Solidarité concrète avec la presse hongroise muselée !

Ce n'est maintenant un secret pour personne. La liberté de la presse en Hongrie, dans le pays qui assure pour 6 mois la présidence du Conseil des Ministres de l'Union Européenne, est détruite. Détruite par la loi liberticide sur les média du 21 décembre 2010, entrée en vigueur ce 1er janvier 2011, qui donne le droit de vie ou de mort au gouvernement sur toute entreprise de presse, par l'intermédiaire d'amendes démesurées, sans possibilité d'appel suspensif. Détruite sous nos yeux. Et nous ne faisons, pour l'instant, rien.

Pourtant, nous, citoyen(ne)s de l'Union Européenne, acteurs de la presse et de la blogosphère, nous pouvons agir. Exprimer notre solidarité verbalement avec les journalistes hongrois bâillonnés, bien sûr. Mais nous pouvons, nous devons, agir, concrètement, en mobilisant les ressources de l'Internet et du Marché Unique européen.

Je propose :

  • que chaque blogueur, chaque blogueuse dans l'Union Européenne, mette à disposition une fraction de son site à un(e) ami(e), un(e) journaliste hongrois(e), en Hongrois
  • que chaque publication en ligne dans l'Union Européenne, en commençant par MediaPart, mette en ligne une section en langue hongroise, écrite par des journalistes hongrois(es)
  • que chaque journal, chaque revue papier de l'Union Européenne édite une version destinée au marché hongrois, avec une section en langue hongroise, écrite par des journalistes hongrois(es) et exporte ces journaux, ces revues vers la Hongrie, et attaque en justice, au titre de la libre circulation des marchandises du Marché Intérieur, l'État hongrois qui aurait la velléité d'interdire ou de taxer cette importation
  • que chaque radio, chaque télévision, surtout si elle est diffusée par satellite ou Internet, fasse de même, et diffuse vers le territoire hongrois, en vertu de la libre prestation de services
  • que les citoyen(ne)s européen(ne)s interpellent les officiels hongrois, lors de toutes leurs interventions publiques au titre de la présidence du Conseil des Ministres de l'Union, les députés hongrois du Fidesz au Parlement Européen, et les empêchent d'être entendus par des sifflets, des vuvuzelas, et autres instruments sonores.
Il est temps de montrer, concrètement, que nous, citoyen(ne)s européen(ne)s, ne laisserons pas la dictature s'installer dans l'Union.

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