A droite! c’est l'autre message du 11 janvier 2015

La rue du 11 janvier disait aussi tout autre chose que ce que le gouvernement, certains médias et les ravis nous ont raconté. Sans doute s'agissait-il  de la défense des libertés, de refuser les amalgames possibles et de défendre la république dans la composante du vivre ensemble. Mais. Une manifestation peut elle être commentée hors sol?

En d'autres termes, après des mois et des mois d'apathie, la société française très recentrée à droite sur certains sujets n’a telle pas saisi le drame de Charlie, de Montrouge, et de la supérette cacher pour préciser ses demandes?

Une remarque d’abord.6

Réduire la journée du 11 janvier à la seule manifestation parisienne serait une grave erreur. Consequence de la fracture sociale aggravée par 30 ans d’imperitie, à Lille comme à  Marseille, les populations des quartiers difficiles étaient absentes des cortèges ("je ne suis pas Charlie " sur les réseaux sociaux). A Paris les défilés étaient plutôt blancs, peu politiques et encore sous le coup de l'émotion.

Mais là n’est pas l'essentiel. Les marseillaise chantées à répétition ainsi que les hommages appuyés rendus à la police sous forme d'applaudissements en disaient long sur l'expression des classes moyennes. Besoin de recentrage sur la Nation, besoin d'une sécurité accrue avec le débat sur le Patriot Act à la française, débat tout azimut sur l'islam et le fondamentalisme en des termes parfois très maladroits pour ne pas dire xénophobes.  

Le très joli mais très insuffisant "je suis Charlie" comme signe de ralliement et le nombre incroyable de manifestants ne doit pas nous exonérer de nommer, d'expliquer et de nous mobiliser sur la question sociale et sur l'antisémitisme ou des juifs sont assassinés parce que juifs en 2015.

Et avoir défilé en compagnie de certains chefs de gouvernement plus que contestables ou de dictateurs n'aidera pas à faire la clarté....

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