3- Origine de la pollution en tritium dans l'eau du robinet des franciliens

Partie 3- L'origine de la pollution radioactive en tritium dans l'eau du robinet de Paris et d'Ile de France : un secret et un scandale?

Dans les parties précédentes de cet article, nous avons vu que l'eau du robinet des franciliens est polluée en tritium, un atome radioactif qui a une faible radiotoxicité. Cette pollution est très supérieure aux niveaux naturels en tritium. Il y a une certitude: la Centrale nucléaire de Nogent est en partie responsable de cette pollution. Et, il y a une hypothèse très fort probable, voire même une certitude: les Commissariats à l'énergie atomique d'Ile de France et, surtout le CEA militaire de Bruyères-le-Châtel, sont aussi impliqués dans cette pollution. Il a aussi été constaté que ces CEA polluaient en tritium l'air, les nappes phréatiques, de nombreuses eaux douces de leur environnement et que du tritium pouvait se retrouver dans l'eau du robinet de certains de ces CEA. Grâce à l'hydrogéologie on a appris que la pollution en tritium des nappes phréatiques sous les CEA de Saclay, Fontenay-aux-Roses et Bruyères-le-Châtel chemine ensuite dans des cours d’eau puis la Seine. Sachant que sur ce chemin, l'eau (nappes phréatiques, eau de la Seine et peut être les rivières) est utilisée pour l’eau du robinet, alors directement ou indirectement le tritium produit par les CEA de Saclay, Fontenay-aux-Roses et Bruyères-le-Châtel peut se retrouver dans l’eau du robinet des franciliens.

Est-ce que les autorités compétentes de la gestion de l’eau font la transparence sur le tritium dans l’eau du robinet des franciliens? Quelles sont les données accessibles sur les mesures du tritium dans l'eau du robinet de Paris et d'Ile de France?

Les mesures scientifiques du tritium sont fondamentales car personne ne peut repérer le tritium. Ça ne se voit pas, ça n'a pas d'odeur et ça n'a aucun goût.

Que dit Eau de Paris sur le tritium dans l'eau du robinet des parisiens ?

Eau de Paris est l'entreprise publique en charge de la production et de la distribution de l’eau sur Paris. M. Xiberras de la Direction de la Recherche, du Développement et de la Qualité de l'Eau d'Eau de Paris écrit: ''Les prélèvements et analyses sont effectués par le laboratoire CARSO, laboratoire agréé pour le contrôle sanitaire de l’ARS 75.'' (65) Leur ''appareil de mesure est incapable de détecter le tritium lorsque sa concentration est inférieure à 8 Bq/l''. (65) En regardant le dernier relevé d'eau de Paris Centre du 1 juillet 2019, on peut constater que la limite de détection est notée inférieure à 10 Bq/l. Suivant les analyses les seuils de détections peuvent légèrement varier. (66) En bref, aucune mesure n'est faite au dessous de 8 Becquerel par litre! Donc, on ne connaît pas la mesure du tritium si elle est inférieure à 8 Bq/l.

