Outreau : FR3 diffuse le 8 septembre le film « Présumé coupable » sur l’un des acquittés, l’huissier de justice Alain Marécaux

Jacques Thomet défenseur des enfants Jacques Thomet défenseur des enfants

Ainsi que je l’ai fait pour mon livre « Retour à Outreau-Contre-enquête sur une manipulation pédocriminelle » (Editions Kontrekulture), vous devez voir ce film pour comprendre comment et combien la réalité des faits dans cette affaire de viols d’enfants a ét…é tronquée, y compris dans ce long métrage de Vincent Garenq. L’acteur Philippe Torreton y interprète le rôle de l’huissier de justice.

Pourtant digne d’éloges pour une remarquable enquête présentée par Elise Lucet en 1999 sur l’horreur pédocriminelle en France, que je vous recommande de voir, le canal FR3 se fourvoie avec cette diffusion de « Présumé coupable », sans la faire suivre par un débat contradictoire. Il va sans dire que j’aurais aimé y participer.

Avant FR3 le 8 septembre (20H45), je me dois de replacer ici le dossier dans son contexte véritable, pour votre gouverne. J’ai repris ici des extraits de mon livre « Retour à Outreau », car les téléspectateurs ne vont pas manquer de prendre pour argent comptant les séquences à charge contre les enquêteurs et le juge Fabrice Burgaud. Ce ne serait pas équitable.

Si les acquittés bénéficient du droit à l’oubli, cette exigence tombe d’elle-même quand une version unilatérale et biaisée des faits réels est présentée sur la télévision publique, payée par la redevance audiovisuelle de tous les Français. C’est la raison de mon intervention ici.

J’ai vu le film et l’ai revu.

Après en avoir annoté le contenu dans son entier, j’ai interrogé le juge Burgaud sur chacune des scènes destructives pour l’image de la justice et de la police, d’abord quant à son attitude devant l’huissier. Sa réaction immédiate, la première et la seule jusqu’ici connue, mérite le détour, pour contrebalancer les assertions du prévenu ensuite acquitté.

Quand Alain Marécaux est arrêté le 14 novembre 2001 à l’aube, à son domicile avant sa garde à vue puis sa mise en détention provisoire par son collègue, juge des libertés et de la détention (JLD), Maurice Marlière, on le voit demander au juge Burgaud, dans le film, de montrer sa carte professionnelle. Le magistrat la lance avec mépris sur une desserte. « Je n’ai jamais jeté ma carte sur la table, c’est une pure invention. Je me suis présenté comme s’est présenté le commissaire de police Masson. Je lui ai présenté ma carte comme il me le demandait, avant de la ranger immédiatement dans ma veste », m’a précisé Fabrice Burgaud. Ce n’est pas un détail. Une image, fausse comme celle-là, frappe plus que dix mille mots !

(Il convient d’insister sur le fait que le juge Burgaud n’a mis en détention provisoire AUCUN des 18 accusés. Cette prérogative, depuis une loi de 2000, appartient au JLD)

Pendant la perquisition des lieux, la pellicule relate le tutoiement immédiat d’Alain Marécaux par les policiers, et sa mise sous menottes avec le claquement des fers. Le juge s’insurge contre un tel « mensonge » : « Devant moi, les policiers n’ont pas tutoyé Alain Marécaux. Celui-ci n’était d’ailleurs pas menotté. Connaissant mes enquêteurs, je pense qu’ils ne l’ont pas tutoyé même en mon absence. »

Dans le film, l’huissier avoue avoir regardé « à deux reprises » des sites homosexuels, comme pour s’en défendre, alors que personne n’avait l’intention de le lui reprocher. « Il téléphonait aussi sur des sites pornographiques », conteste le juge Burgaud pour remettre les pendules à l’heure. À propos de la découverte, dans une armoire de la maison Marécaux, « d’une revue pour enfant enroulée dans un magazine Gay vidéo, revue très ‘hard’ avec de jeunes gens représentés notamment en scouts, l’un des enfants victimes à Outreau avait affirmé qu’il s’agissait de choisir un cadeau après avoir fait comme les personnes sur le magazine porno », ajoute le juge. « Aucune explication crédible n’a été donnée par Alain Marécaux sur ce point précis, à part une soi-disant blague projetée, mais jamais faite des mois avant », assure M. Burgaud. Dans les auditions du couple Marécaux, cette revue aurait servi selon eux à en découper des photos pour montrer à la sœur de Mme Marécaux « ce qu’elle allait perdre avec son mariage ». Le magazine en question, intact quand il a été saisi par les enquêteurs, « n’a jamais servi » à une telle initiative, assure le magistrat.

