compilation personnelle sur le personnage d'Adolphe Thiers, ou des bases de notre actuelle république monarchiste, bonapartiste,

compilation personnelle sur le personnage d'Adolphe Thiers, ou des bases de notre actuelle république monarchiste, bonapartiste, thiériste, sarkozyste

 

Thiers

Courrier – par Daniel Halévy

 

Par ma naissance, j'appartiens au peuple ; par mon éducation, je suis de l'Empire ; par mes goûts, mes habitudes, le relations, je suis de l'aristocratie.

 

1834

 

Il faut puiser dans les circonstances actuelles une nouvelle énergie pour atteindre les associations. Il faut observer et saisir les premiers faits de réunion que vous pourrez constater.

au Préfet du Rhône, avril 1834 :

Figurez-vous ce qu'il me faudrait employer plus tard, si Lyon évacué on était obligé d'y rentrer par un siège. Prenez beaucoup sous votre responsabilité : je ne vous abandonnerai jamais.

L'insurrection à peine écrasée à Lyon se propage à Paris dans le quartier St Merry.

 

« C'est d'ici ?

  • C'est d'ici.

  • Il ne faut pas de quartier ! »

Thiers défendant les fortifications à l'Assemblée

Quelle est donc, depuis 50 ans, quelle est la ville dans le sein de laquelle il ne s'est livré plus de combats ? Pour la liberté, pour l'ordre, Paris et sa population ont combattu avec la plus rare bravoure. En 1830, la population parisienne combattait pour la Charte contre une troupe d'élite, et elle triomphait. En 1832, en 1834, la garde nationale combattait pour l'ordre des hommes égarés et qui faisaient un déplorable emploi de leur courage. Mais, attaqués et attaquants, craignaient-ils le bruit des armes à feu ?

(…)

Imaginer que des ouvrages de fortification quelconque peuvent nuire à la liberté ou à l'ordre, c'est se placer hors de toute réalité. D'abord, c'est calomnier un gouvernement quel qu'il soit, de penser qu'il puisse un jour chercher à se maintenir en bombardant sa capitale. D'ailleurs, plaçons-nous dans la réalité. Nous avons de tristes souvenirs de guerre civile. Le gouvernement a eu des désordres à comprimer. Est-il allé placer des batteries incendiaires dans l'une des positions dominantes de Paris, pour tirer à toute volée sur les quartiers occupés par la rébellion ?

 

Du reste, écartons ces tristes souvenirs de guerre civile…

 

(Antoine Picon)

3 avril 1841 : Guizot et Thiers font voter par l'Assemblée la loi accordant 140 millions de francs pour une enceinte continue ET « des ouvrages extérieurs casematés ».

 

févr 1848 Thiers terrorisé dans Paris insurgé

La marée monte… la marée monte…

(retrouvant le roi)

St Cloud est une position militaire. Dès demain, Bugeaud et moi nous y rassemblerons 60 000 hommes. Après-demain nous serons à l'Hôtel de Ville. Nous aurons les pieds dans la sang.

(Le roi refuse. Il est renversé.)

 

 

18 mars 1871

 

On comprend alors qu'on pût déjà se dire que si on ne réussissait pas, il faudrait sortir de Paris. On préparait tout à Versailles pour y recevoir l'Assemblée. Á trois heures, les troupes étaient sur pied, sortaient des casernes et, à cinq heures, elle arrivaient sur les hauteurs, qui furent enlevées avec une extrême promptitude.

Nous avons été malheureux dans la seconde opération.

Quand bien même on aurait pris les meilleures dispositions pour emmener les canons, traverser Paris avec 250 attelages était une opération des plus difficiles et des plus… chanceuses.

 

28 mars 1871 : la Commune est proclamée dans l'euphorie populaire.

Le même jour Thiers télégraphie dans toute la France :

 

CIRCULAIRE Á FAIRE AFFICHER DANS TOUTES LES COMMUNES

28 mars 1871

 

Les élections auxquelles une partie des maires s'était résignée ont été désertées par les citoyens amis de l'ordre. … On va voir ce qui sortira de ces illégalités accumulées.

