Présentation du blog

Habitant en Suisse, j'ai décidé de déménager quelques mois à Turin pour comprendre le fonctionnement des centres sociaux et distinguer les dynamiques à l'oeuvre au sein de la mouvance autonome ou «antagoniste», pour reprendre le terme qui fait consensus en Italie. Notes de voyage sur la réalité politique italienne (octobre-décembre 2018).

Habitant en Suisse, j'ai décidé de déménager quelques mois à Turin pour comprendre le fonctionnement des centres sociaux et distinguer les dynamiques à l'oeuvre au sein de la mouvance autonome ou "antagoniste", pour reprendre le terme qui fait consensus en Italie. Leur militantisme est en général assez méconnu dans la francophonie en raison des problèmes habituels de traduction et les différences de contexte qui font que même traduits, des différences de culture politique empêchent de saisir pleinement les questions soulevées et les pratiques qui y sont associées. Cela m'amène au constat d'un certain manque de circulation entre les différentes réalités militantes anticapitalistes entre la francophonie (incluant la Belgique et la Suisse romande) et l'Italie. Ce blog se propose, modestement et sur une durée limitée, de combler ce fossé.

Pourquoi avoir choisi l'Italie ? Mon intérêt est à la fois politique et historique. Historique, d'abord, car ce pays a connu un nombre et une densité impressionnante de conflits sociaux durant la décennie suivant Mai 68, appellée le "Mai rampant". Ce fut l'époque de l'autonomie, que l'on peut définir comme une perspective qui cherche des possibilités de rupture avec le consensus capitaliste dans des aires sociales très variées (sujet juvénile, travailleurs étrangers, comités de quartiers) en basant leur action sur une étude approfondie des subjectivités (visions du monde et de sa propre situation) qui structurent leurs existences.
Contrairement à la gauche institutionnelle, les groupes autagonistes portent un point de vue critique sur la délégation politique et l'intégration dans les structures étatiques, en ce qu'elles ne sont pas neutres et constituent l'ossature de la normalité capitaliste. Une répression considérable dès la fin des années 1970 a marqué la fin du cycle de luttes issue de 1968. Pour qui voudrait se pencher davantage sur cette période, je ne peux que conseiller la lecture du livre "La horde d'or. Italie 1968-1977" de Nanni Balestrini et Primo Moroni, traduit en français en 2017 aux éditions de l'Eclat.

Parmi les initiatives qui influencent ma démarche, citons le livre "Contrées. Histoires croisées de la zad de Notre-Dame-des-Landes et de la lutte No TAV dans le Val Susa" du collectif Mauvaise Troupe (également publié aux éditions de l'Eclat) qui a fait un admirable travail de traduction au sens fort du terme du contexte de la lutte No-TAV dans le Val de Suse. Je reviendrai à plusieurs reprises sur cette lutte car elle irrigue le tissu militant turinois depuis de longues années et représente un bon exemple des méthodes appliquées par les camarades pour imposer un parcours de lutte radical sur une temporalité élargie.

Ce blog se nourrira aussi des échanges formels et informels qui seront suscité, je l'espère, par ses articles. La section des commentaires est donc ouverte et je peux aussi répondre à des emails à l'adresse
carnetsitaliens@riseup.net

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