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Billet de blog 15 juin 2019

Pourquoi voir un poisson volant est un rêve d'enfant ?

Avoir une intuition, une illusion, une sensation. Rêver. Inventer. Fantasmer. Croire. Prévoir. Concevoir. Notre vie est peuplée d’irrationnel.

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La religion, ce dogme définissant notre rapport au sacré, en est le meilleur exemple. Mais plus prêt de nous, toutes ces émotions, ces pulsions, ces instincts défiant toute raison influencent nos vies et nos comportements et agissent de manière totalement énigmatique. Pêle-mêle : les phénomènes extra-sensoriels (l’hypnose, la télépathie, la clairvoyance), l’existence de l’âme, les coïncidences frappantes, les hasards heureux, les rêves prémonitoires, les miracles, les hallucinations.
L’irrationnel qui surgit dans nos vies, c’est un peu le divin qui s’invite dans notre quotidien. Il nous surprend, nous enchante, nous attire, nous fascine. Pourquoi croit-on aux mythes ? Et quel rôle joue les animaux dans ces légendes ? Que disent-ils de nous ? À quoi souhaitons-nous accéder à travers eux ?
Escapade en Mythologie, ce pays où tout est possible.


Besoin de rien, envie de croire (aux dragons, aux licornes, aux loups-garous)

Depuis l’Antiquité jusqu’à notre civilisation contemporaine (les contes fantastiques comme les sagas d’Harry Potter), nous avons inventé des mythes et des légendes. L’objectif ? Réenchanter notre monde – trop rationnel à notre goût. Libérer notre esprit – emprisonné dans notre corps (mais où donc ?). Permettre à notre quête spirituelle – et à notre quête de sens- de s’exprimer.

Une part de mystère, une pincée de magie, quelques gouttes de doutes et une cuillerée d’étrangeté, l’homme est ainsi fait qu’il a besoin de croire même aux scénarios les plus improbables. Notre ignorance, plus que notre connaissance, est un formidable moteur pour comprendre le monde qui ne se limite pas à sa dimension rationnelle. C’est bien notre imaginaire - qui nous offre une liberté sans limite-, plus que notre savoir-faire, qui nous inspire et nous permet souvent d’expliquer l’inexplicable : d’où venons-nous ? Où allons-nous ? Que faisons-nous ?

Et notre source d’inspiration préférée, c’est le monde animal. Plus que tout phénomène, les animaux constituent notre part de rêve. Débarrassés du pêché originel, ils rappellent à l’homme, dixit Jean Giraudoux, la vie naturelle. Les mettre en scène, c’est révéler notre part cachée. Les magnifier, c’est réhabiliter notre condition humaine et retrouver en quelque sorte le paradis perdu d’où nous avons été chassés. Dans la mythologie, leur rôle est majeur. Tantôt protecteurs et vénérés - principalement les animaux diurnes -, tantôt persécuteurs et diaboliques - les animaux nocturnes (plus mystérieux que les autres), les créatures fantastiques sont de tous les contes.

Hybrides, ubiquitaires et dotés de supers pouvoirs, leurs dimensions invisibles et divines nous fascinent. Un crapaud se transforme en prince charmant, tel un ascenseur social magique, et voilà des générations entières de filles, petites et grandes, qui se prennent à rêver. Quelques autres spécimens bien connus nous rappellent à nos fantasmes absolus : le yeti, bête mi-homme, mi-singe, le Centaure, mi-homme mi-cheval, la sirène, mi-femme, mi-poisson, le sphinx, mi-homme, mi-lion. Ces êtres sont le produit monstrueux et prodigieux du meilleur (et aussi du pire) de l’homme et de l’animal, l’entente fantastique et démoniaque entre deux espèces dont les capacités s’associeraient. Le trait d’union entre la raison et la déraison.

Des animaux fabuleux bel et bien réels

Notre imaginaire collectif est peuplé de bêtes légendaires et certains d’entre elles sont pourtant bien réelles. Voir un poisson volant voler et nager de ses propres yeux est une expérience extraordinaire, quasi mystique. L’irrationnel est bien réel ; il est même à notre portée (de vue en tout cas). Un enchantement absolu, comme un accès instantané et privilégié à la divinité. Comme si l’irrationnel trouvait sa légitimité. Comme si, devant nos yeux, nos rêves d’enfants et nos rêves d’adultes se réalisaient.
La méduse Turritopsis nutricula a atteint la quête la plus ardente de l’humanité : être éternelle. Elle seule possède en effet la capacité d'alterner les cycles de vieillissement et de rajeunissement : un secret que l'on n'a pas encore réussi à percer. Le poisson volant, donc, défie les lois de l’apesanteur terrestre en parvenant à nager et à voler. Une évasion sous plusieurs formes : l’extase. La pieuvre mimétique, tout comme le caméléon, parvient à changer d’apparence et à imiter d’autres animaux : jouissif.

L’être humain, la créature fantastique de demain ?

À observer ces espèces animales aux pouvoirs surnaturels, l’homme a raison de croire en l’irrationnel. Mais il se languit et désespère. Voler, disparaître, réapparaître, se transformer : l’homme aspire, lui aussi, à une vie augmentée. À force de progrès scientifiques et d’évolution biologique, il souhaite repousser les limites et augmenter ses capacités. Mais c’est oublier qu’il y a déjà accès...

Regardons plutôt le verre à moitié plein : notre cerveau a triplé de volume en 7 millions d’années. L’homme est parvenu, au terme de millions d’années d’évolution, à parler, à rire, à réfléchir, à avoir de l’esprit, de l’humour et une conscience - ce qui fait de l’être humain une espèce véritablement hors du commun. « Et si l’être humain était un super-héros qui s’ignorait ?» questionne Paul Verdu, anthropologue, qui rappelle que chaque individu est porteur de 33 mutations. Celles-ci pourraient, à très long terme et à condition qu’elles se réalisent de façon avantageuse, nous offrir des facultés supplémentaires. Mais nous sommes déjà des supers-héros, des champions inter- espèces du cortex même, dont nous n’utilisons que 10 à 30% des capacités.

Ce que nous considérons comme irrationnel aujourd'hui ne le sera peut-être plus demain. La quête de l'Homme est immense et il est bon d'utiliser tous les outils qui sont à notre disposition. La raison en est une. L’irraison et l’imagination en sont deux autres.

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