En attendant, les commandes qui commençaient à venir des tous les centres industriels, se sont tout à coup arrêtées et il faut que les bons ouvriers, si nombreux par rapport aux mauvais, sachent que si le pain s'éloigne de leur bouche ils le doivent aux adeptes de l'Internationale, qui sont les tyrans du travail dont ils se prétendent les libérateurs. Il faut aussi que les agriculteurs qui sont pressés de voir l'ennemi s'éloigner de leur champ, sachent que si l'ennemi prolonge son séjour au milieu de nous, ils le doivent à ces mêmes perturbateurs devant lesquels l'armée allemande a retardé son départ. La France déjà si malheureuse leur doit ses derniers malheurs et sait bien qu'elle ne les doit qu'à eux. Du reste si le gouvernement, pour éviter l'effusion de sang, a temporisé, il n'est point resté inactif et les moyens de rétablir l'ordre n'en seront que mieux préparés et plus certains.

LE CHEF DU POUVOIR EXÉCUTIF, ADOLPHE THIERS

 

 

ADOPHE THIERS

ENQUÊTE PARLEMENTAIRE SUR LE 18 MARS

Ce n'était pas tout que de réconforter l'armée sauvée de Paris. Il fallait la porter à 120 ou 130 000 hommes, et surtout la munir d'une immense matériel de siège. … L'Assemblée Nationale crut qu'il fallait demander des volontaires. Tout le monde était de cet avis. … Il ne vient pas un seul bataillon de volontaires. Mais il restait les débris de nos armées. Je me hâtai de les réunir, de les réorganiser, et c'est avec ces débris que je composai l'armée qui est parvenue à arracher Paris à la révolte.

Monsieur de Bismarck offrait publiquement ses secours contre la Commune – secours qu'évidemment nous ne pouvions point accepter. Il nous pressait lui-même d'en finir. … Malgré le traité qui limitait à 40 000 hommes l'armée de Paris, Monsieur de Bismarck consentit à une augmentation qui fut d'abord de 100 000, puis de 130 000 hommes. Il nous en fournit lui-même les moyens, en nous renvoyant un nombre assez considérable de nos prisonniers. …

Nous avons eu jusqu'à 170 000 rationnaires.

 

Mais comment attaquer Paris ? On estimait à trente jours, au moins, le temps nécessaire pour être au pied des murailles, et pouvoir établir les batteries en brèche.

J'étais persuadé que par la puissance des feux on pouvait amener des résultats imprévus et décisifs.

Les transports commerciaux sur les chemins de fer furent suspendus, et on amena ici des masses prodigieuses de pièces de canon.

J'en vins à réunir des approvisionnements de 1 000 coups par pièce. On disait : « les pièces ne résisterons pas ! - Nous aurons des approvisionnements de canons, répondis-je.

 

 

lettre au duc de Broglie

10 mai 1871

 

Vous savez sans doute que nous avons pris le fort d'Issy, lequel a cédé à la violence des feux, ainsi que je l'ai toujours pensé.

Maintenant l'enceinte est désarmée du côté du Point-du-Jour, et les grandes batteries d'environ 100 bouches à feu que j'ai fait élever avec une promptitude qui a fort étonné les hommes spéciaux, tonnent en ce moment sur les portes de Passy et d'Auteuil.

Nos tranchées sous la protection de ces feux sont à la distance où la batterie de brèche est possible, et tout nous promet un résultat prochain.

 

 

Dimanche 21 mai la poterne du Point-du-Jour est déserte, l'espion Ducatel en informe les troupes versaillaises qui pénètrent la capitale.

Thiers s'est rendu en toute hâte au fort du Mont-Valérien avec tout l'état-majour versaillais. De là ils assistent à l'entrée des troupes dans la capitale.

 

Il fallut 17 heures pour faire entrer 130 000 hommes et notre nombreuse artillerie.

 

CIRCULAIRE DE VERSALLES

27 MAI 1871

 

Les scélérats de la Commune sont écrasés ; leurs derniers repaires des Buttes Chaumont et du Père Lachaise, viennent d'être enlevés par nos admirables soldats. Le bandit Delescluze a été trouvé mort derrière une barricade du Prince Eugène. Tout sera purgé demain.

Que la France respire, et soit fière de sa brave armée.

 

Thiers

L'expiation sera complète.

Elle aura lieu au nom des lois, par les lois, avec les lois.

 

Nous sommes débarrassés du socialisme.

 

Adolphe Thiers fut nommé Président de la république en août 1871.

En juillet 1875 la république fut inscrite dans les lois constitutionnelles.

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