Le bus qui roule aux déchets organiques, vous y croyez ?

_79147159_79147158.jpg

''Bus de merde'. Qui n'a jamais prononcé cette phrase, exaspéré par le retard pris par son bus quotidien ? Ce dimanche 15 mars 2015, cette expression a pris toute son ampleur  à Bristol (Angleterre), capitale Européenne de l'écologie, qui inaugure ses premiers 'poo buses', littéralement “bus à merde”.

Bristol compte quelques lacunes notamment au niveau du transport. Malgré une diminution du nombre de voitures depuis 2011, un demi million de véhicules traversent chaque jour la ville. En 2010, la concentration de dioxyde d’azote (émanation de gaz toxique provenant essentiellement du trafic routier) au sein de la ville se trouvait à son paroxysme avec une moyenne annuelle de plus de 50 µg/m3 - la valeur recommandée ne devant pourtant pas dépasser 40 µg/m3 par an .  En 2013, Bristol était considérée comme la ville la plus saturée en transports du Royaume-Uni. Aujourd’hui, avec ses 500 millions d’euros vaillamment investis, la ville tente d’endiguer les émissions de CO2 en lançant un nouveau plan d’action: le “poo bus”.

Comment cela fonctionne t-il ?

Ces bio-bus sont les premiers d'une nouvelle génération au Royaume-Uni roulant exclusivement au biométhane carburant - biogaz créé via une méthanisation de déchets organiques tout comme d’excréments humains et animaux.

 

biomethaneV2.jpg

 

Le biométhane est aujourd’hui considéré comme faisant parti des énergies renouvelables à grand potentiel : il permet de réduire voire d’annihiler le méthane provenant de déchets organiques - hautement polluant s’il s’évapore, il diminue la dépendance aux énergies fossiles et est considéré comme neutre vis-à-vis de l’effet de serre.

D'après la BBC, le gaz généré par les déchets organiques de 5 personnes par an permet à l'un de ces bus de parcourir jusqu'à 300 kilomètres.

Pour le reste il s'agit là de bus normaux pouvant accueillir 40 personnes et un fauteuil roulant. La compagnie de transport First qui met en circulation ces transports, a confié au Guardian qu'elle se sentait prête à élargir le projet si l'opération s'avérait un succès.

Le gaz utilisé dans ces bus est produit dans une centrale de récupération/conversion des déchets par l'entreprise Geneco qui fournit environ 17 millions de mètres cube de biométhane par an. Ce dernier, une fois purifié, sert aux “poo bus” et se voit également réinjecté comme gaz de ville pour alimenter la consommation en gaz de 8300 maisons par jour. Une initiative intéressante à l'heure où le gouvernement anglais fait pression pour autoriser l'exploitation si contestée du gaz de Schiste.

Camille Felouzis et Florian Cornu

Le Club est l'espace de libre expression des abonnés de Mediapart. Ses contenus n'engagent pas la rédaction.