On peut parfois être étonné et surpris de ce que certains « émetteurs de stratégies » n'ont rien, mais alors rien, de (fins) stratèges!
A l'heure où il ne fallait aucune stratégie, c'est-à-dire avant le premier tour de l'élection présidentielle : il ne fallait pas « taper » sur le Front de gauche (au risque de le voir distant ou méfiant à l'égard du PS), quand on a vu le faible écart, au premier et au second tour, entre François Hollande et Nicolas Sarkozy!
Et à l'heure où il était nécessaire que la Gauche soit plus que majoritaire à l'Assemblée nationale, on nous pond des « quiproquos » de raisons qui rendraient impossible tel ou tel accord? Mais quelle est cette obsession nombriliste de vouloir être seul majoritaire au(x) parlement(s)?
Nous rappelions, dans un précédent « billet » (lettre ouverte qui lui était adressée), la chance que représente le Front de gauche pour François Hollande : Votre chance? Que le Front de gauche ait du « poids » au prochain parlement (à l'assemblée nationale), parce que la Gauche n'a toujours été forte que plurielle; et surtout qu'il représenterait le bras « armé » dont vous avez besoin pour faire face et front aux « envahisseurs du monde » qui ne sont que mieux armés et organisés...
Désormais, nous doutons et nous interrogeons : où sont les socialistes? Messieurs Fabius, Montebourg, Hamon, etc., votre silence paraît suspect; ou bien n'êtes-vous que des moutons de Panurge? Ce que vous êtes devenus a-t-il excédé ce que vous revendiquiez? Votre but ultime était-il d'entrer au gouvernement? Vous préférez courir le risque de voir élus des députés UMP et/ou FN plutôt que de gauche? Qu'est-ce que cela peut-il bien signifier? Allons, manifestez-vous et dites nous ce que vous pensez de tout cela...
Ce que nous appréhendons, ce que nous redoutons, et c'est une relecture récente, de l'intervention, de Bourdieu, à la conférence générale des travailleurs grecs (GSEE) à Athènes en octobre 1996, qui montre comment des travaux de chercheurs ont permis de démontrer la façon dont se tramaient les banalisation et légitimation progressives des politiques néo-libérales en et comme seules possibles : «... ils ont montré comment, et en Angleterre et en France, un travail constant a été fait, associant des intellectuels, des journalistes, des hommes d'affaires, pour imposer comme allant de soi une vision néo-libérale qui, pour l'essentiel, habille de rationalisations économiques les présupposés les plus classiques de la pensée conservatrice de tous les temps et de tous les pays. Je pense à une étude sur le rôle de la revue Preuves qui, financée par la CIA, a été patronnée par des intellectuels français, et qui, pendant 20 à 25 ans – pour que quelque chose de faux devienne évident, cela prend du temps -, a produit inlassablement, à contre-courant au début, des idées qui sont peu à peu devenues évidentes. »
Et un mot sur les médias que nous trouvons, si ce n'est complices, des « permetteurs de dire des sottises » de gens dangereux qui prétendent, et à qui on prétend, un savoir. D' un coup, les propos que nous venons de citer prennent sens, trouvent un écho et redeviennent, plus que jamais, actuels! Pour exemple, nous renvoyons à l'article de Laurent Mauduit (Médiapart) du 19 mai 2012 dans lequel il traite du traitement on ne peut plus inexpliqué et inexplicable de Marc Fiorentino (« financier ») par certains médias : un homme qui a semé un vent de panique en prédisant l'attaque inévitable et inéluctable de la France par les marchés, au lendemain de l'élection de François Hollande (il n'en fut rien bien évidemment), un homme à qui on retiré son agrément et qui s'est recyclé dare-dare de prédicateur en conseilleur (nous le savons, ce ne sera jamais lui le payeur); mais qui continue d' « éclairer » de son « infaillible expertise » certaines radios et chaines de télévision...
Il s'est passée, à peu près, la même chose avec le thatchérisme qui était préparé depuis très longtemps, pas par Madame Thatcher, mais par des groupes d'intellectuels qui avaient des tribunes dans les grands journaux.
Et si, Chers socialistes, vous consentez à laisser œuvrer des immondices de « hollandisme » à la sauce Thatcher sachez que se dresseront « contre » vous des gens, comme nous, qui ont le souci d'une gauche authentique et juste. Ne tombez pas dans le reniement pitoyable et à peine dissimulé de vos valeurs originelles. Et ne vous méprenez pas sur notre compte : nous souhaitons votre succès, mais seulement, et cela coule de source, dans et avec les exigences que vous avez brandi lors de la campagne présidentielle, dans lesquelles nous souscrivions ( nous le faisons jusqu'à présent).
Le soutien populaire vous est vital, à moins que vous en ayez que faire, donc Chers socialistes, ressaisissez-vous!