Caprouille
Amoureuse de la vie
Abonné·e de Mediapart

30 Billets

0 Édition

Billet de blog 21 oct. 2012

Caprouille
Amoureuse de la vie
Abonné·e de Mediapart

Le parcours du combattu des enfants d'Outreau

Caprouille
Amoureuse de la vie
Abonné·e de Mediapart

Ce blog est personnel, la rédaction n’est pas à l’origine de ses contenus.

Je me permets de publier une lettre écrite par la personne chez qui loge actuellement à titre gracieux Jojo, 3ème de la fratrie Delay , enfant martyr de l'affaire d'Outreau, et reconnu victime comme 11 autres enfants. On peut se poser bon nombre de questions quant à la raison réelle des obstacles rencontrés tout au long de leur chemin. Ce n'est plus un parcours du combattant mais un parcours du combattu.."On" voudrait pousser ces petits à la délinquance et à la rébéllion, on ne s'y prendrait pas autrement...Mais dans quel but?

------------------------------------------------------------------------

Chère Amie,

 Je t'écris encore une lettre afin de me permettre d'évacuer mon ras le bol concernant la façon outrancière avec laquelle sont traités les petits.

 Je t'avais déjà expliqué les différentes difficultés concernant Jojo pour qu'il puisse reprendre des études ou s'inscrire dans une formation.

Il pourrait commencer un essai chez un artisan ce qui nous contraindrait à le conduire tous les jours à 3 heures 30 du matin et à la récupérer à 20 minutes de la maison.

Nous nous y engageons puisque c'est pour son bien.

 Toutefois, nous sommes dans une impasse : il ne peut toujours pas s'inscrire dans le centre de formation tant qu'il n'a pas ses 3 derniers bulletins scolaires.

 Rien de plus facile vas-tu me dire pour récupérer ces bulletins, un simple coup de fil au dernier établissement scolaire et les bulletins seront récupérés...

 Il n'en est rien.

 J'avais déjà contacté le tout dernier établissement scolaire de Jojo, où une personne très aimable m'avait dit être étonnée de trouver un dossier vide.

Je me suis donc tournée vers le foyer belge où le petit avait été envoyé – soit disant pour le protéger, (mais c'est incohérent puisqu'il avait été placé dans une famille d'accueil d'Outreau quand l'affaire a éclaté) . Après une hésitation qui peut se comprendre, la personne au téléphone m'a dit qu'elle allait en parler à qui de droit, mais au final, c'est une réponse négative qui nous a été donnée.

 Cela peut s'entendre encore une fois, aussi , il nous a paru normal que Jojo leur téléphone, d'autant plus qu'il est majeur.

 Quelle ne fut pas notre surprise quand la même personne lui a dit qu'elle ne lui communiquerait rien tant qu'il n'accompagnerait pas sa demande d'une autorisation écrite de la part de sa dernière référente. Bien que Jojo lui ait rappelé qu'il était majeur et que c'était bien son nom qui était porté sur le dossier en question, la personne a écourté l'appel téléphonique , se montrant désagréable, limite incorrecte, et a raccroché.

 Parallèlement, j'avais envoyé de la part des petits, un courriel par le biais du site internet du foyer, pour réclamer les dossiers. L'établissement a répondu par écrit encore une fois par la négative : pas d'autorisation écrite, pas de dossier.

 Jojo a essayé plusieurs fois de téléphoner à son ex-référente pour obtenir cette autorisation, Madame E. mais celle-ci reste injoignable.

 Mademoiselle B. quant à elle, bien que je ne lui avais rien demandé, m'avait faite savoir en juin, par l'intermédiaire de Madame F. qu'elle ne « s'occupait » plus des petits.

 Vers qui se tourner pour obtenir ces 3 malheureux bulletins scolaires ?

 La conseillère de la Mission Locale elle-même n'a pas pu les avoir. Par contre, Serge S. le responsable de l'établissement belge ne s'est pas gêné pour salir Jojo, le décrivant des pires adjectifs qui soient auprès de la conseillère de la Mission Locale.

 Excédés, nous avons donc réitéré notre demande du dossier scolaire auprès de la personne du CG qui a été indiquée aux petits pour qu'ils récupèrent leur dossier administratif.

 Celle-ci a envoyé à Jojo le seul bulletin scolaire dont dispose le CG, qui date du premier trimestre de l'année scolaire 2009-2010 et lui a répondu qu'il n'était pas utile d'avoir une autorisation écrite officielle de la part du CG puisqu'il était majeur !

 L'établissement belge refuse de délivrer les bulletins scolaires (même à la conseillère de la Mission Locale) sans autorisation écrite du CG et le CG se dédouane de ce courrier prétextant que Jojo est majeur et n'en a donc pas besoin.

 Vois-tu comme moi le désert dans lequel ces petits tournent en rond ? Pourquoi est-ce si difficile d'obtenir ce qui devrait déjà leur être restitué ?

 Il y a urgence à récupérer ces bulletins scolaires, car sans cela, Jojo ne peut pas s'inscrire sur un centre de formation  !

 Il est suffisamment malaisé que les petits n'aient pas été recensés, qu'ils n'aient pas fait leur journée nationale de l'appel à la défense, qu'ils ne puissent permettre aux médecins qui les suivent une consultation de leurs antécédents thérapeutiques, qu'ils ne puissent espérer entrer dans une administration quelconque car ils n'ont pas le brevet des collèges (ayant fait des études en Belgique), qu'ils aient à passer leur ASSR en s’inscrivant dans un Greta situé à une centaine de kilomètres de chez nous, alors que tous les autres collégiens de France et de Navarre l'obtiennent dans le cadre de leur scolarité sans qu'en plus ils aient à faire autant de démarches pour pouvoir s'inscrire dans un centre de formation professionnelle.