« Présumé coupable » suscite surtout l’indignation du spectateur avec la présumée indifférence du même juge face à l’huissier endeuillé par la mort de sa mère pendant sa détention, avec l’échange suivant rapporté par le film : « Votre mère ?, demande Fabrice Burgaud. – Elle vient de mourir. – Je sais. Que faisait-elle avant ? – Commerçante. »

Le magistrat conteste avec force un tel dialogue quand il a appris ce décès. « J’ai proposé à Alain Marécaux et à son avocat de reporter l’interrogatoire de curriculum vitæ. C’est lui qui a insisté pour qu’il ait lieu le jour même, comme il avait été extrait. Je lui ai présenté mes condoléances avant l’interrogatoire et l’ai autorisé à sortir de prison pour aller se recueillir sur le corps de sa mère une première fois, puis à sortir une deuxième fois pour assister aux obsèques », souligne le juge, qui tient à fournir les précisions suivantes sur l’huissier : « Sa mère ne s’est pas laissée mourir de faim comme il le prétend. Elle était gravement malade du cœur depuis des années. C’est ce que son avocat m’a alors expliqué. Les courriers figurent dans le dossier. »

Dans le film, on voit effectivement l’huissier en pleurs sur la dépouille de sa mère, mais pas les obsèques auxquelles il a pu assister dans la réalité. Sur la forme encore, « Présumé coupable » prend des libertés surprenantes dans son compte rendu des assises à Saint- Omer, quand on sait combien le contexte des audiences a pu laminer la parole des enfants violés.

Ces petites victimes, douze reconnues comme telles et indemnisées par l’Etat ? On ne les voit pas à la barre, excepté l’un des douze garçonnets pendant quelques secondes, sourire aux lèvres, assis dans un siège, alors qu’il a passé dans la réalité plus de cinq heures à subir les invectives de la plupart des 18 avocats payés par les accusés.

Quand on réalise un film sur un fait-divers, l’exigence première du metteur en scène et de son dialoguiste consiste à enquêter à charge et à décharge, comme un juge, et surtout de lire le dossier judicaire. Manifestement, ce n’a pas été le cas. Ou alors, on met en boîte une fiction, avec des noms d’emprunt. Or le film annonce la couleur d’entrée. Il s’agit d’Alain Marécaux !

Les prévenus ? La caméra les surprend dans le box des accusés, contrairement à la vérité. Ils avaient été en fait relégués au milieu du public et des journalistes, dans le fond de la salle d’audience à Saint-Omer, en 2004. Ils se rebellaient même à haute voix, impunément, quand des enfants les accusaient, comme ce fut le cas pour l’abbé Dominique Wiel, selon des témoignages concordants.

À Saint-Omer, les mineurs violés avaient été contraints de prendre leur place dans ce même box des accusés ! Ce fut d’une totale indécence, admise devant moi par l’un des juges chargés d’organiser les assises. À aucun moment le spectateur ne verra cette scène sans précédent dans les annales, ni ne percevra le climat de mise à mort par la défense contre les enfants, les experts et le juge Fabrice Burgaud.

Sur le fond, le film oublie hélas le principal : les aveux d’Alain Marécaux, mais aussi les accusations de Dimitri Delay contre lui. L’huissier répète dans le tournage, en les rejetant, qu’il connaissait à peine ce garçon, copain de l’un de ses enfants à l’école primaire. Dans l’une de ses auditions devant le juge Burgaud, Dimitri Delay (l’un des 12 enfants reconnus comme victimes à Outreau), à qui le magistrat présente un album de photos sans lui dire de quoi ni de qui il s’agit, reconnaît d’emblée la chambre d’Alain Marécaux, l’un de ses agresseurs présumés, et d’autres pièces de sa maison. Un fait important n’a pas été consigné dans la cote judiciaire 915, qui relate la révélation de l’enfant devant le juge à la vue des clichés : la présence d’un tapis zébré sur le sol. Cet élément fondamental m’a été dévoilé par Fabrice Burgaud en juin 2012. On n’invente pas une telle précision. À moins que… Dans un acte d’une perversité sans précédent chez un gamin âgé de neuf ans à l’époque, n’aurait-il pas décidé d’accuser l’huissier, et, pour ce faire, de se faire décrire à la récréation, par le fils Marécaux qu’il connaissait, l’intérieur de leur domicile, en prévoyant qu’un jour le juge lui en montrerait des photos ? Aucun auteur de roman policier au monde ne s’est encore risqué à avancer une telle intrigue.