Pourtant Eau de Paris dans son communiqué du 19 juillet 2019, mentionne des taux moyens de tritium à 1,22 Bq/l, 0,4 Bq/l, 0,65 Bq/l et 0 Bq/l. http://www.eaudeparis.fr/lespace-culture/actualites/actualite/news/elements-dinformation-sur-la-presence-de-tritium-dans-leau-du-robinet-a-paris/ En toute logique, il est impossible de parvenir à ces taux moyens en l'absence de mesures au dessous de 8 Bq/l à moins de considérer comme zéro ce qui est inférieur à 8 Bq/l. Pourtant inférieure à zéro et zéro, ce n'est pas du tout la même chose. Aussi, selon R. Desbordes physicien, ex-président de la CRIIRAD, désormais porte-parole de la CRIIRAD, ces moyennes sont aberrantes car elles mettent sur le même plan de vrais résultats avec une limite de détection qui ne permet pas de connaître le résultat. (67) Cette manière de s'arranger avec les chiffres par Eau de Paris minimise et biaise sans doute très souvent les moyennes. Sur ce point R. Desbordes est très clair à propos de la moyenne à zéro. Il écrit : ''une moyenne à zéro .. ;c’est doublement impossible : Le zéro est indémontrable et sur X mesures ça veut dire qu’elles sont toutes nulles !! C’est du n’importe quoi ! '' (68)
Aussi, j'ai demandé à Eau de Paris ''Ne pensez-vous pas qu’il y a un biais concernant les taux moyens car l’appareil de mesure de Carso est incapable de détecter le tritium lorsque sa concentration est inférieure à 8 Bq/l?'' (69) A cette question Eau de Paris n'a jamais répondu.
En l'absence d'éclairage d'Eau de Paris à qui j'ai donné la possibilité de s'expliquer (69), on peut conclure que ces taux moyens mentionnés, dans le communiqué d'Eau de Paris, ne sont pas crédibles. Est-ce pour cette raison qu'Eau de Paris n'a pas répondue à ma question ? Pourquoi n'est-il pas précisé dans leur communiqué de presse qu'ils n'ont aucune mesure au dessous de 8 Bq/l? http://www.eaudeparis.fr/lespace-culture/actualites/actualite/news/elements-dinformation-sur-la-presence-de-tritium-dans-leau-du-robinet-a-paris/
Ce n'est pas de la responsabilité d'Eau de Paris, s'ils n'ont aucune mesure inférieure à 8 Bq/l puisque c'est l'Agence Régionale de Santé de Paris qui a choisi Carso et qui décide du seuil de détection du tritium. Techniquement, il est tout à fait possible de baisser ce seuil à 0,1Bq/l, même si cela coûte plus cher. (70)
En bref, les taux moyens indiqués par Eau de Paris donnent une apparence rigoureuse et rationnelle scientifique, mais dans les faits, ils sont très fort probablement (voire certainement) peu crédibles. L'information sur le tritium dans l'eau du robinet des parisiens par Eau de Paris est donc altérée, voire fausse.
Que permet de savoir le site du Ministère de la Santé sur les mesures en tritium de l'eau du robinet ?
Pour obtenir des informations sur l'eau du robinet, il est aussi possible de consulter le site du Ministère de la Santé. http://solidarites-sante.gouv.fr/sante-et-environnement/eaux/article/qualite-de-l-eau-potable
L'ennui est que ce site est très lent, fastidieux et qu'il est impossible de faire une recherche transversale sur le tritium. Par exemple, si vous allez sur ce site, dans l’intention de connaître les résultats des analyses d’eau de Paris Centre une année avant, il vous faudra une patience d’ange. En effet, pour remonter cette chronologie d’une année, à raison de parfois 2 ou 3 relevés par jour, il vous faudra faire environ 700 clics, et donc environ 3500 clics pour remonter la chronologie de 5 années! Et pour 10 années, environ 7000 clics! Cette recherche est dissuasive. COMMENT EST-IL POSSIBLE QUE SUR UN SUJET AUSSI ESSENTIEL A LA VIE, à savoir l'EAU, LE CITOYEN NE PUISSE PAS ACCEDER FACILEMENT AUX DONNEES DE L'EAU DU ROBINET ? D'autant plus, qu'à notre époque, les données de l'eau du robinet sont informatisées et que le Ministère de la Santé a lui accès à toutes les données de l'eau du robinet, de manière transversale, grâce à sa base de donnée Sises Eaux. https://odr.inra.fr/intranet/carto/cartowiki/index.php/BD_SISE-Eaux Est-ce que l'Etat a vraiment la volonté de faire la transparence sur le sujet? Vu ce qui est expliqué précédemment, on peut en douter.

Quelles informations donnent les Agences Régionales de Santé (ARS) de Paris et d'Ile de France sur le tritium dans l'eau du robinet?

