«81 avenue Victor-Hugo», au Théâtre de la Commune à Aubervilliers

L’avenue Victor-Hugo est une des plus chics et des plus prestigieuses avenues parisiennes. À Aubervilliers, l’avenue Victor-Hugo abrite des entrepôts de commerce en gros, des boutiques d’import-export de textiles asiatiques, quelques magasins d’alimentation, un restaurant aveyronnais, un café-tabac-pmu et, sis au 81, face à un centre commercial chinois en construction, un ancien Pôle Emploi.

L’avenue Victor-Hugo est une des plus chics et des plus prestigieuses avenues parisiennes. À Aubervilliers, l’avenue Victor-Hugo abrite des entrepôts de commerce en gros, des boutiques d’import-export de textiles asiatiques, quelques magasins d’alimentation, un restaurant aveyronnais, un café-tabac-pmu et, sis au 81, face à un centre commercial chinois en construction, un ancien Pôle Emploi.

C’est ici que vivent, depuis août 2014, les 80 d’Aubervilliers, un collectif d’immigrés venus principalement de Côte d’Ivoire et du Bangladesh. Expulsés du passage de l’Avenir et de la rue du Colonel-Fabien ou chassés par l’incendie de la rue des Postes, se retrouvant donc sans-logis, les 80 d’Aubervilliers ont décidé, après 4 mois passés à la rue, de réquisitionner ce bâtiment en attendant de voir leur situation s’améliorer.

Sur scène, c’est l’histoire de huit d’entre eux qui se déploie, nous conduisant des faubourgs d’Abidjan, de Ouagadougou ou de Dhaka à ce présent de la lutte des sans-toits à Aubervilliers. Se dessinent ainsi des parcours d’exil et de migration qui s’étirent sur des continents et parfois des années.

« L’exil, c’est la nudité du droit », écrivait Victor Hugo il y a plus d’un siècle. « Les justiciers ont leurs lois » réplique Mamadou D., exilé ivoirien, en cette année 2015. La question de l’hospitalité commence avec ce droit absolu à l'accueil qui excède la loi, tandis que sont mis en place en France et en Europe une série de législations et de dispositifs visant à contrôler et contenir l’afflux des migrants.

Quelle place accordons-nous à l’étranger ? À quelles conditions ? Et pour quelles conditions de vie et
de travail ?

Invités à monter sur scène, ce sont ces questions qu’ils nous tendent en miroir. Chacun nous donnant à entendre et à voir un fragment de leur destin si singulier où la solidarité côtoie la violence, où la ruse répond à l’injustice, où une même nécessité de survivre fait face aux épreuves rencontrées.

C'est au théâtre de la Commune.
Du 5 au 17 mai.
Ici:
http://lacommune-aubervilliers.fr/piece-d-actualite-ndeg3

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