N’oublions pas que les jurés, les juges et les avocats avaient affaire à des enfants quand ils ont été entendus en 2001 par Fabrice Burgaud ! La fillette du couple Marécaux avait appris aux enquêteurs une surprenante coutume dans sa famille, quand des amis partageaient une fondue avec ses parents et leur progéniture : « Si on laissait tomber le pain dans la marmite, on avait un gage : se mettre nu dans l’escalier. »

C’est la même enfant qui fera deux révélations de taille aux enquêteurs (cote 1456 du 2 avril 2002) : elle a vu un jour son père parler sur le palier avec Sandrine Lavier, future acquittée, et Julien R, l’un des douze enfants reconnus comme victimes, a dormi une fois chez elle avec ses parents à lui. L’huissier avait assuré au juge ne connaître ni l’une ni les autres.
Comment ce dignitaire, qui passait chaque semaine à la Tour du Renard pour son office ministériel, selon son propre témoignage, n’a-t-il ni entendu aucun commentaire dans les étages des huit immeubles sur ses habitants interpellés, ni lu la presse, ni regardé la télévision ? Aucune séquence du film ne nous relate ces faits.

On ne peut qu’être davantage surpris par l’absence de l’une ou l’autre des auditions où le fils cadet d’Alain Marécaux révèle, puis réitère les attouchements sexuels commis par lui à son encontre. Un exemple entre autres, tiré de la cote 1790 (15 mai 2002). L’enfant se trouve avec son avocat devant le juge : « Oui, papa me tirait le zizi, dit-il. Il le faisait exprès. J’ai peur d’en parler pour ne pas faire de mal à mon père. Il m’a menacé de ne plus me faire de câlins si je le disais. C’est la vérité, personne ne m’a dit de le dire. (Mon frère) essayait de m’étrangler en famille d’accueil pour ne pas que je parle. Je veux que L., mon grand-père, arrête de me dire qu’il ne faut rien dire. »

Dès le 27 novembre 2001, l’enfant s’était confié devant les assistants sociaux de l’UTASS au restaurant McDonald local sur les étranges relations de son père avec lui (cote 919). Devant les policiers, le 17 décembre 2001, le petit confirme ses dires (cote 985).
Ses accusations devant la police et le juge, il devait les réitérer dans la fameuse audience à huis-clos à Saint-Omer. C’est là que l’huissier avait fini par reconnaître les faits : « Je suis coupable, mais… » Comme cet aveu, étrangement rapporté par le président Jean-Claude Monier devant l’IGSJ en 2006, n’a pas été acté par lui, il n’a aucune valeur judiciaire. Alain Marécaux ne cesse de démentir la moindre implication de ce genre dans le film, et de s’y demander pourquoi son fils l’a ainsi accusé quand le juge lui en fait part.

(Ce paragraphe qui commence par « Dès le 27 novembre 2001″ et s’achève sur « lui en fait part » est intégralement tiré de mon livre « Retour à Outreau »)

Le tête-à-tête entre le père et l’enfant, pendant cette audience cruciale, ne figure pas dans le long métrage. L’huissier y laisse seulement entendre que son fils a pu subir l’influence de Dimitri Delay pour lâcher en public une telle suspicion. Tous les pères et grands-pères, dont je fais partie, auront du mal à imaginer qu’un fils puisse accuser son géniteur de telles horreurs sous l’influence d’un copain de classe.

Ces précisions contrebalancent la version idyllique d’Alain Marécaux sur une famille aimante et unie, mais soudain détruite par une justice abominable. Or ce film était encore présenté en 2012 dans des écoles. On imagine la réaction des élèves, futurs citoyens, à l’égard du corps judiciaire. Aucune séquence du long métrage n’a montré la réalité de la vie familiale chez l’huissier, décrite par Élodie, la sœur de Mme Marécaux (cote 1027 déjà citée), devant la police.