Les Agences Régionales de Santé de Paris et Ile de France effectuent le contrôle sanitaire de l'eau et ont accès aux données de l'eau du robinet pour leur région. J'ai demandé à de nombreuses reprises par mail et téléphone (71) à ces ARS les derniers relevés d'eau du robinet de Paris mentionnant le tritium. Ni le service de l'eau, ni le service communication, ni la direction ne me les donnaient. J'ai même été très étonnée d'entendre M. Fiat du service de l'eau de l'ARS 75 dire qu'il n'avait pas le droit de m'envoyer les relevés d'eau que je demandais (relevés de l'eau du robinet de Paris mentionnant le tritium pour les 4 unités de distributions) car il dit que c'est le service communication de l'ARS qui décide de ce qui peut m'être dit. Il m'a expliqué avoir déjà envoyé les réponses que je demandais au service communication de l'ARS 75 et qu'il allait le faire une seconde fois. (téléphone T. Fiat 11/09/19) Après 19 jours sans réponses, j'ai obtenu une réponse de l'ARS le jour où j'ai contacté le Bureau des Eaux du Ministère de la Santé pour leur expliquer, entre autre, que l'ARS ne me donnait pas les relevés d'eau demandés. Ah, une coïncidence! Le service communication de l'ARS m'a alors bien envoyé les quatre derniers bulletins mensuels des unités de distributions de Paris, mais, sans les données du tritium car, dit l'ARS, les résultats du paramètre ''tritium'' ne figurent pas dans les bulletins mensuels ! (72) Etonnant, l'ARS ne mentionne pas le tritium dans ces bulletins mensuels !
En revanche, l'ARS m'a donné un document intéressant sur les données du tritium mesurées une fois par mois sur une année en sortie des 4 réservoirs principaux alimentant Paris (Montsouris, St Cloud, Hay-les-Roses et Lilas). Intéressant mais dangereux document car après l'avoir téléchargé, mon ordinateur était bloqué. Un virus informatique! Peut être encore une coïncidence!
Ce dernier document m'a permis de constater que pour les réservoirs de Paris, il y avait une limite de détection au tritium en générale dite ''inférieure à'' 8, 9 ou 10, et quelques valeurs mesurées à 8, 9, 10, 11 ou 12 Bq/l de tritium. Voilà une confirmation supplémentaire comme quoi le tritium n'est pas recherché au dessous de 8 Bq/l. Ceci tend à décrédibiliser définitivement les moyennes de l'entreprise Eau de Paris sur le tritium dans l'eau du robinet de Paris.

Que nous apprend l'ACRO sur les mesures de tritium dans l'eau du robinet des franciliens ?

De son côté, l'Acro a fait son étude sur le tritium dans l'eau du robinet en France en se basant sur les données Sises-Eaux fournies par le Ministère de la Santé. Leur carte interactive du tritium dans l'eau du robinet http://www.acro.eu.org/carteeaupotable/index.html#7/48.038/2.494 est particulièrement utile et intéressante pour notre sujet. Malheureusement, il y a trois bémoles à cette carte. Un: cette carte est incomplète car elle a été faite seulement avec les données de 2016 et 2017. (73) Or, dans de nombreuses communes, le contrôle du tritium n'est fait que tous les 5 ans, voire 12 ans. (74) Deux: l'Acro n'a que les moyennes annuelles du tritium dans l'eau du robinet en France, de 2016 et 2017, mais pas le détail. (75) Aussi, sachant que chaque moyenne annuelle est le résultat de 12 moyennes mensuelles, c'est comme si la carte de l'Acro était faite à partir d'une moyenne générale pour 2016, 2017 basée sur 24 moyennes mensuelles. Ceci aplanit considérablement la moyenne finale et n'informe, pas du tout, sur les éventuelles variations du tritium dans l'eau du robinet, suivant les mois ou les lieux. S'ajoute un troisième problème qu'explique D. Boilley de l'Acro. La réglementation pour le tritium dans l'eau du robinet '' impose une limite de détection de 10 Bq/l''. Dit autrement: la radioactivité du tritium n'est pas mesurée au dessous de 10 Bq/l, en théorie. Et, en pratique, ça peut légèrement varier en fonction des laboratoires et des mesures. A ce propos, D. Boilley écrit: ''Nous sommes conscients que c'est un biais des données qui nous ont été fournies. C'est pourquoi nous voulons effectuer des contrôles indépendants.'' (76)
Voilà qui est dit: ''un biais". L'Acro fait la transparence sur ce point contrairement à Eau de Paris.
Ce biais pose le problème des valeurs moyennes données par le Ministère de le Santé à l'Acro.
La carte de l'Acro permet de savoir qu'il y a des ''moyennes'' beaucoup plus élevées de tritium dans l'eau du robinet en Ile de France qu'à Paris, pouvant atteindre 15 Bq/l. (77)

Ne trouvez-vous pas étonnant que ce soit l'Acro, une association, qui fasse cette carte? Ne pensez-vous pas que c'est l'Etat qui aurait dû la faire et la mettre sur internet? D'autant plus que les sénateurs ont alerté sur les dangers du tritium et conseillé ''le principe de précaution et de tout mettre en oeuvre pour réduire au maximum l'exposition au tritium des travailleurs et des populations''. (78)

Est-ce que les autorités compétentes sur les mesures de la radioactivité dans les nappes phréatiques et l’air donnent les informations nécessaires à cette recherche? 

