permettre de maintenir une opposition au système en place. La coordination des opposants et le partage des idées sont une arme réelle dans ce monde virtuel dont la campagne électorale ne peut se passer de nos jours.  Bien sûr c’est aussi le royaume des Fake news et des Troll, du buzz et des complotistes, du porno et des extrémistes, des arnaques et des terroristes. 

Mais c’est un outil puissant, et nous devons veiller à le conserver car il sera sans aucun doute la prochaine destination de la censure d’Etat. 

Comment l’utiliser à notre avantage pour arriver à nos fins ? Quelle plateforme mettre en place pour permettre au peuple de s’exprimer sans tomber dans les travers ci-dessus ? Comment rassembler et synthétiser cette expression populaire ? Comment en faire naître le nouveau système espéré ? Celui qui nous permettrait de vivre sereinement en respect avec la planète et nos convictions, tellement de questions, toujours des questions.

Voilà, j’y suis. Dans l’eau, jusqu'au cou, et sans planche.

J’attends vos bouées en commentaires et vous souhaite à toutes et tous beaucoup de courage pour ces prochaines semaines, ces prochains mois.

Que vous soyez soignants, caissières, chauffeurs, policiers, fonctionnaires, éboueurs, facteurs, travailleurs indépendants, artistes, chef d’entreprises, chômeurs, futurs ex chômeurs, enseignants, artisans, commerçants, avocats, sportifs, que vous soyez de droite, de gauche (cela a-t-il encore un sens ?) catholique, musulman, noir, blanc, homo, hétéro, parisiens, marseillais, bref... Vous aussi vous pouvez vous jeter à l’eau, sans violence, dire vos attentes, vos souhaits, les dire et les redire encore et encore, sans jamais perdre espoir alors même que l’on vous traitera forcément d’idéaliste. 

BdL

 

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