Odile Polvèche, épouse de l’huissier, avait été hospitalisée en juin 2001 après avoir absorbé des médicaments, selon son fils aîné, Matthieu (cote 1046 du 18 décembre 2001 – Audition devant la police). Sa collègue évoque plus loin une « tentative de suicide ». C’est à cette époque qu’avaient filtré les accusations d’enfants. L’année suivante, elle avait confié son vécu tragique à sa soeur Élodie, dans une lettre saisie par les autorités et actée par le juge Fabrice Burgaud dans la cote 1509 du 15 avril 2002. Pour respecter sa vie privée, je n’ai pas publié le contenu de ce courrier.

Les rapports chaleureux entre l’huissier et ses enfants, tels que les montre le film, ne correspondent guère à la réalité, si l’on en croit les petits alors entendus par les autorités. L’aîné, alors âgé de 13 ans, se confie à la police le 18 décembre 2001 (cote 1046). Son frère cadet confirme ses dires le 15 mai 2002 devant Fabrice Burgaud (cote 1790).

Le jour même où s’ouvrait le procès en appel à Paris, le 7 novembre 2005, la présidente des assises, Odile Mondineu-Hederer, avait reçu et annexé au dossier la copie d’un courrier adressé à son avocat par l’épouse de l’huissier, et peu amène à l’égard de son mari. À ma connaissance, cet élément fondamental n’a pas été débattu en séance, alors qu’il avait bien été enregistré par le greffier.

(Voyez mon livre pour les détails de toutes ces cotes judiciaires citées)

Un tel décalage entre le film et le dossier judiciaire exigeait d’obtenir la réaction du comédien Philippe Torreton dans cette investigation. Le 14 janvier 2013, j’ai donc adressé cette demande auprès de son agent, la société Artmédia à Paris : « (…) Comme cette enquête inclut l’analyse du film Présumé coupable, je souhaiterais joindre Philippe Torreton par courriel, pour évoquer avec lui son interprétation du vécu relaté par l’un des accusés, ensuite acquitté par les Assises. Un tel contact lui permettra de donner sa version sur les faits que je relate après l’analyse des 30 000 pages du dossier judicaire et de tous les rapports annexes. (…) » Il ne m’a jamais contacté, malgré mes relances ultérieures.

Si j’ai tenu à mettre ici les points sur les « i », c’est pour m’insurger contre le viol de la réalité dans « Présumé coupable », et les conséquences d’un tel déni de justice.

A cause d’Outreau et de la fausse relation de ce vrai scandale pédocriminel par les médias et surtout le pouvoir politique de l’époque, les petits innocents violés aujourd’hui par un père, un oncle, le grand-père ou un tonton ne sont plus écoutés, dans de multiples cas que je connais.
La procédure Mélanie, qui exige l’enregistrement audiovisuel du petit plaignant dès sa première audition par les autorités, n’est que rarement respectée.

Ce film, présenté dans des écoles, et maintenant sur la télévision publique, ne peut que susciter insidieusement aux enfants victimes l’envie de ne pas parler, et in fine une haine contre la justice des futurs adultes en charge du pays.

Mais « Présumé coupable » n’est pas le seul à propager une image noire de la magistrature. L’abbé Dominique Wiel, l’un des adultes les plus cités dans le dossier judiciaire, puis acquitté en 2005, n’a cessé depuis de se répandre dans des conférences et dans un livre sur le « mensonge » des enfants d’Outreau. Il ne cesse de remettre en cause la chose jugée, impunément, ce qui est contraire à la loi.

Un autre personnage, le député de droite Philippe Houillon, rapporteur de la commission parlementaire sur Outreau en 2006, n’a pas hésité, lui non plus, à écrire dans un livre que les enfants d’Outreau allaient toucher des indemnités pour des viols imaginaires. Il a lui aussi remis en cause la chose jugée, impunément. Dans le seul débat où j’ai été invité par Arnaud Hardouin à parler de mon livre « Retour à Outreau », sur la chaîne parlementaire (LCP) en mars 2013, j’avais demandé à M. Houillon s’il allait un jour s’excuser auprès des enfants violés pour ces paroles malheureuses. Il a ri. Voyez la séquence dans les archives.