Pour déterminer l'origine de la pollution en tritium, il est nécessaire d'avoir les données mesurées du tritium dans les nappes phréatiques, les cours d'eau et dans l'air.
Deux instances ont ces données. L'Autorité de Sûreté Nucléaire (ASN) qui a, entre autre, le rôle de contrôle de l'industrie nucléaire et d'information au public. Et, l'Institut de Radioprotection et de Sûreté Nucléaire (IRSN) qui a, entre autre, pour mission la protection de l'homme et de l'environnement contre les rayonnements ionisants.
Leur site internet https://www.mesure-radioactivite.fr/#/ donne des informations précieuses sur le tritium dans l'environnement comme les quantités de tritium dans l'air et dans l'eau douce près des industries nucléaires. Néanmoins, j'ai aussi vu sur ce site divers problèmes dont des incohérences sur les graphiques qui m'ont fait douter de la fiabilité des données de ce site internet. Par exemple, les graphiques du CEA de Saclay pour le tritium dans l' ''eau de nappe phréatique'' ou l' ''eau de pluie'' ou la totalité des ''eaux douces'' (comprenant l'eau de nappe phréatique et l'eau de pluie) avaient les mêmes valeurs pour les même dates. Elles étaient exactement les mêmes. C'est une incohérence remarquable car le graphique de la totalité des ''eaux douces'' aurait dû additionner toutes les eaux douces donc aussi celles de l'eau de nappe phréatique et l'eau de pluie. Sur ce site, il y avait aussi des incohérences de dates entre les résultats du graphique et du tableau. Par exemple, pour le CEA de Bruyères-le-Châtel sur le graphique les résultats s'arrêtaient en 2015, alors que sur le tableau, il y avait un résultat en 2018. En bref, le site se contredit parfois lui même.
J'ai expliqué en grande partie tout ceci au service presse de l'ASN (79). 24 heures plus tard, les graphiques qui m'intéressaient n'étaient plus accessibles sur leur site et ceci jusqu'à aujourd'hui. Et, un tableau concernant le CEA de Saclay qui m'intéressait en Becquerel par litre a été transformé en tableau en Becquerel par mètre cube. J'ai demandé pourquoi à l'ASN. (80) Pas de réponse. Les jours qui ont suivi de nombreuses fonctionnalités du site dysfonctionnaient. C'est étonnant et inquiétant que l'ASN chargée de la sécurité du nucléaire n'ait pas un site fiable à tout point de vu. Les données intéressantes sur ce site internet sont difficiles à trouver. Si vous voulez les trouver, il vous faut aller sur la page ''Téléchargement'' puis aller au bas de la page sur l'onglet ''Télécharger''.
Une petite réflexion: Il est remarquable de constater, que lorsqu'il y a un problème de données concernant le tritium dans l'eau du robinet ou l'environnement, que ce soit avec Eau de Paris, les donnés du Ministère, ou le site de l'ASN/IRSN, alors les résultats biaisés ou incohérents minimisent toujours les quantités de tritium. Est-ce une coïncidence ?
L'ASN a fourni des informations intéressantes et attesté la pollution en tritium par la centrale nucléaire de Nogent sur Seine. Malheureusement, nombreuses de leurs réponses ont souvent manquées de précisions, malgré mes questions répétées. Par exemple, l'ASN parle par mail de ''marquage de nappe'', de ''limite de détection'', de ''risque sanitaire''. Mais, quand je leur demande de définir ces mots avec des valeurs chiffrées, alors l'ASN reste muette. Ceci fait un effet de flou car il n'y a pas de chiffres auxquels se référer. L'ASN n'a pas répondu à de nombreuses questions importantes pour cet article (81) et n'a pas évoqué l'hypothèse très fortement probable et sérieuse du CEA de Bruyères-le-Châtel pouvant expliquer la pollution en tritium dans l'eau du robinet des franciliens. En outre, ils ont attiré mon attention sur les hypothèses les moins probables et, donc, les moins intéressantes (ex: hôpitaux).
De son côté l'IRSN a répondu mes questions après plusieurs relances de ma part et presque un mois et demi d'attente sans aucune perspective de voir une réponse arriver. (82) (90)
Il y aurait-il des résistances de la part des autorités responsables de la gestion de l'eau (Eau de Paris, ARS) ainsi que de certaines instances de l'Etat responsable de la sûreté du nucléaires (ASN, IRSN) à communiquer sur la question de l'origine de la pollution en tritium de l'eau du robinet des franciliens?
Cette opacité et cette résistance sont d'autant plus inquiétantes que de nombreux autres éléments radioactifs venant de l'industrie nucléaire peuvent se retrouver dans l'eau du robinet: tel le césium 137, l'iode 131, le strontium 90 ou même l'uranium 238 et le plutonium. (95) (107)

Quelle conclusion tirer de cette recherche sur l'origine du tritium dans l'eau du robinet des franciliens ?

