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Billet de blog 9 juin 2020

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Ce blog est personnel, la rédaction n’est pas à l’origine de ses contenus.

Je n'en peux plus !! Je vais partir de cette maison. Je n'ai plus d'autre choix. Dix ans de vie commune pour en arriver là... Dix ans pendant lesquels il s'est petit à petit transformé en tyran, ouais ouais, en tyran ! Un sale macho de merde !! Non mais où il va décider de ma vie, de mes choix, de mes volontés profondes. Et tout ça à cause de la religion. Qui est il, Dieu ?? Qui est il pour m'imposer la façon dont je dois m'habiller, où je peux aller, qui je dois fréquenter.

Mon mari ?? Mais un mari ce n'est pas ça. Un mari c'est de l'amour, de la tendresse, de la complicité, du partage, de la compréhension de la...Je sais pas moi, mais certainement pas un garde chiourme qui va m'imposer sa volonté de petit mec qui a forcément raison. Quoi ? Parce que je suis une femme, je ne sais pas ce qu'il faut penser, comment il faut penser, ce qui me correspond, ce que je désire vraiment, juste bonne à cuisiner, accomplir le "devoir conjugal", comme ma mère, comme sa mère...Comme plein de mères depuis des siècles.

Je ne sais pas quand ça a commencé vraiment. C'est arrivé peu à peu, sournoisement. Des désaccords de plus en plus fréquents. Des discussions de moins en moins sereines. Des prises de positions frôlant la plus complète intolérance, sur plein, plein de sujets et au final sur la religion, notre religion commune à tous les deux. Pourtant on a lu le même Coran quand on a décidé de se former et d’approfondir cette religion, pour essayer de trouver un sens plus profond à la vie. C'était peut être une connerie, un leurre, un faux espoir. Peut être que notre couple était déjà dans le rouge, et que rien n'y ferait. Certainement, c'était déjà un gros macho, ouais c'est ça , ça m'a juste permis de mettre les points sur les i. Et aujourd'hui, on en est là. Ou plutôt j'en suis là. Lui, il a raison, sûr de lui, sûr de son pouvoir, de ses jugements, du bien, du mal...

A priori, je ne me sentais pas plus féministe que la moyenne, c'est à dire que je me sentais relativement libre dans ma vie de femme. Un peu excédée bien sur par les regards appuyés voire les sifflements, parfois , dans la rue. Pas plus concernée en fait, faisant abstraction de la presse et des articles relatant des viols, des violences subies quotidiennement , des humiliations et autres préjudices infligés aux femmes du monde entier. Comme la faim dans le monde, on le sait, on y pense, un peu, puis on continue sa petite vie, dans sa petite bulle. Maintenant je commence à comprendre, ressentir l'oppression venant d'un conjoint autoritaire qui décide pour toi. Enfin..Pour lui.

Ce sont mes robes qui ont commencé à le contrarier. Choix de la taille, choix de la coupe, choix de la couleur... choix belle et tais toi!! Hors de question que je ramène ces robes à la boutique. Grosse colère, menaces...C'était parti, le processus était engagé. Je lui ai tenu tête, je n'ai pas cédé ; j'ai su que ça ne s’arrêterait plus. Je devais rester soumise à ses diktats. Être ce qu'il exigeait que je sois. Plus droit à la parole. La femme soumise, j'y étais, complètement. J'ai revu défiler ces unes , ces émissions spéciales "femmes battues".

J'ai cru que j'allais mourir quand sa main s'est abattue sur mon visage et qu'il m'a arraché mon hijab en hurlant:

"Jamais! tu m'entends !! jamais tu ne sortiras voilée dans la rue, CONNASSE !!!"

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