Analyse politique 1 : Le PS

Début d'un analyse les partis politiques et quelques perspectives ensuite. L’analyse des partis politiques va se faire en plusieurs billets. 1) Les premiers sur l’état de chacun des partis dans l’ordre : - Le PS, - EELV, - LFI, - PC. - LREM - LR - FN

Aujourd’hui le PS
Et le PS fut…
Et l’implosion vint.
Faut-il mettre le PS en réanimation pour le sauver, ou envisager un accompagnement de fin de vie pour abréger ses souffrances ?

La gauche française est profondément marquée par "l’implosion" du PS.

On ne peut pas comprendre l’actuelle situation de la gauche et faire des projections si on n’intègre pas cette donnée : Le PS n’est plus (momentanément ?) le pivot central de la gauche.

Le PS a éclaté, mais il reste, suite aux dernières municipales, le premier parti de gauche en France.. C’est lui qui a conservé le plus d’élus, de cadres, et d’électeurs lors des dernières élections. N’en déplaise à certains, ce n'est pas niable.

De ce fait il est incontournable. Et c’est le seul des partis de gauche, qui soit nécessaire pour gagner. Trouvez-moi un département, ou une région, dans lequel une union de gauche peut se faire sans le PS et être gagnante ? Il serait facile de trouver des départements dans lesquels une union gagnante peut se faire sans le PCF, LFI ou EELV.
Mais irremplaçable le PS ? Faut voir !!

La première raison de l’implosion : le PS lui-même, en tant qu’institution.
Le PS était devenu un parti de gestionnaires (souvent diplômés), avec une vision gestionnaire de la société. De moins en moins d’ouvriers, d’employés qui se trouvait de plus sans lien avec les électeurs qu’il était censé représenté .  Plus de rêves, plus de combats !!

Qui peut citer les points forts du projet socialiste ces dernières années ? Ou sont les sujets sur lesquels on pouvait s’enthousiasmer ? Je ne referai pas la liste de ce qui avait été proposé avant 1981 et jusqu’en 2002 (ça laisse rêveur d’avoir proposé tout ça et d’en avoir mis en place une grande partie). Même si en 2017 Hamon avait été le seul candidat à se poser la question qui va devenir essentielle : "Comment vivre dans un monde sans travail ?". Le revenu universel était une première ébauche de solution. Mais cela ne fait pas un projet mobilisateur pour les citoyens. (Note de Bruno : en 1993 avec  quelques personnes nous nous étions posé cette question : "Comment partager ce qui devient une denrée rare : Le travail", les 35h nous étaient apparues comme une des réponses. ).

Éphémère ministre de l’intérieur à la fin du quinquennat, Matthias Fekl  analyse : "C’est un moment d’effondrement de la social-démocratie, une fin de cycle, et bien au-delà de la France. Je pense qu’il faut réinventer quelque chose. On est dans un moment où, de toute façon, les partis, les gens n’aiment plus. Et quand il n’y a plus de socle idéologique, c’est compliqué…"

La deuxième raison de l’implosion : le PS lui-même, en tant que parti.
Le PS était devenu un parti d’élus dont (souvent, mais pas toujours) le but était de se faire élire ou de garder sa place. C’est normal au sein d’un parti, dont le but et d’accéder au pouvoir, mais il ne faut pas que ce point fasse disparaitre les autres. Les rivalités, haines, coup bas et autres ont fini par le tuer.

La troisième raison de l’implosion : sans doute Hollande lui-même.
François Hollande, avec son incompétence à gérer une équipe, son incapacité à prendre des décisions, et à donner un cap, porte sans doute une part importante de cette implosion. A-t-il été le mauvais homme au mauvais moment et au mauvais endroit ? Faut voir . En tous cas il n’a pas été bon !! De plus ces changements de politique (loi Khomri, flirt avec la finance) et ses conneries (le livre, la déchéance de nationalité) l’on achevé.
Il pourrait écrire :
"François m’a tuer !!"
On peut aussi ajouter que certains au sein du PS ont tout fait pour le flinguer (Valls entre autres, voir deuxième raison).

La quatrième raison de l’implosion : la dévorante ambition d’Emmanuel Macron.
Extrait d'un article du Monde:
Séduction, disruption, destruction. Le triptyque macronien, mécanisme infernal qui fractura le PS, dont Macron fut membre entre 2006 et 2009. Voilà la trahison ultime. Couvé par ses deux pères d’adoption, Hollande et Valls, protégé par l'encore tout-puissant Parti socialiste, il était le fils spirituel, le successeur naturel. Il était "l’élu". Un "élu" qui, en réalité, a marginalisé le PS en aspirant une fraction de ses voix pour mener in fine, une fois au pouvoir, une politique à l’inflexion clairement droitière. Piégé, dupé, le Parti socialiste ne s’en est pas remis.

Rien à ajouter.

Conclusion sur le PS.
Ce
qui faut c'est que le PS arrive à comprendre, c'est qu'il n'est plus le propriétaire de la gauche. Qu'il y a sa place, mais à sa place, comme les autres. Il faut aussi que le PS se redéfinisse comme un parti de gauche, et que cet engagement soit sans ambiguïté pour les électeurs.

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