Il y a une certitude: la centrale nucléaire de Nogent sur Seine a une responsabilité dans la pollution en tritium de l'eau du robinet de Paris. Et, il y a des hypothèses très sérieuses et très fort probables, voire certaine, pour expliquer la pollution en tritium de l'eau du robinet de Paris et de l'Ile de France. En haut de la liste, il y a les rejets en tritium du CEA de Bruyères-le-Châtel, puis les rejets du CEA de Saclay. Le CEA de Fontenay-aux-Roses semble moins être impliqué.
Il y a une grande carence ou opacité des données concernant le tritium dans l'eau du robinet des franciliens pour quatre raisons. Les mesures ne sont pas concluantes, comme le montre l’exemple des mesures au dessous de 8 Bq/l. Les moyennes d'Eau de Paris et de l'Acro sont biaisées. La transparence est insuffisante. L'accès à de nombreuses données est entravé, comme le montre l’exemple du site internet du Ministère de la Santé. Et, il faut énormément de persévérance avant d'obtenir les relevés de l'eau du robinet de l'Agence Régionale de Santé. Autant dire que le citoyen n'a pas suffisamment accès aux données du tritium dans l'eau du robinet des franciliens et que les valeurs des mesures restent aléatoires, comme le montre les campagnes de mesures de tritium en basses concentrations.
Concernant les données du tritium dans l'environnement, il y a des problèmes majeurs. Sur le site de l'ASN concernant la nappe phréatique du CEA de Bruyères-le-Châtel les données sont quasi absentes alors que ce site a produit d'énormes quantité de tritium. Les données et bilans relatifs au tritium produit, stocké ou utilisé par cette installation ne sont pas accessibles, alors qu’il faut admettre qu’ils pourraient avoir une emprise déterminante dans le cadre de la pollution de la nappe phréatique. De même, il serait l’heure de clarifier les diverses expériences de dispersion de tritium, comme celle menée en 1986/1987.
Un dernier problème majeur est qu'il n'existe aucune cartographie de la France permettant de comprendre d'où viennent les pollutions en tritium. Aussi, il faudrait, selon la CRIIRAD, que les Agence Régionale de Santé et le Bureau de l'eau du Ministère des Solidarités et de la Santé imposent aux laboratoires un seuil de détection du tritium plus bas (par ex : 0,5 Bq/l) pour pouvoir faire cette carte. (22) Y. Pavageau et B. Jédor du Bureau de l'eau du Ministère des Solidarités et de la Santé, n'ont pas répondu lorsque je leur ai demandé s'ils envisageaient de diminuer la limite de détection du tritium de l’eau du robinet. (85)
A qui profite l'ignorance créée par cette carence ou opacité d'information? L'industrie du nucléaire civile et militaire ?
Chaque citoyen devrait pouvoir accéder facilement et en détails aux informations de l'eau du robinet sur le site du Ministère de la Santé. Sur ce site, une étude transversale devrait être possible.
Pourquoi ?
Car c’est avec l’argent du contribuable que sont faites ces analyses ;
car la radioactivité peut-être un risque ou un danger pour la santé ;
car l’eau est un bien commun ;
et car le citoyen pourrait alors exercer une vérification du respect des normes. Ce qui est son droit. (83)

Liste des abréviations
ACRO = Association pour le Contrôle de la Radioactivité dans l’Ouest
ARS = Agence régionale de Santé
ASN = Autorité de Sûreté Nucléaire
BRGM = Bureau de Recherches Géologiques et Minières
CEA = Commissariat à l'Énergie Atomique
CRIIRAD = Commission de Recherche et d’Information Indépendantes sur la Radioactivité
DRIEE = Direction régionale et interdépartementale de l'Environnement et de l'Énergie
IRSN = Institut de radioprotection et de sûreté nucléaire

