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Billet de blog 5 déc. 2013

Procès Burgaud / Tavernier :« Le film 'Présumé Coupable' est une fiction ! Ce n'est pas la vraie histoire d'Outreau »

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Procès Burgaud / Tavernier : « Le film 'Présumé Coupable' est une fiction ! Ce n'est pas la vraie histoire d'Outreau »

Enfin ! C'est dit et répété publiquement par Garencq le scénariste et Rossignon le producteur du film lors du procès du mardi 3 décembre 2013 opposant Fabrice Burgaud à Bertrand Tavernier!

Dommage que Bertrand Tavernier ne l'ait pas su avant, ça lui aurait évité de hurler plus fort que les loups lors de l'émission (dixit le procureur) « C'est à vous » pendant laquelle il a dit:

© Jeanne Burgermister

 - « Il (Torretton) a montré dans certains choix de films, dans les films qu'il a faits avec moi, mais dans un film comme « Présumé coupable » par rapport à la justice et par rapport à l'affaire d'Outreau.

Ce qui est dit dans le film est formidable et la non réponse de la justice, par rapport au magistrat d'Outreau qui a cassé des vies, détruit des gens, … ça fait partie de cette frilosité, de ce corporatisme qui créée en retour un sentiment négatif... comme le disent les italiens, 'la casta', la caste, l'oligarchie, les gens qui s'auto-protègent... C'est incroyable d'avoir eu un blâme, un léger blâme... Quand vous voyez le film … Je suis contre la peine de mort mais c'est quelqu'un que vous avez envie d'exécuter le juge d'Outreau ».

Fabrice Burgaud © Inconnu

Cette incitation au meurtre prononcée à l'égard de Fabrice Burgaud a eu de lourdes conséquences sur le quotidien du juge qui s'est contraint à modifier ses habitudes de vie, ayant l'impression d'être revenu à l'époque où il ne pouvait faire un pas dans la rue sans garde rapprochée, de ne faire que ce que lui demandaient les policiers, de limiter ses sorties avec cette sensation pesante d'un contrat au dessus de la tête...

Il a été rappelé à Tavernier qu'il a réclamé la peine maximum contre « le juge d'Outreau » qui selon lui n'a reçu que la peine minimum.

Si Tavernier connaissait le dossier d'Outreau aussi bien que Fabrice Burgaud, il aurait trouvé scandaleux que ce juge se retrouve devant une commission parlementaire, et plus ahurissant encore qu'il y ait eu 12 acquittements !

Si, comme l'avait souligné Me Dupeux avocat de Fabrice Burgaud, le cinéaste avait été un jeune homme 'écervelé', 'ébouriffé' on aurait pu mettre ces propos sur le compte de la fougue intempestive de la jeunesse, mais Tavernier a lui-même donné le bâton pour se faire battre en déclarant à la barre : « J'ai eu 3 Cézars, je connais l'importance des mots »...

Non seulement Tavernier a dit qu'il connaissait l'importance des mots, mais il a aussi expliqué aux juges qu'il avait été invité sur le plateau TV pour promouvoir le film « Présumé coupable » qui venait d'être racheté par la chaîne, et qu'il savait avant l'émission qu'il allait être interrogé sur le film  : « Alessandra (Sublet) m'avait préparé pour que j'y arrive »

L'argument de la spontanéité tombait à l'eau.

De très mauvaise foi, Tavernier a déclaré lors du procès « Je ne me souviens pas du nom du juge de l'affaire d'Outreau ». Essayant de s'auto-convaincre et toucher l'auditoire Tavernier a ensuite argumenté prétendant qu'il ne visait nullement Fabrice Burgaud, mais le personnage fiction du film. Sic !

(Pas sûr qu'il ait convaincu qui que ce soit, pas même lui-même)

© Jeanne Burgermister

Pourtant lorsqu'il était interrogé sur le plateau de TV concernant un film documentaire contradictoire « Outreau l'autre vérité » (rien à voir avec la version mensongère de Garencq ), il a balayé d'un geste de main méprisant les propos de son interlocuteur précisant que ce film (Outreau l'autre vérité) « était un film fait sur des bases de manière nulle, sans aucune preuve » Là, Tavernier s'est encore contredit puisqu'il a prétendu voir les films avant de les critiquer …

Venus soutenir le cinéaste, Garencq et Rossignon étaient appelés comme témoins... Pas sûr que cela ait servi Tavernier tant ils respiraient eux aussi l'hypocrisie. Un grand monsieur assis à ma gauche a laissé échapper le mot « lâches » à leur encontre. Adjectif largement mérité :

Christophe Rossignon © Inconnu

Rossignon : - « Je ne connais pas Fabrice Burgaud. Nous avons toujours fait une fiction en faisant ce film, il ne s'agissait pas de faire l'histoire de l'affaire d'Outreau.../... Quand le livre « Mon erreur judiciaire d'Alain Marécaux est sorti, nous avons eu envie de faire le film , c'était avant la commission parlementaire, le second procès n'avait pas eu lieu»

Le Président : - «  Marécaux présumé innocent n'était pas innocenté ! »

(Il avait été condamné en 1ere instance pour attouchements sur son fils François-Xavier et avait déclaré lors d'un huis clos : « JE SUIS COUPABLE », complètement occulté du scénario)

Sur la demande de Fabrice Burgaud, ses 2 avocats avaient tenté d'obtenir, sans succès, la modification de l'identité du personnage qui représentait le juge.