Alors, que les thuriféraires des acquittés, et leurs avocats, me tombent dessus, si bon leur semble, pour n’avoir relaté que la vérité, sans avoir mis une seule fois en cause la chose jugée. Je les attends, de pied ferme.

Source: http://www.jacquesthomet.com/jacquesthomet/2014/09/01/outreau-fr3-diffuse-le-8-septembre-le-film-prsum-coupable-sur-lun-des-acquitts-lhuissier-de-justice-alain-marcaux/

 

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"Pitié Alain Marécaux, acquitté d'Outreau, arrêtez votre cinoche!"

http://blogs.mediapart.fr/blog/caprouille/020914/pitie-alain-marecaux-acquitte-doutreau-arretez-votre-cinoche

Je peux comprendre que l'approche du procès de Daniel Legrand prévu le 18 mai 2015[1] peut mettre une certaine pression sur les acquittés et leur défense mais je sature de voir que l'information concernant l'histoire de l'affaire d'Outreau passe par la version mensongère que vous en avez fait. [2]

Vous semblez avoir la mémoire défaillante, je vous offre la possibilité de la rafraîchir. C'est cadeau, ne me remerciez pas.

Le 6 septembre 1996, vous vous présentez chez les Delay, en qualité d'huissier, pour y faire l'inventaire des biens saisissables afin d'épurer leur maigre dette envers les ASSEDIC. Bien qu'ils aient des meubles neufs achetés récemment avec l'argent de Malik Badaoui, frère de Myriam, vous envoyé un courrier le 11 septembre au créancier pour l'informer indûment de l'insolvabilité du débiteur.

 

salle à manger des Delay salle à manger des Delay

 

Puis vous allez être revu en plusieurs occasions chez les Delay, par divers témoins, enfants et adultes, à des heures qui ne peuvent s'expliquer par des motifs professionnels. (D2204) :

 

déclaration de Nadine Hocq déclaration de Nadine Hocq

Quand le 22 février 2001 les Delay ont été arrêtés, vous en avez été informé le lendemain puis vous avez couru chez votre coiffeur pour qu'il vous fasse une nouvelle tête. (D1053)

 

Déclaration du coiffeur de Marécaux Déclaration du coiffeur de Marécaux

 

Votre épouse Odile Polvêche change aussi de tête au même moment. Elle fait une tentative de suicide dans la foulée. Quelques jours plus tard, rencontrant le jeune D.D. elle tentera de l'intimider lui disant de ne pas répéter ce qui s'est passé chez ses parents et chez elle. Il faut rappeler quelques mois auparavant, quand le jeune D.D. avait été placé dans sa famille d'accueil, Odile avait alors questionné l'assistante maternelle, lui demandant si Dimitri se confiait à elle.

Un peu plus tard, dans le cadre de l'instruction, le juge Burgaud reçoit D.D. en présence de son avocate et de la greffière. Quand le gamin s'approche du bureau, apercevant pèle-mêle quelques photos, et alors que personne ne lui a dit quoi que ce soit, il s'écrie spontanément : « Mais c'est la chambre de Monsieur Marico! »

Je vous colle une photo souvenir, pour vous aider à sortir de votre amnésie sélective :

 

Chambre d'Alain Marécaux Chambre d'Alain Marécaux

 

Le petit n'a pas seulement reconnu la chambre, il a aussi fait des descriptions très précises concernant les temps et circonstances de sa venue chez vous. Le plus révoltant est la lecture des noms de vos complices, impunis à ce jour : vous-même, Thierry Dausque, Jimmy Caron, Frédéric Tantillier, le curé Dominique Wiel, Philippe Leperce, le Taxi Martel, Louis -Degardin, le quincailler...

 

Déclaration d'un enfant victime de Marécaux Déclaration d'un enfant victime de Marécaux
Déclaration d'un enfant victime de Marécaux Déclaration d'un enfant victime de Marécaux

Il expliqua au magistrat la façon dont vous procédiez pour violer les enfants afin d'obtenir d'eux une plus grande acceptation de l'ignominie dont vous les couvriez. Ils devaient choisir le cadeau qu'ils allaient recevoir dans un catalogue Playmobil, puis ils devaient choisir la façon dont vous alliez les violer dans le Gay-Vidéo (revue porno homo). Cette revue a été trouvée chez vous, le catalogue de jouets enroulé dedans...

