Mon pseudo voisin

Si j'avais su...

C’était le jour J. Le ronflement du camion dans la rue me confirma que nos nouveaux voisins s'installaient aujourd'hui dans notre impasse. Sûr que j'allais regretter le départ de Philippe et Danielle mais une mutation, c'est une mutation, on ne peut rien y faire. Dommage, on s'entendait bien, sans se fréquenter plus que ça. Quelques phrases échangées chaque fois qu'on se croisait et même un petit apéro partagé de temps en temps, histoire de mieux se connaitre. Plutôt à gauche, souriants, sympathiques...De bons voisins quoi! 

Quand je suis sorti, accompagné de ma poubelle, ( comme tous les samedis ), j'ai ressenti comme ...Un pressentiment, de mauvaises ondes. Ils étaient là, allant venant , les bras chargés de cartons, lampes et autre bibelots. Ils allaient et venaient, trois gamins, sous l’œil sévère du papa, dirigeant les opérations, martialement planté devant le coffre du break familial. L'intonation de ses ordres en accord avec son œil ( sévère!). Ne voulant pas les couper dans leur élan, tout appliqués qu'ils étaient, ignorant tout mouvement autour d'eux, je rentrais discrètement chez moi. On fera connaissance plus tard....

Plus tard?...Je ne croyais pas si bien dire. Déjà deux mois que la petite famille s'était installée et on ne s'était toujours pas parlé, même pas croisé. Incroyable!! J'avais tenté une ou deux fois de roder innocemment devant leur portail, de créer l'occasion de se saluer, de se présenter, de rentrer en contact, tout simplement. Pas un mouvement. Pas un bruit. Incroyable de vivre dans une rue de quinze maisons et de ne pas se connaitre.

Se connaitre!... Ce fut bien assez tôt! Il est enfin venu se présenter, un soir vers 21 heures. Nous étions une dizaines de potes, sur la terrasse, refaisant le monde autour d'un verre ( euh, plusieurs en fait), et comme d'habitude accompagnés d'une "douce musique"-  si si, relativement cool. Cool, le coup de sonnette et sa durée le fut nettement moins! Je me levais donc et allais ouvrir la porte, curieux de découvrir l'auteur de cette interruption désagréable. On est pas des sauvages, on peut doser la pression du doigt sur le bouton quand même!! IL était là! Immobile!:

"Monsieur Mazerat, Bruno Mazerat?

- Oui, bonsoir

-Ça ne m'étonne pas!!...Il faut absolument baisser votre musique et parler moins fort, c'est insupportable!

-euh, qu'est ce qui ne vous étonne pas monsieur Delpare?" ( j'avais lu le nom sur sa boite aux lettres)

-Le bordel que vous faites, vous vous appelez bien Bruno Mazerat, vous écrivez bien des billets sur Médiapart? Je me trompe?

-ben..oui, effectivement mais comment savez vous ça" ( wouahou!! 40 billet écrits et déjà reconnu, j'en étais sur le cul!)

-je suis abonné, et j'écris aussi des billets...Et j'ai lu les vôtres....

-ah d'accord... C'est marrant hein d'être voisins du coup... non... enfin, le hasard quoi. Non?...Par contre je ne me souviens pas voir votre nom dans les blogs, mais j'ai peut être pas fait gaffe. Ah mais non, vous avez un pseudo. C'est ça?? Alors, vous êtes qui?..

-bien sur que j'ai un pseudo!! " SAMARITAIN", ça vous parle?? En attendant, baissez votre musique sinon j'appelle les flics. On est pas dans une ZAD ici et vos idées de gauchistes, ça ne vous donne pas le droit d'emmerder les gens qui travaillent et qui se lèvent tôt!!

-Bonne soirée à vous aussi, collègue..." Je lui ai claqué la porte au nez!

Surprise, surprise. J'étais tombé sur un des plus virulents blogueurs réactionnaires du Club. Incroyable, la faute à vraiment pas de chance! Un contact Médiapart , mais pas sur écran, un contact pas recommandable, que j'allais devoir supporter, là, juste derrière le mur. Tous les jours!!

J'aurai du prendre un pseudo...........(Sans commentaires!!!)

                                                                   

 

 

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