 Ce qui est aussi très choquant, c'est de constater que le CG n'a pas les bulletins scolaires de Jojo. Sa scolarité ne les intéressait donc pas ?

 Quand Myriam Badaoui, leur tortionnaire – non repentie- a suivi des formations pendant ces maigres années d'incarcération, a-t-elle eu pareilles difficultés pour s'inscrire ?

 Quand cette criminelle condamnée pour des monstruosités sans nom est sortie de prison, a-t-elle connu une insertion sociale aussi ardue que les petits qui sont ses victimes ?

 J'essaye avec objectivité de comprendre pourquoi un monstre notoire est accompagné à tous points de vue pour réapparaître aux yeux de la population « changé » par ses années de répression (alors que les propos tenus à Chérif et ses récentes actions vis à vis de lui démontrent qu'elle a empiré) , comme s'il fallait « oublier » ses abominations et lui laisser une seconde chance, alors que les petits n'ont pas droit à une première chance !!!

Quand je compare le traitement de faveur accordé à Myriam Badaoui et la façon dont on s'occupe des enfants qu'elle a massacrés, je ne vois que des incohérences dont le fondement me donne des frissons. Penses-tu à la même chose que moi ?

 Je t'embrasse

Ce blog est personnel, la rédaction n’est pas à l’origine de ses contenus.

Bienvenue dans le Club de Mediapart

Tout·e abonné·e à Mediapart dispose d’un blog et peut exercer sa liberté d’expression dans le respect de notre charte de participation.

Les textes ne sont ni validés, ni modérés en amont de leur publication.

Voir notre charte

À la Une de Mediapart

Journal — Corruption
Qatar-Sarkozy : les nouvelles liaisons dangereuses
Un rapport de la police anticorruption montre que Nicolas Sarkozy aurait fait financer a posteriori par le Qatar, en 2011, des prestations de communication réalisées par le publicitaire François de La Brosse pour sa campagne électorale de 2007, puis pour l’Élysée. Aucune d’entre elles n’avait été facturée.
par Fabrice Arfi et Yann Philippin
Journal — Justice
Ce double condamné que Macron envoie représenter la France
À la demande d’Emmanuel Macron, Nicolas Sarkozy a représenté la France, mardi 27 septembre, aux obsèques de l’ancien premier ministre japonais. Le fait que Nicolas Sarkozy ait été condamné deux fois par la justice, notamment pour « corruption », et soit lourdement mis en examen dans l’affaire libyenne, notamment pour « association de malfaiteurs », ne change rien pour l’Élysée.
par Fabrice Arfi et Ilyes Ramdani
Journal
Crise de l’énergie : sans « compensation » de l’État, le scolaire et l’université en surchauffe
Pour affronter la flambée des prix de l’énergie dans tout le bâti scolaire et les établissements d’enseignement supérieur, collectivités et présidents d’université s’arrachent les cheveux. Le projet de loi de finances 2023 est cependant bien peu disert sur de possibles compensations de l’État et écarte l’hypothèse d’un bouclier tarifaire. En réponse, économies, bricolage ou carrément fermeture des établissements d’éducation.
par Mathilde Goanec
Journal
« Il faut aider les Russes qui fuient, qui s’opposent »
Alors que Vladimir Poutine a lancé la Russie dans une fuite en avant en annonçant la mobilisation partielle des réservistes, et des référendums dans les régions ukrainiennes occupées, quelle réaction de la société civile, en Russie ou en exil ? La chercheuse Anna Colin Lebedev et trois exilées qui ont quitté le pays depuis l’invasion de l’Ukraine sont sur notre plateau.
par À l’air libre

La sélection du Club

Billet de blog
Trop c’est trop
À tous ceux qui s’étonnent de la montée de l’extrême droite en Europe, il faudrait peut-être rappeler qu’elle ne descend pas du ciel.
par Michel Koutouzis
Billet de blog
Italie, les résultats des élections : triomphe de la droite néofasciste
Une élection marquée par une forte abstention : Le néofasciste FDI-Meloni rafle le gros de l’électorat de Salvini et de Berlusconi pour une large majorité parlementaire des droites. Il est Probable que les droites auront du mal à gouverner, nous pourrions alors avoir une coalition droites et ex-gauche. Analyse des résultats.
par salvatore palidda
Billet de blog
Interroger le résultat des législatives italiennes à travers le regard d'auteur·rices
À quelques jours du centenaire de l'arrivée au pouvoir de Mussolini, Giorgia Meloni arrive aux portes de la présidence du Conseil italien. Parfois l'Histoire à de drôles de manières de se rappeler à nous... Nous vous proposons une plongée dans la société italienne et son rapport conflictuel au fascisme en trois films, dont Grano Amaro, un film soutenu par Tënk et Médiapart.
par Tënk
Billet de blog
Italie : il était une fois l’antifascisme
On peut tergiverser sur le sens de la victoire des Fratelli d'Italia. Entre la revendication d'un héritage fasciste et les propos qui se veulent rassurants sur l'avenir de la démocratie, une page se tourne. La constitution italienne basée sur l'antifascisme est de fait remise en cause.
par Hugues Le Paige