Journalistes, Citoyens, Hommes et Femmes Politiques faites confiance aux Abstentionnistes.

J’ai fait le choix de ne pas voter ce dimanche 6 décembre 2015 lors du premier tour des élections régionales. Pouvons-nous envisager ce "non-vote" autant comme porteur d'espoir que de désillusions ?

J’ai fait le choix de ne pas voter ce dimanche 6 décembre 2015 lors du premier tour des élections régionales.

Qui suis-je alors ? Un mauvais citoyen, le responsable de la montée « des extrêmes », l’un de ceux qui abandonnent trop tôt, baissent les bras dans les moments difficiles ?

                Et si mon non-vote était un non-vote d’adhésion, si l’on me demandait directement sa signification, sans jugement, sans faire peser une quelconque responsabilité des résultats des élections sur mes épaules. Car si je suis responsable d’une chose c’est bien de faire partie des 50% de non-votants.

                Je n’ai jamais aimé les QCM, ces questionnaires à choix multiples qui vous proposent un nombre très limité de réponses en bridant de manière insensée et au fond très violente votre capacité d’interprétation et de réponse à une question. Ces élections sont au fond une forme de QCM, mes possibilités de choix sont coincées entre trois réponses que je ne veux pas choisir, ne pensant pas qu’elles soient les plus adaptées pour répondre à mes interrogations et aspirations.

                Ainsi j’ai fait le choix de ne pas choisir.  Je ne veux pas choisir par défaut. Je veux adhérer à des idées, participer à les constituer, agir au nom d’elles pour être force de changement. Et ce changement je le veux  ici et maintenant et ne pense pas (plus) malheureusement que celui-ci puisse arriver par les urnes.

                Ainsi si ce non-vote était un non-vote porteur d’espoir ?

Le non-vote de forces qui n’ont plus le temps de chercher de l’espoir dans des structures à qui l’ont a accordé trop de temps, pour lesquelles nous avons dépensé trop de forces sans voir de résultats. Un non-vote d’action, de ceux qui s’engagent par leurs lectures, réflexions, actions quotidiennes, engagements associatifs. Abstentionnistes et citoyens actifs nous ne désertons pas le champ politique, nous le réinvestissons dans l’action, forces de changement. Ainsi renonçons-nous  à un droit d’expressions fondamental, car nous ne le considérons plus comme effectif, cela pour réinventer l’expression démocratique ailleurs, chez nous dans la société.

                Faisons confiance aux abstentionnistes révoltés, ceux qui savent dire non. Avec Camus un homme révolté refuse, « Mais s’il refuse, il ne renonce pas ». Les abstentionnistes justement refusent mais ne renoncent pas. Bien loin de la fatalité de ceux qui « votent utiles » ou  pour « faire barrage » ils pratiquent le non-vote d’adhésion et par cela souhaitent affirmer l’obsolescence d’un système politique. Leur vote est un appel, un appel au renouvellement du système politique, un appel à l’action et à la réflexion pour être réellement forces de changement.

                L’abstention est symptomatique de l’épuisement d’un temps, d’un système, notre non-vote appelle au changement. Ainsi hommes et femmes politiques tremblez, l’abstention, le non-vote d’adhésion vous menace bien plus que le « vote extrême ».

                Le vote est un droit et nous pensons qu’il est du devoir de chacun de savoir quand il lui faut l’exercer ou non.

 

                         C.B

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