Silence...

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Comme nombre de parisiens, j'ai participé avant-hier aux Nuits Blanches 2011 de Paris.

D'abord, juste, pourquoi Nuits et Blanches au pluriel quand il ne s'agit que d'une seule?

Bien sûr chacun est libre de prolonger à son gré et selon ses envies, mais quand même, la publicité mensongère ce n'est pas fait (que ) pour les chiens...

Juste un petit coup de gueule.

Voilà quoi.

Au hasard de mes déambulations (hasard favorisé grandement par le fait que l'application Iphone et le site de la mairie de Paris furent vite saturés et donc aux abonnés absents, le guide papier -oui ce truc ringard dont on peut tourner les pages- nous fut donc d'un grand secours...), mon compagnon de route et moi, nous nous trouvâmes donc dans la cour de l'Hôtel de ville de Paris, pour y voir une petite merveille.

"The leopard", d'Isaac Julien.

Quels mots poser là-dessus, je ne sais pas. Quelque chose d'incroyable, un voyage entre le film de Visconti et la situation des mignants africains qui viennent s'échouer sur ces mêmes côtes. C'est un petit résumé de mon cru, ridicule, au regard de la beauté de l'objet. Des images, des sons, des corps... quelque chose qui touche à l'absolu. Bref, un Objet Filmique Non Identifié... Encore une fois d'une rare beauté.

Et, alors que quelques heures auparavant, nous nous extasions de concert sur cette manifestation qui permettait à tant de gens d'horizons divers de rencontrer, pour un soir dans une ambiance de fête et de convivialité (ce qui devrait toujours être autour de l'Art, à mon sentiment), la création contemporaine, force nous fût déchanter.

Car à peine la dernière image tombée sur l'écran, même pas le générique, hein, l'écran n'était pas encore noir, qu'une voix de crétin (de crétin payé pour, et pas responsable, j'en suis d'accord) nous annonçait : "Mesdames et messieurs la sortie se trouve au fond de la cour à droite de l'écran, gnagnagna...", sous-entendu merci de bien vouloir évacuer au plus vite pour laisser la place aux suivants..

Mais, crétin, tu ne pourrais pas te taire? Et nous laisser juste 30 secondes dans le silence? Histoire de digèrer, d'ingèrer de méditer sur ce qu'on vient de voir?

L'Art, la Beauté, la Culture?

Eh bien non, tu consommes et tu dégages, là comme ailleurs.

Et j'en viens à me demander si ce ne serait pas à l'heure actuelle le plus grand chantier de la culture, bien au-delà des questions de culture pour tous ou pour chacun, de l'élitisme et du populisme également haïssable..

Avoir droit juste à 30 secondes de SILENCE.

Dans ce monde de bru(i)t(e)s...

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