Inauguration mercredi du barrage d’Estreito dans le bassin amazonien..Merci GDF-SUEZ et DILMA ROUSSEFF

La présidente du Brésil, Dilma Rousseff, et le PDG du groupe français GDF Suez, Gérard Mestrallet, ont inauguré mercredi le barrage d’Estreito dans le bassin amazonien, d’une capacité de 1.087 mégawatt (MW), un des plus grands projets de production d’électricité du pays.

Je sais que le Brésil est un pays privilégié car 86% de son électricité provient de barrages, une énergie propre. Le Brésil veut croître et prouver que sa croissance n’est pas contradictoire avec les meilleures pratiques environnementales, a déclaré Mme Rousseff lors d’une cérémonie retransmise à la télévision depuis l’Estreito, entre les Etats de Maranhao (nord-est) et Tocantins (nord).

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Située sur la rivière Tocantins, cette centrale hydroélectrique est détenue par un consortium constitué de Tractebel Energia – filiale de GDF Suez – (40,07%), du groupe minier brésilien Vale (30%), du géant de l’aluminium américain Alcoa (25,49%) et du Brésilien Intercement (4,44 %).

Les projets hydroélectriques font partie de la stratégie de GDF Suez. Nous sommes très heureux de contribuer à satisfaire les besoins croissants en énergie du pays par le développement de projets qui apportent une énergie propre et fiable, a dit quant à lui M. Mestrallet.

Tractebel Energia – premier producteur privé d’électricité du Brésil, avec 7% du total -, est responsable de la gestion opérationnelle de la centrale pour le compte du consortium qui a une concession de 35 ans.

Le barrage d’Estreito qui occupe 400 km2 et touche 10 communes du Tocantins et deux du sud du Maranhao permettra de répondre officiellement aux besoins en énergie de quatre millions de personnes et s’inscrit dans le cadre du Programme d’accélaration de la croissance (PAC) du gouvernement fédéral.

La présidente du Brésil a salué les efforts faits par les entreprises du consortium pour surmonter les difficultés de la construction et notamment le partenariat établi avec les mouvements des personnes touchées par le barrage dont les représentants étaient présents à la cérémonie.

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La construction du barrage a été un vecteur d’intégration sociale avec la création de plus de 36.000 emplois, dont 85% de main d’oeuvre locale, a souligné Mauricio Bahr, responsable des opérations chez GDF Suez Brésil, précisant que des 2,5 milliards de dollars investis, 300 millions ont été destinés à des programmes sociaux et environnementaux (éducation, santé et pêche).

La veille, lors d’une conférence de presse à Sao Paulo, il avait écarté l’idée que ce barrage puisse comporter des risques pour les populations locales, comme des défenseurs de l’environnement et des populations indiennes le dénoncent pour d’autres projets en cours dans le pays et notamment celui de Belo Monte au coeur de l’Amazonie qui sera le troisième plus grand barrage du monde (14.000 MW).

Les populations indiennes sont très loin. Il n’y a aucun impact direct, a-t-il assuré.

Le Brésil a connu de grandes pannes de courant en 1984, 1997, 1999 et 2001 et à son arrivée au pouvoir en 2003, l’ex-président Luiz Inacio Lula da Silva a décidé d’investir en énergie pour soutenir la croissance de ce pays émergent.

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Au Brésil, 86% de l’électricité produite est d’origine hydroélectrique mais ces ressources se feront plus rares à partir de 2020, selon les spécialistes.

Seul pays sud-américain avec l’Argentine à posséder une filière nucléaire civile avec deux centrales en fonctionnement, le Brésil ne dépend actuellement qu’à hauteur de moins de 5% de l’énergie nucléaire. Le reste provient de centrales au diesel et au charbon, selon les chiffres officiels.

Source: AFP le 17 octobre 2012

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