Le jeune D.D. précisa qu'il s'était rendu chez vous accompagné du "Taxi Martel".

Thierry Dausque violent et violeur d'enfants Thierry Dausque violent et violeur d'enfants
 S'il a bien exprimé n'être allé se faire violer en réunion chez vous qu'une seule fois, votre fille Cécile (3)  a elle-même reconnu clairement Thierry Dausque, mais, tout comme votre fils FX qui l'a aussi identifié, elle croyait qu'il s'appelait Giovanni, nom de son propre fils.

Elle a aussi reconnu Sandrine Lavier, J.R (4) et ses parents, précisant que ces derniers ont dormi chez vous.(D726)

Daniel Legrand fils, Aurélie Grenon, David Delplanque et de nombreux enfants confirment votre participation aux soirées pédo-orgiaques, mais ce n'est pas pour ces raisons-là que vous vous êtes trouvé devant le Tribunal de Saint Omer, impliqué dans cette affaire.

Votre fils FX a déclaré que vous lui tiriez le zizi, que vous lui enleviez le bas du pyjama pour jouer avec lui à la machine à bisous. Pendant ce que vous appelez « un jeu », vous lui faisiez des bisous vraiment partout, y compris sur le zizi !

FX a précisé que cela se passait chez vous, en l'absence de sa maman, tous les vendredis et que cela a duré un an et demi environ.

« Papa s'allonge dans mon lit, il s'allonge sur moi... Après papa il abaisse mon pantalon de pyjama et il tire mon zizi... »


Déclaration de FX Marécaux Déclaration de FX Marécaux


« Parce qu'il enlevait mon pantalon, il jetait en dehors de mon lit. Il touchait mon zizi quelques minutes . Et c'est là qu'il devenait dur... Il le touchait juste avec les mains... Après quand c'est fini il sort de ma chambre et je cherche mon bas de pyjama et je le remets. »

 

Déclaration de FX Marécaux Déclaration de FX Marécaux

J'admire FX pour le courage qu'il a eu en relatant ce qu'il avait vu et vécu dans votre foyer : un frère violent qui tente de l'étrangler en deux fois pour le faire taire, une petite sœur invitée par ce grand-frère à lui caresser le sexe, une maman sauvagement agressée par ce même grand-frère qui fera plusieurs fugues et tentatives de suicide dont une à l'aide d'un compas et une autre par l'ingestion de lames de rasoir, ce grand frère en question qui avait tagué de « PD » votre maison de Hardelot, des punitions et corrections corporelles indignes d'un notable, des pressions insupportables émanant du grand-père Léon le contraignant à jurer sur la tombe de la mamie décédée, des cadeaux pour rachat de son silence, malgré la peur que vous lui inspiriez...

Alain Marécaux, qu'aviez-vous fait à votre fils M. pour que ses nuits soient agitées, qu'il ait eu du mal à passer sous la douche, qu'il ait préféré garder ses vêtements pour dormir et qu'il regimbasse lorsqu'il fallait enfiler un pyjama? Que lui aviez vous fait pour qu'il multiplie les fugues, les agressions sur autrui et les tentatives de suicide?

Oui, FX a été courageux en allant au bout de la procédure pénale puis en vous regardant droit dans les yeux le jour de l'audience le concernant, réitérant les accusations d'agression sexuelles qu'il portait contre vous, quand il vous a demandé d'avouer ce que vous lui aviez fait, et qu'en pleurs vous avez répondu : « JE SUIS COUPABLE mais à cette époque je ne savais plus où j'en étais ».

Il serait temps que vous vous fassiez amende honorable.

Il serait surtout temps que la VRAIE histoire d'Outreau soit connue de tous et qu'à défaut d'une juste punition, l’opprobre qui vous est due vous revienne.

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1 Daniel Legrand "l'innocent aux mains pleines" http://blogs.mediapart.fr/blog/caprouille/030713/outreau-daniel-legrand-linnocent-aux-mains-pleines

2 Le film "Présumé coupable" est une fiction, un film mensonger qui raconte à la façon de Marécaux l'histoire d'Outreau.

3 Prénom changé

4 J.R. un des 12 enfants reconnus victimes

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