Infirmière anesthésiste, j'ai été écartée de mon travail au plus fort de la crise

Trente années, une tranche de vie passée comme infirmière, dans le privé puis, ces quinze dernières années, dans la fonction publique. Je me suis consciencieusement investie dans ce travail passionnant, tant attentive aux patients qu’à la qualité des soins prodigués. La décision arbitraire qui m'a écartée de mon emploi au coeur de la crise sanitaire reste pour moi un non-sens, et elle me plonge dans la précarité. 

Trente années, une tranche de vie passée comme infirmière, dans le privé puis, ces quinze dernières années, dans la fonction publique

Je me suis consciencieusement investie dans ce travail passionnant, tant attentive aux patients qu’à la qualité des soins prodigués. 

Voilà que mes soixante-deux ans ont sonné, au mois de mars 2020. J’ai alors souhaité prolonger cette activité professionnelle, tout autant par envie que par souci du maintien de ma rémunération. En ce mois de mars 2020, ce sera aussi l’arrivée du Covid-19 bousculant les services de soins, si bien que le gouvernement décrète le Plan Blanc national, et lance un SOS : les soignants sont appelés à la rescousse, volontaires, infirmières... Et infirmières retraitées également !

Ce motif supplémentaire me persuada de rester, une décision logique qui devait s’appuyer sur ma demande de prolongation.

Mais surprise, il n’en fut pas ainsi. 

Ne recevant pas la réponse positive attendue, je fus écartée de mes tâches professionnelles mi-avril, au plus fort de la crise sanitaire, alors que les besoins en personnel étaient des plus criants !

Étrange paradoxe que celui-ci, d’autant que ma spécialité était aussi mise à mal dans cette période particulière. Je suis en effet… infirmière anesthésiste. 

Si je trace aujourd’hui ces quelques lignes, c’est évidemment pour dénoncer ce non-sens, cette incohérence qui m’a écartée de mes fonctions par une décision arbitraire, me créant, au passage, des difficultés financières imprévisibles. Bref, un mépris pour ma profession comme pour ma fin de carrière. Dans cette même carrière, je n’ai d’ailleurs eu que très peu d’occasions pour m’arrêter, alors oui… à ce jour, je veux demander réparation, par ce rejet et placardisation pendant cette fin de parcours professionnel, dans ce centre hospitalier des Hautes Alpes. 

D’autant plus que je continue à galérer pécuniairement, alors que je préparais ce départ dans des conditions plus sereines.

Ce centre hospitalier se situe dans une très belle région, que j’avais choisie pour sa qualité de vie, sa nature, ses belles montagnes et ses lacs… Heureusement que Dame Nature soigne et apaise nos tourments. 

Le harcèlement dans les milieux professionnels semble se propager, il faut en parler, nous devons en parler. 

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