La République se ménopause

La République se ménopause Aucun flux dans ses veines épaisses Nul coulis de la jeunesse Elle la refoule, qu’elle disparaisse ! Car le sang trop neuf indispose (bis)

La République se ménopause
Aucun flux dans ses veines épaisses
Nul coulis de la jeunesse
Elle la refoule, qu’elle disparaisse !
Car le sang trop neuf indispose (bis)

Elle en devient mauvaise mère
Elle choisit ses enfants chéris
Parmi la chair de sa chair
Elle les pourrit, gâtés-pourris
Les autres, elle les désespère (bis)

La République est une vielle grue
Qui s’apparade et qui se farde
De poudre aux yeux et de vertu
Qui cach’ ses coquards d’une cocarde
Et qui se gausse de la rue (bis)

La République est une vieille poule
Qui s’vend au député du coin
Qui se rengorge et qui roucoule
En déplumant tous ses poussins
Ses bas se filent et elle nous saoule (bis)

C’est plus fort qu’elle est marâtre
Elle crie pour rien à tout propos
Elle s’injustice, elle s’acariâtre
Elle fait des bleus et s’écarlate
Mais le blanc fait total défaut (bis)

La République nous orpheline
Plus jamais là quand on a b’soin
Les mots doux se taisent ou s’épinent
Elle dilapide nos moindres biens
Et nous confisque nos lendemains (bis)

La République est une vielle peau
Il serait temps qu’elle s’occasionne
À renouveler ses oripeaux
Qu’en une mue elle s’émulsionne
Que ses appâts deviennent appeaux (bis)

Quand la 5e sera grand-mère
Pourvu qu’elle soit mamie-gâteau
Qu’elle nous radote ses hivers
Et ses gloires qui étaient y a tantôt
Et qu’enfin elle nous laisse faire (bis)

Carine Kranich

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