Tite gribouille du Docteur Philippe Iacono à l'attention de Paul Bensussan

Le Docteur Philippe IACONO avait déjà publié sur un réseau social une petite gribouille à l'attention de Paul Bensussan, (seul expert qui expertise les enfants sans les voir) avant que Marie-Christine Gryson n'égratigne son petit égo. Je vous la colle ici, pour l'édification de tous:

https://www.facebook.com/notes/philippe-iacono/enfin-un-peu-de-litt%C3%A9rature-scientifique-/291285037650919

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Enfin un peu de littérature scientifique !!!

 

3 October 2012 at 04:06

 C'est quand même réjouissant de voir que certains de nos scientifiques français ont acquis un tel niveau de renommée mondiale que leurs théories sont publiées dans des revues anglo-saxones de haute tenue (avec comité de lecture s'il vous plaît). 

Me documentant sur Outreau sans aucun a priori  ni esprit militant, j'ai donc lu avec intérêt l'article du bon Dr Bensussan (éminent psychiatre reçu 2ème en PCEM1 comme le précise minutieusement son CV de 8 pages sur son site ) dans la revue américaine Child Adolesc Psychiatric Clin N Am 20 (2011) 519–532.

C'est proprement admirable le parti pris affiché et l'énergie déployée par ce monsieur pour combattre, aux côtés des pédophiles et autres accusés incestueux, la parole des victimes d'abus sexuels. C''est à se demander s'il n'a pas un "agenda" pour parler anglais comme lui, c'est à dire un réel conflit d'intérêt.

Cet article est tellement partisan que franchement on se demande comment on peut encore l'accepter sur des listes officiels d'experts judiciaires. Comment peut-il être objectif ? Il dénonce le militantisme de certains et la sacralisation de la parole des enfants, mais n'est-il pas lui, à l'inverse dans un militantisme de l'allégation mensongère ? La théorie de la fadaise enfantine... sa vie, son oeuvre au Dr Bensussan. Ou bien un juteux créneau dans lequel il s'engouffre pour se faire un nom ?

Je vais juste citer une phrase de son article pour illustrer : "Further, the clinical hypotheses of the psychological or psychiatric expert must be taken for what they are: an attempt to find a psychological truth and in no way a means to establish a judicial truth in place of the judge or even less so a search for a historical truth. What truly occurred, sometimes many years before the revelation, in reality escapes all players involved in the trial."

"Ce qui s'est réellement passé, parfois des années avant la révélation, échappe en réalité à tous les acteurs du procès."

Voyez vous ça...A quoi bon alors organiser un procès si finalement aucune vérité ne peut en émerger. Elle échappe à tout le monde !

A l'en croire, donc, le juge (ou même un collège de juges puisque c'est aussi l'idée en vogue) se retrouverait tout seul à tenter de situer la vérité judiciaire. Avec finalement des experts et des expertises qui ne servent à rien puisque ne cernant qu'une vérité psychologique qui n'a aucune valeur pour condamner un accusé selon lui. Pourquoi donc en demander dans ce cas, des expertises ? Pour se donner bonne conscience ? Ou bien pour avoir une chance de décrédibiliser l'allégation ?

La logique est implacable puisqu'en l'absence de vérité judiciaire absolue, en l'absence de preuves matérielles ou d'aveux - ce qui est le cas dans la très vaste majorité des abus sexuels intra-familiaux - et bien, le doute bénéficiant à l'accusé, on n'a plus qu'à classer sans suite toutes les affaires où c'est la parole d'un enfant contre le déni d'un adulte. CQFD. Et puis, ça fera des économies budgétaires.

Et encore, je m'avance un peu, car même avec des preuves comme par exemple des signes physiques clairement observables étayant l'allégation, ce sont les experts médicaux qui ne valent rien non plus aux yeux du Dr Bensussan, car faillibles les bougres, ils doivent être extrêmement prudents, ils ne doivent pas non plus "s'asseoir dans le fauteuil du juge" et le laisser se débrouiller seul avec la vérité judiciaire qui échappe à tout le monde.

Et encore, je vais vite en besogne car même avec des aveux... Des aveux d'adultes sont-il plus crédibles que des accusations d'enfants ? On se le demande. On sait bien comment ça se passe les aveux dans les commissariats hein ? Et le Dr Bensussan aussi, qu'on sent prêt à défendre l'indéfendable en toute occasion, capable de mettre en doute même des abus sexuels avoués.

Avec une telle logique et une telle prise de position on ne peut plus militante, comment cet expert psychiatre près la Cour d’appel de Versailles et agréé par la Cour de Cassation et la Cour Pénale internationale, pourrait encore être réquisitionné dans une affaire d'abus sexuel. Autant dire tout de suite à l'enfant qui ose révèler de retourner jouer dans son bac à sable...On retourne un siècle en arrière, voire au Moyen-Äge...

On aimerait savoir si le Dr Bensussan n'a jamais conclu en faveur d'une victime d'abus sexuel dans sa très longue et très impressionnante carrière d'expert. Et si oui, quels ont été les éléments qui l'ont fait adhérer aux allégations ? Au vu de ce qu'il écrit et déclare un peu partout, cela semble tout simplement exclu.