  • « Pourquoi avez-vous refusé de changer le nom du juge dans votre film ?»

  • Rossignon : « Cela n'aurait rien changé » 

  • Fabrice Burgaud : « Pour vous non, pour moi, si »

Rossignon a prétendu avoir lu tout ce qu'il y avait sur le sujet avant de produire le film fiction, mais il ment puisqu'il a renvoyé sciemment le livre de Marie-Christine Gryson quand elle lui en a proposé la lecture, précisant qu'il ne le lirait pas.

Vincent Garencq © Inconnu

Garencq a clairement dit s'être documenté et s'être rapproché intimement d'Alain Marécaux avant de passer 1 an à écrire le scénario du film, avec l'aide de l'huissier afin d'adapter au mieux le film à sa version des faits. Bien que le mot fiction soit employé pour s'éviter tout procès pour diffamation, c'est bien de sa présumée innocence dont il est question dans le film.

  • Le Procureur : « Vous ne parlez que très peu de Fabrice Burgaud, mais vous l'avez stigmatisé »

  • Garencq  : « Non, non »

  • Me Maisonneuve : « Les conseils de Monsieur Burgaud vous ont demandé de changer de nom, pourquoi ne pas l'avoir fait ? »

  • Garencq  : « J'ai changé le nom d'Odile Polvêche, j'ai essayé d'être juste, de ne pas caricaturer. Je sais que les gens savent que c'est une fiction... »

  • Président : « Si vous aviez à choisir une scène pour résumer le film, laquelle serait-elle ? »

  • Garencq  : « L'arrestation... »

Encore tout faux concernant la juste préventive faite par Marécaux :  ce n'est absolument pas le juge d'instruction (donc en l’occurrence Fabrice Burgaud) qui avait le pouvoir d'envoyer le pleurnichouilleur en prison, mais des juges de la liberté et de la détention comme l'a rappelé le procureur …

  • Garencq  : « … et un homme séparé de ses enfants »

    Pauvre Garencq, Marécaux a omis de lui dire que François-Xavier (son fils qui avait porté plainte contre lui) a plusieurs fois menacé de se défenestrer du 3ème étage de son collège rennais où sa mère était infirmière scolaire, en demandant qu'il lui soit fait accordé pour lui et son frère Mathieu, de quoi subsister matériellement loin de ses parents...

Stéphane Durand-Souffland © 

Et pendant ce temps-là, Stéphane Durand-Dupond twittait qu'il avait reconnu un des 4 enfants Delay parmi l'assistance, sans toutefois être en capacité de le prénommer tant le sort des enfants victimes l'indiffère, et s'est cru très fin en twittant encore que Pierre Joxe était en robe et Marie-Christine Gryson en pantalon... A force de fréquenter EDM son idole, il commence à lui ressembler : bourru, mal rasé, méprisant, hautain et surtout très approximatif...

  • Le Procureur : « Chaque fois que Fabrice Burgaud sera traîné dans la boue, il portera plainte et le parquet suivra »

Symboliquement, il a requis 3000 € d'amende à l'encontre de Bertrand Tavernier. Le verdict sera rendu le 14 janvier.

Puisque les propos incriminés avaient été prononcés publiquement, de simples excuses publiques auraient réglé le différent. Mais Tavernier a préféré camper sur sa puérile position et justifier sa diatribe télévisuelle en retournant la situation, proclamant que si Fabrice Burgaud l'avait contacté pour lui faire part du choc ressenti en écoutant les propos du cinéaste, il l'aurait rassuré : « ce n'est pas lui, l'homme, Fabrice Burgaud qu'il visait, mais le personnage du film, qui est une fiction » … (NDA « Et mais bien-sûr mon brave monsieur, prenez-nous en plus pour des demeurés mentaux...La vie, la vie du Juge Burgaud, la vie des dizaines d'enfants qu'il a essayé de sauver dans l'affaire d'Outreau, c'est pas du cinoche Monsieur le réalisateur ! Des excuses, une explication publique auraient été plus appropriées que vos grotesques justifications … »)

Livre de MC-Gryson © Inconnu

Garencq, Rossignon et Tavernier sont sortis du prétoire, pas vraiment fiers d'eux. Il leur a été suggéré de lire le livre de Marie-Christine Gryson, qui lui, à l'inverse du film fiction, rend hommage à la vérité . Mais une fois de plus, ils n'ont pas voulu sortir de leur tour d'ivoire, ou plutôt, tour d'y-voir-rien ...

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A lire :

Fabrice Burgaud / Bertrand Tavernier par Jacques Cuvillier

http://www.village-justice.com/articles/Fabrice-Burgaud-Bertrand-Tavernier,15744.html

Outreau: la mauvaise foi d'un grand Monsieur par Marie-Christine Gryson

http://blogs.mediapart.fr/blog/marie-christine-gryson/051213/outreau-fburgaudb-tavernier-la-mauvaise-foi-dun-grand-monsieur

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