Notes
65-mail M. Xiberras de la Direction de la Recherche, du Développement et de la Qualité de l'Eau d'Eau de Paris 24/04/18

66-mail R. Desbordes 8/09/19

67-mail R. Desbordes 4/09/19

68-mail R. Desbordes 27/08/19

69-mail Eau de Paris 27/08/19 et 2/9/19 à M. Xiberras et au service presse d'Eau de Paris

70-mail R. Desbordes 4/09/19

71-mail 4/09/19 T. Fiat et Y. Zamde du service de l'eau; mail 6/9/19 E. Puech; mail 11/09/19 E. Puech; mail le 13/09/19 et 18/09/19 à la direction de l'ARS d'Ile de France, T. Fiat, Y. Zamde, E. Puech; appel téléphonique de ma part à la direction de l'ARS le 23/09/19

72-mail service communication ARS 25/09/19

73-mail G. Rougier de l'Acro 30/08/19

74-p.10 https://solidarites-sante.gouv.fr/IMG/pdf/bilrad09-2.pdf

75-mail D. Boilley 14/09/19
76-mail D. Boilley 30/08/19

77-ex: Sainte Geneviève des Bois 15 Bq/l, Saint Michel sur Orge 15 Bq/l, Longpont sur Orge 15 Bq/l, Villiers sur Orge 15 Bq/l, Corbeil Essonnes 15,4 Bq/l, vigneus sur Seine 14,9 Bq/l, Morsang sur Seine 13,5 Bq/l, etc http://www.acro.eu.org/carteeaupotable/index.html#6/46.991/3.530

78-https://www.senat.fr/rap/r97-179-2/r97-179-212.html Pour prévenir les risques du tritium, il faudrait d'abord faire l'état des lieux du problème.

79-mail que j'ai envoyé au service presse de l'ASN le 17/09/19

80-mail que j'ai envoyé au service presse de l'ASN le 19/09/19

81-mail de ma part à l'ASN 18/09/19 et 23/09/19 Pourquoi il y a-t-il seulement 2 mesures de l’ eau du robinet pour le CEA de Bruyères-le-Châtel sur votre site alors que les résultats de cette eau du robinet étaient de 23 et 20 Bq/l en 2010? Pourquoi il y a-t-il si peu de résultats pour et autour de ce Cea, sachant qu’il produit beaucoup de tritium? Avez-vous plus d’informations sur les nappes phréatiques sous ou près du Cea de Bruyères-le-Châtel? A propos de la nappe phréatique du site du Cea de Bruyères-le-Châtel vous m’écriviez « Il y a un marquage de la nappe » . Qu’entendez-vous par marquage? 3 Bq/l ou des milliers de Bq/l? A propos du Cea de Bruyères-le-Châtel vous écrivez « Il y a un marquage de la nappe au droit du site qui reste relativement circonscrit » Comment fait le Cea pour circonscrire ce tritium sachant que le tritium traverse quasiment tout ( béton, métal ) et a une grande affinité avec l’eau? A propos de votre phrase « Pour Saclay : Il y a un marquage de la nappe au droit du site ne présentant pas de risque sanitaire ». A partir de quel moment pour l’Asn, il y a un risque sanitaire? 10 000 Bq/l?

82-mail de ma part à l'ASN 12/09/19, 20/09/19, 1/10/19, 21/10/19

83-''L’usager dispose d’une information sur la qualité de l’eau, ponctuelle et synthétique, par voie directe et indirecte. Cette information lui permet d’être acteur de sa protection, notamment en cas de non-respect des exigences de qualité.'' https://www.iledefrance.ars.sante.fr/leau-de-consommation-en-ile-de-france

84-http://www.leparisien.fr/val-de-marne-94/ile-de-france-d-ou-vient-le-tritium-qui-pollue-l-eau-du-robinet-18-07-2019-8119734.php

85-mail à Y. Pavageau et A. Robin 25/09/19, mail à Y. Pavageau et B. Jédor 8/10/19 
90-mail service presse IRSN 23/10/19
95-R. Desbordes 2018
107-mail M. Buser 25/10/19

 

© Tous Droits Réservés. Cet article peut être copié seulement par les sites internets à but non lucratif et en mentionnant '' © Tous droits réservés '' et l'auteur de l'article.

Le Club est l'espace de libre expression des abonnés de Mediapart. Ses contenus n'engagent pas la rédaction.