Que doit-on attendre des élections générales au Royaume-Uni ?

Malgré la place incontestable de partis émergents sur l’échiquier politique britannique, les élections générales qui doivent se tenir demain sont nettement marquées par le bipartisme favorisé par le mode de scrutin uninominal à un tour.

 

Au Royaume-Uni, les élections ne durent qu’un temps ou devrait-on dire, un jour. Le 7 mai 2015, tous les britanniques iront voter pour un candidat de leur quartier. Les candidats majoritaires se verront attribuer des sièges au Parlement et définiront donc la couleur politique du gouvernement.

Au Royaume-Uni, conformément à la Constitution, c’est la reine qui choisi le premier ministre. Entendons nous bien, le candidat dont le parti aura récolté le plus de sièges, sera promu à la tête du pays.

Demain est un grand jour pour le Royaume. Après cinq années de politique libérale néo thatchérienne que David Cameron a mené, les élections générales de 2015 sont devenues pressantes.

Plusieurs grands thèmes ont jalonné la campagne électorale : l’austérité et la privatisation du système de santé en cours (le National Health Service, NHS,  sécurité sociale publique et gratuite pour tous qui est aujourd’hui en péril), les zero-hour contracts qui paupérisent tout un pan de la population ou encore la sortie de l’Europe et l’immigration – chacun a sa vision de la chose. 

Le parti travailliste qui part gagnant dans les sondages reste dans les rangs du socialisme libéral ; frileux quant à ses propositions. Les étrangers européens devront attendre deux ans avant d’accéder à une quelconque aide sociale. Le salaire minimum devrait, de son côté, être augmenté. Pour autant, la privatisation de la sécurité sociale anglaise (NHS) est également au rendez-vous. 

Enfin, au niveau Européen, Ed Miliband exclue tout référendum et propose au contraire de s’investir dans les organes décisionnels et veut réformer la politique agricole tout comme celle de l’immigration.

Pour sa part, le parti conservateur de Cameron (au coude-à-coude avec le parti travailliste) prône la continuité politique. Leur programme est clair : les étrangers européens devront attendre quatre ans avant de pouvoir accéder aux aides sociale alors que les étrangers extra-européens n’auront plus accès aux allocations familiales, bien que cette large partie de la population paie des impôts. Par ailleurs, le parti prône une politique protectionniste vis-à-vis de la circulation des marchandises provenant de l’Europe et appelle les électeurs de Ukip à voter Conservatives - seul moyen, selon eux, d’accéder à un referendum sur la sortie du Royaume-Uni.

Concernant les problèmes de chômage (5.5 % en décembre 2014), Cameron propose de poursuivre la politique de plein emploi en flexibilisant les contrats de travail – ce qui contribue à paupériser une large partie des travailleurs.

Cette année, d’autres partis ont réussi à se faire une place non négligeable dans la course aux élections. Ukip, le parti xénophobe et anti-européen, atteint 17% des intentions de vote et devient, de ce fait, la troisième force politique du pays – de quoi faire frémir l’Europe toute entière.

Avec ce système de scrutin uninominal à un tour, le parti en tête devra s’allier, tel Cameron avec Nick Clegg (parti libéral-démocrate) en 2010. Quel sera le couple politique de l’année 2015 ? Le suspens reste entier.

 

Pour aller plus loin: 

Vous trouverez ici les programmes électoraux de toutes les forces politiques en présence 

et ici, les intentions de vote.

 

 

 

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