Chère Sarah Halimi, qu'en penseriez-vous ?

Sarah

Avec toute la peine et le respect que j'ai pour vous, avec toute l'empathie du monde pour les conditions horribles de votre décès, j'ai bien peur que votre nom soit encore utilisé à des fins scandaleuses qui ne vous rendent aucunement hommage.

Que diriez-vous, Sarah, de tout ce qui s'est dit et fait en votre nom ?

Seriez vous plutôt pour les manifs contre un antisémitisme qui reste à prouver dans votre cas ?

Et si je vous disais que le gars qui vous a tué avait des troubles psy, que penseriez vous ?

Et si je vous disais que ce drame aurait pu être évité, si chacun avait bien fait son boulot ?

Et si je rajoute que votre assassin avait été arrêté la veille par la police, et relâché, que diriez-vous ?

Mais, bien sur, vous ne m'entendez pas.

Et une loi va porter votre nom, mais je suis désolée de vous dire qu'elle ne parlera pas de prévention, de prise en charge psychiatrique, de créations d'hopitaux publics dédiés à la santé mentale. Que nenni..........

Cette loi, Sarah, est faite pour quand c'est trop tard, quand le mal est fait, c'est tout.


Ainsi le démantèlement de la psychiatrie dans le service public pourra continuer, il y aura de plus en plus de patients non pris en charge, qui passeront à l'acte, et finiront en taule.

Ensuite, les multinationales type Korian, qui ont déjà des vues sur le secteur psy, remplaceront allègrement le service public de la psychiatrie.

Tout cela en votre nom, chère Sarah, je suis désolée, infiniment désolée.

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