Billet d'humeur et élections générales au Royaume-Uni

Ces élections générales sont décidément une surprise. David Cameron a eu la majorité absolue au Parlement, le SNP (Scottish National Party) raffle 56 sur 59 sièges qui étaient à pourvoir en Ecosse, le parti travailliste réalise son score le plus faible depuis 1987, les Verts restent à un siège alors que le changement climatique se fait de plus en plus pressant et enfin (seule véritable bonne nouvelle) Ukip, qui aurait dû faire une percée, échoue lamentablement.

Que de surprises donc.

Malgré les coupes budgétaires, l'austérité, la privatisation de l'équivalent de la sécurité sociale, la paupérisation d'une large partie de la population, rien n'a pu endiguer la victoire écrasante des Tories. Plusieurs points en sont la cause comme la mauvaise communication politique d'Ed Miliband ou la grande popularité du SNP en Ecosse - bastion historique du Labour. Et pourtant, un point crucial de la campagne ne cesse de me tarauder: le référendum sur le Brexit qui questionne, selon moi, le rapport des individus à la démocratie représentative. A partir du moment où un candidat propose un référendum, les individus se sentent concernés, pensant que le candidat s'intéresse à leur opinion.

Certes, il y a une soif de démocratie.

Certes, la démocratie représentative n'est pas démocratique.

Et pourtant, au lieu de se lever, la majorité a voté. Conservateurs, encore.

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