Et quelles sont les propositions concrètes d'amélioration du bon Dr Bensussan pour rendre notre système judiciaire infaillible en la matière ?

- des expertises plus nombreuses et plus prudentes pour être plus contradictoires.

- une validation par des pairs (comprendre par des experts comme lui !) des méthodes utilisées de sorte que personne, ni juges, ni jurés d'assises ne pourront rien en tirer tellement l'extrême précaution et le doute seront de mise.

- et enfin des juges "compétents"... mais à quoi leur servirait cette précieuse compétence sans preuves, sans aveux, ni expertises concluantes...et bien à acquitter...CQFD encore !

Chapeau l'artiste !

Il n'y aurait d'évidentes différences morphologiques entre les deux, on pourrait croire au frère jumeau de Dupond-Moretti, mais en version "expert"...

Les deux dans un procès c'est l'acquittement garanti.

Circulez, y'a rien à entendre chez tous ces enfants menteurs !

Au lieu de la "dictature de l'émotion", celle du mensonge.

Mais, au fait, n'y-aurait-il pas un juste milieu, Docteur ?

 

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"Celui qui va nous enterrer"

15 mai 2014, 11:12

Extrait d'audience (extrait du Livre de G. Porcheron - "Non papy, je n'ai pas menti")

Procès en première instance, Nice, Avril 2009, un des experts psychiatre est à la barre.

 

« Le temps a passé. L’enfant a grandi. On s’est demandé tout à l’heure, du côté de la défense, s’il n’était pas atteint par un trouble de la personnalité. Ça n’a pas de sens de parler de cela à propos d’un enfant. Un enfant est un sujet en voie de maturation dans un milieu donné. C’est pour cela que les parents sont déterminants. Les conséquences psychologiques d’agressions telles que celles décrites ici sont épouvantables. On a critiqué l’utilisation et l’interprétation du test de Rorschach. Je veux simplement dire qu’il a été validé sur des dizaines de milliers de sujets dans le monde entier. En matière d’expertises psychologiques, nous ne pouvons nous appuyer sur aucun facteur génétique ou chimique déterminé. Nos conclusions restent subjectives. Notre cadre d’intervention a effectivement ses limites.

Pour autant, je le dis, mon intime conviction va ici à la crédibilité des paroles de l’enfant. Le dessin qu’on exhibe en se demandant ″si les déviances ne sont pas de notre côté de la barre″ est effectivement la représentation d’un anus. C’est comme cela, en tout cas, que les médecins légistes dessinent cette partie de notre anatomie. Les imprécisions, les incohérences, les imperfections du discours de l’enfant, elles aussi, sonnent assez juste. Quelqu’un qui voudrait nuire chargerait. Lui, ne veut pas parler ! Les tendances à l’autodestruction ? Elles sont à rapprocher des menaces de mort en cas de révélation ! L’enfant les a entendues ! Les violés se suicident plus que lesautres !

 

Pédophilie ou agression intrafamiliale ? On est, à coup sûr, dans le second cas de figure. La sodomie est une prise de contrôle de l’autre. Y a-t-il plaisir sexuel ? Certainement pas ! C’est la fascination de la domination ! Il y a, ici, la maîtrise du plus jeune, du dernier arrivé, de celui qui va nous enterrer. Tout n’est qu’enjeu narcissique. Question de pouvoir sur l’autre dans un contexte intrafamilial extrêmement tendu ! A ce titre, l’arbre généalogique dessiné par l’enfant avec des noms barrés, est loin d’être banal. Je le redis : l’ensemble des déclarations sonne juste, y compris avec les imperfections du propos. La parole est crédible et même si la vérité psychique est subjective, nous avons là l’écho d’un sujet plongé dans une souffrance d’une grande authenticité."

Source: page Facebook de Philippe Iacono au sujet de son fils Gabriel

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Ce billet s'inscrit dans la suite logique d'un autre billet publié par Marie-Christine Gryson intitulé très justement :

Dr Bensussan à Outreau : une imposture fantomatique ? A vous de juger !

http://blogs.mediapart.fr/blog/marie-christine-gryson/100514/dr-bensussan-outreau-une-imposture-fantomatique-vous-de-juger

L'expert qui expertise les enfants sans les voir n'a pas tardé à lui faire la réponse ci-dessous:

Réponse de P. Bensussan à M.C. Gryson 

http://blogs.mediapart.fr/blog/les-invites-de-mediapart/120514/reponse-de-p-bensussan-mc-gryson

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A lire pour compléter l'information  :

La rémunération des experts psychologues

http://www.village-justice.com/articles/remuneration-experts-psychologues,15974.html

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Un des enfants victimes (et reconnu offciellement comme tel) de l'affaire d'Outreau m'a dit en regardant la vidéo ci-dessous: "Ce gars, il est normal? Il est bourré de tics" . S'en est suivi un éclat de rire difficile à calmer, parce que c'est vrai: il ne parait pas bien dans sa peau celui qui se permet d'expertiser des enfants sans les avoir vus ... Besoin d'un "collègue" psychologue?

Paul Bensussan sur les expertises psychiatriques © AffairesFamiliales

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