La droite devient de plus en plus une affaire exacerbée et continuelle de propriétés. Même si PROUDHON définissait la propriété comme du vol, c'est d'une nécessité vitale qu'une telle notion existe dans une société. Au demeurant, il paraît légitime de déconstruire cette séculaire politique de droite qui consiste exclusivement à se démener pour conserver des avantages aux propriétaires ultra nantis, au détriment de la masse populaire qui ne cesse d'être dupée, spoliée et même diabolisée.
A l'heure où le monde se veut un, voilà que la droite ne cesse de ne se rendre compte d'aucun apport qu'il existe de l'Extérieur, plongeant ainsi, depuis plus d'une décennie, la France dans un état d' endormissement et de non capacité de réaction.
Ce n'est pas une question de belle âme que de savoir que les problèmes du tiers monde sont beaucoup plus proches que ceux de nos quartiers, et que c'est là les problèmes majeurs à régler avant de posséder la sérénité adéquate pour faire renouer la France avec sa grandeur et sa place dans l'Europe et le monde... C'est juste une question de perception, perception que la droite n'a pas. Il suffirait, pour s'en convaincre, de faire un bref tour des gouvernements en Europe , et voir dans quel gouffre ils veulent mettre cette dernière.
De fait, naturellement, il reste la gauche. Cette gauche qui a fait trembler la droite en 1936, avec le Front populaire,et à qui ne sera jamais pardonnée le fait d'avoir amené de « simples » travailleurs sur les plages de villégiature de « pauvres » riches bourgeois, qui en furent traumatisés jusque aujourd'hui... Cette gauche qui sait que « la majorité ce n'est personne, et la minorité c'est tout le monde », ne doit cesser de défendre les minorités, démêler les injustices, percevoir de plus en plus loin et rendre digne la France.
Toutefois, il se trouve, faisant toujours appel à Gilles DELEUZE, que la gauche n'est pas affaire de gouvernement; et qu'il faudrait appeler de nos vœux un gouvernement qui porte les exigences de la gauche...
Si le parti socialiste ambitionne de gouverner, qu' il gouverne! Mais que son candidat, François HOLLANDE, ne cède pas à la sotte prédiction d'une répétition de « l'élection maudite », qui sous-entend un score peu élevé du Front de gauche. Au contraire, pour que les exigences de la gauche fassent effectivité, il faut un score très élevé de MELENCHON, dont le souci n'est pas de gouverner, allié, à l'issue du premier tour, d'un HOLLANDE en tête de celui-ci.
Aux socialistes donc de faire aboutir un tel processus ou , faute de considérer MELENCHON comme incontournable en vue d'un imminent gouvernement, avec des exigences de gauche, de respecter ceux qui adhérent au projet qu'il porte et qui sont une partie de la gauche.
Aussi, il est inutile de donner du crédit à ceux qui se demandent si le Front de gauche est communiste ou pas, car,ce sont des farceurs, sans arguments intellectuels, qui opposeraient un tel semblant étonnement... Et comme l'avait déclaré Alain BADIOU : « Nos critiques prétendent jeter aux orties le mot « communisme » sous prétexte qu'une expérience de communisme d'état, qui a duré soixante-dix ans, a tragiquement échoué. Quelle plaisanterie! Quand il s'agit de renverser la domination des riches et l'hérédité de la puissance, qui durent depuis des millénaires, on vient nous objecter soixante-dix ans de tâtonnements, de violence et d'impasses! En vérité, l'idée communiste n'a parcouru qu'une portion infime du temps de sa vérification, de son effectuation. »