Nuit debout : soyons les « Etapes d’après »

"Nous ne sommes plus seul·es mais, nous ne sommes pas « Un·e ». La beauté et l’intérêt du mouvement résident dans sa multiplicité, dans une très grande diversité de personnes qui apprennent ensemble à réfléchir, à faire société. Nous grandissons ensemble au fil des nuits au sein d’un espace de liberté de parole et de réflexion rare dans nos « démocraties ». "

« Vous tendez une allumette à votre lampe et ce qui s’allume n’éclaire pas. C’est loin, très loin de vous, que le cercle illumine »  

               René Char

 

Samedi 54 mars,

            Trois semaines que nous respirons d’un souffle nouveau, le mouvement « Nuit Debout » existe finalement.  Nous l’attendions depuis des années cet espace de mobilisation(s), de discussion(s), de création(s), d’apprentissage de la démocratie. Nous sommes là, présent·e·s au rendez-vous, nous nous rendons compte de notre nombre, de notre force. Alors, nous ne sommes plus seul·s à vouloir un monde nouveau nous nous découvrons des aspirations communes une volonté de changement profondément ancrée en chacun·e de nous.

                        Nous ne sommes plus seul·s mais, nous ne sommes pas « Un·e ».

La beauté et l’intérêt du mouvement résident dans sa multiplicité, dans une très grande diversité de personnes qui apprennent ensemble à réfléchir, à faire société. Nous grandissons ensemble au fil des nuits au sein d’un espace de liberté de parole et de réflexion rare dans nos « démocraties ».         

            Ainsi nous est posée la question de « l’après », et si le mouvement ne perdurait pas ? Que va devenir « Nuit Debout » ? Et si le rassemblement ne se faisait pas ?         

            Nous sommes rassemblé·e·s ! Dans toute notre diversité de pensée, de moyens d’agir, nous sommes rassemblé·e·s autour d’un même objectif de glissement vers un monde nouveau.

            Continuons a être un mouvement qui se retrouve pour discuter, pour agir, pour être de milliers de manières différentes ; ensemble. Notre entreprise ne sera jamais vaine, il n’y a jamais de retour en arrière ! Nous semons des graines, graines de démocratie, graines de changement qui peu à peu germeront dans toute la société.

          Notre « association des cultures » est une force qui nous permettra d’être chacun selon ses envies/besoins/aspirations force de changement de notre monde. Ne faisons pas de nos nuits, de nos idées, de nos débats, de notre volonté de changement UN MOUVEMENT qui serait par essence exclusif. Soyons mouvement comme force de changement en perpétuelle évolution.

            Abandonnons l’imaginaire du « Grand Soir » nous ne ferons pas tomber un système si profondément ancré en une seule et unique soirée. Nous pouvons cependant chacun·e être grain de sable dans l’engrenage d’un système oppresseur ou graine faisant germer dans les esprits l’imaginaire d’un monde nouveau.

           Montrons à ce monde que les alternatives existent, que comme nous elles sont plurielles et que comme nous elles annoncent le mouvement inéluctable d’une grande marche vers un véritable changement.

           Nos nuits nous appartiennent, alors inventons, aimons, détestons, créons, détruisons que chacun· y trouve sa place et soit le vecteur de changement qu’il pense le plus utile. D’aucuns fonderont des écovillages, d’autres des coopératives, des habitations autogérées, certain·es essaieront d’apporter du changement au sein de leur entreprise, dans leurs structures familiales, d’autres encore fonderont un Parti politique, d’autres manifesteront leur ras-le bol parfois violemment contre un système qui exerce une violence inouïe, tandis que certain·es continueront d’être force de changement à leur échelle, forces du quotidien. Et chacun·e aura raison d’agir comme il·elle le croit nécessaire, à son échelle.

          Continuons à faire vivre nos nuits, retrouvons-nous régulièrement il n’y a rien de plus important pour prendre conscience de nos forces et nous rendre compte de notre capacité à être chacun·e actrice et acteur de ce changement. Mais ne tombons pas dans le piège d’une volonté d’unification derrière une bannière commune qui serait par essence exclusive. Relevons au contraire le défi de l’ouverture, de la projection vers d’autres lieux, d’autres actions que nos rassemblements soient réellement des ouvertures sur une encore plus large diversité.

Aujourd’hui engageons-nous à poursuivre nos rassemblements, à discuter, à créer, à être ensemble.

Nous serons alors le terreau d’un monde nouveau.

 

Aidons Nous, soyons le monde de demain.

 

C.B

Le Club est l'espace de libre expression des abonnés de Mediapart. Ses contenus n'engagent pas la rédaction.