Il est très souvent vrai que les mouvement et/ou parti politiques républicains se targuer – et ils s'y attardent beaucoup – de ce qu'ils comptent, sondent également, énormément de sympathisants à leurs cause, lutte, valeur, vision, etc., pour finalement se rendre compte, après chaque revers électoral, de la variance, de l'inconstance, de la versatilité du caractère intelligible qu'ont ces faire-valoir ponctuel et occasionnel.
Il est aussi vrai que la quasi totalité des composants de la nomenklatura politique – ces fameux professionnels de la Politique – n'a ni cause, ni lutte, ni valeur, ni vision "espérément" porteuses. La Politique ne saurait aucunement être, encore longtemps, affaire d'une élite hors du réel, d'une caste racketteuse, de quelque professionnalisation ou légitimation que ce soit, afin de permettre la réalisation, l'effectivité de son unique essence : œuvrer licitement avec désintéressement pour l'amélioration de la condition des hommes.
Qu'y a-t-il, chez ces politiques, de si rétif, qui les anesthésie, qui les déshumanise, qui les rend si minables qu'il faille qu'ils se résument en simples spectateurs de leur insignifiance, leur insoutenable légèreté, leur envers de masque ? Quel intérêt, d'un sympathisant pour un politique, peut-il y avoir quand le premier, donnant entière sa confiance, ne reçoit que mépris et dédain à se rendre compte de ce que la circonstance, le besoin, la nécessité, l'urgence font susciter – chez le deuxième – l'inélégance, le rébarbatif, le rédhibitoire, le point d'interrogation ?
On s'émeut aujourd'hui que des anti-républicains, des extrémistes, des souverainistes soient en tête de quelques scrutins, parce qu'on a jamais autant cessé – tous partis confondus – de faire leur lit, de faire leur communication, leur vulgarisation, par une sempiternelle contre-productive tentative de « diabolisation », un vide sidéral et sidérant en définitive, que ces trois dernières décennies ; alors que ce n'est juste que la juste rançon inéluctable lorsqu'est érigé en modèle de conduite et pratique politiques la foutaise.
Encore une fois, il est plus qu'humain et humaniste, pour ne pas dire eschatologique – à ne pas confondre avec scatologique qui est le caractère que revêtent ces simagrées politiciennes citées juste au dessus –, de rappeler, à qui voudra s'y attarder, que la Politique est la seule arme, non et surtout pas charitable, qu'ont les individus pour se défaire de toute logique de « chaînes » qui les contraignent à la mort.
Tout ceci étant possible par la domination, la dictature du concept – si tenté que ça puisse être nommé ainsi – idéologique ultra néo-libéral de "l'après-avant-le pendant" ou de "l'après-avant-l'avant" diffusé insidieusement, habilement, mais continuellement par le marketing aujourd'hui s'assumant enfin neurologique. L'exemple d'une pas si lointaine crise, dite des "subprimes", contraint à une réalité de ce que le concept de "propriétaire", par exemple, est galvaudé dans son utilisation incitative à faire nécessairement consommer : on est propriétaire – sauf quand on naît propriétaire, entre autres – que lorsqu'il n'est plus de dette (prêt) à devoir, etc.
Tout se décide, de là, à partir d'un probable, d'une projection du futur sur le présent, révélant d'ailleurs une peur panique du premier, de l'avenir qui désabuse une capacité à oser le second, à vivre libre, libéré...
Pourquoi tout miser sur l’éventuel qui étreint beaucoup l'irréel plutôt que sur l'actuel qui est plus en prise avec le réel, s'acharner à prévenir alors qu'il est plus qu'urgent d'agir et/ou de réagir ? Prévenir quoi, quand toutes vision et prévision se révèlent faussetés, leurres, chiffons rouges agitées aux fins paralysante et manipulatrice ? Comment continuer à sympathiser avec un tel modèle de fonctionnement ?
"L'antipathisant" se prévaudra d'être celui sur les épaules de qui pèsera la nécessaire marche vers un renversement et de conception et de fonctionnement ! Assurément, l'affirmation d'un tel propos n'est pas la prétention d'annoncer l'avènement de « l'homme nouveau », puisque "l'antipathisant" se trouve déjà – de manière consciente ou inconsciente – dans chaque sympathisant ; il est même le pendant gémellaire de celui-ci par qui commencera le processus d'une nouvelle donne.
Si bien que, au même moment que "l'antipathisant" s'émancipe majoritairement et toujours "progressistement" dans le sympathisant, ce dernier persiste à être la base première de toute adhésion ; oui, car pour adhérer à tout, il faut en amont, avec l'aval nécessaire et originaire de la sympathie, obligatoirement être sympathisant-s de la cause qui fait l'objet de cette même adhésion.
Que ce soient donc, politiques, le citoyen, le sympathisant – cela va de soi –, le militant, le partisan, le dirigeant, etc., il faut bel et bien qu'ils soient sympathisants – y sont évidemment exclus les manipulateur, calculateur, arriviste, opportuniste, etc.
Pour ainsi dire avoir trop souvent constaté un politique lutter contre, dénoncer un système, durant sa quête, s'inscrire dans la droite ligne, une fois élu, de ce qu'il combattait.
"L'antipathisant" est l'inflexible, l'incorruptible, l'indéfectible restaurateur, serveur-serviteur puis payeur des intangibles promesses de la Politique, qu'il martèle, qu'il réaffirme sans cesse quand d'autres, les autres semblent ou feignent les oublier ; qu'il soit habitant politique, qu'il soit sympathisant politique, qu'il soit adhérant politique, qu'il soit militant politique, qu'il soit dirigeant politique, etc., puisqu'il est tout, il est tous à la fois et que tout est politique !
Il est aussi frappant de se rendre compte, une une fois un propos deleuzien pastiché par les changements de la philosophie en la politique – ce qui n'est grandement pas un écart par ce qu'un pan important de la philosophie est politique – et d'idéologies en d'autres, que : il est vrai que la politique ne se sépare pas d'une colère contre l'époque, mais aussi d'une sérénité qu'elle nous assure. La politique cependant n'est pas une Puissance. Les religions, les États, le capitalisme, la science, le droit, l'opinion, la télévision sont des puissances, mais pas la politique. La politique peut avoir de grandes batailles intérieures ( socialisme – libéralisme, etc.), mais ce sont des batailles pour rire. N'étant pas une puissance, la politique ne peut pas engager de bataille avec les puissances, elle mène en revanche une guerre sans bataille, une guérilla contre elles. Et elle ne peut pas parler avec elles, elle n'a rien à leur dire, rien à communiquer, et mène seulement des pourparlers. Comme les puissances ne se contentent pas d'être extérieures, mais aussi passent en chacun de nous, c'est chacun de nous qui se trouve sans cesse en pourparlers et en guérilla avec lui-même, grâce à la politique.
Il appartient désormais à chacun de se réconcilier avec, de composer avec, d'assumer "l'antipathisant" qui lui est in-dissocié et indissociable pour qu'à l'avenir, dans un processus et un mouvement continu et/ou discontinu de « lignes de fuite », de devenirs, il ne se réitère plus de constats fatalité-résignation-inaction-échec, mais plutôt de participation-proposition-action-réussite.