éducation dangereuse

peut-on encore enseigner sereinement le dessin de presse et travailler à développer l'esprit critique?

enseignement: les dessins de presse © BA enseignement: les dessins de presse © BA
Un dessin hommage fait le 19/10/20 que j'ai hésité longtemps à publier. Je me demande à l'heure actuelle si malgré toutes les grandes déclarations sur la liberté d'expression en France ce n'est pas le contraire qui est encouragé. (30/10/2020)

Hommage à Samuel P.  Ma seule façon de réagir à l'horreur, prendre le crayon en hommage et réagir ainsi.

Hommage aussi à des profs qui se sentent bien seuls en première ligne devant une société éclatée, minée par les idées sectaires et extrémistes qui se répandent et sapent les bases de notre humanité.

Dessiner devient un crime, montrer des dessins humoristiques devient impardonnable. Et quelles que soient les précautions prises, les détournements pour arriver à éveiller les regards au sens des 'images sans heurter de face les sensibilités, aucun salut aux yeux de ceux qui veulent justement enfermer les esprits dans leur propre délire eschatologique.
Et pourtant il faut continuer d'enseigner, de faire réfléchir, d'ouvrir les esprits aux idées humanistes, à la culture commune, à l'esprit critique, à la tolérance. Sans illusion sur les soutiens des matamores qui hurlent sur le moment et refermeront bien vite les yeux. Mais heureusement, dans un coin de la classe, un futur caricaturiste, encore en tâtonnement maladroit. BA

Notes sur les Poire de Philipon (et Daumier)

À l'issue de son procès devant la cour d'assises, Philipon fut condamné pour "outrages à la personne du roi. Arrêté le 12 janvier 1832, il dut purger six mois de prison et verser 2000 francs d'amende, auxquels s'ajoutèrent sept mois liés à d'autres motifs de condamnation.

Le 5 août 1835, de nouvelles lois sur la presse sont présentées à la Chambre. Dans un discours aux accents disons "prophétiques", Thiers pourtant de philosophie voltairienne s’écria lors de la séance du 29 août : "Il n'y a rien de plus dangereux [...] que les caricatures infâmes, les dessins séditieux, il n'y a pas de provocation plus directe aux attentats" (Le Moniteur universel, 30 août 1835) sources : Wiki.

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