Visite du premier ministre arménien Nikol Pashinyan à Paris

La délégation arménienne menée par Nikol Pashinyan, premier ministre par interim, a été accueillie par le président français Emmanuel Macron à l'Elysée. Par la suite, la délégation est partie à la rencontre de Richard Ferrand, président de l'Assemblée nationale et Gérard Larcher, président du Sénat

Nikol Pashinyan, premier ministre par intérim depuis avril dernier a été invité et salué par le président français Emmanuel Macron à l'Elysée. 

Le premier ministre, signataire de l'accord de cessez le feu entre l'Arménie et de l'Azerbaïdjan du 9 Novembre dernier, a dû faire à face de nombreux mouvements de contestation. Cette décision marque la fin de la guerre entre les pays et atteste la victoire de l'Azerbaïdjan.

Mr Pashinyan, a quelques semaines des élections législatives, tente de s'affirmer et de montrer sa posture de dirigeant proche des puissances européennes par le biais de cette visite de travail avec les représentants étatiques français.

Le président français a de nouveau affiché son soutien au premier ministre-candidat aux élections législatives anticipées du 20 juin devant se tenir à Erevan. "Cher Nikol, Nous avons travaillé dur ensemble ces dernières années pour votre engagement en faveur de la démocratie et la lutte contre la corruption " a déclaré Emmanuel Macron. 

Le président français a énoncé les différentes actions humanitaires réalisées par le biais de Comité international de la Croix-Rouge et la coopération entre institutions médicales françaises et arméniennes et a affirmé que "La France est prête à poursuivre son soutien aux populations, je pense à la nécessaire libération de tous les prisonniers, qu'il s'agisse de tous les prisonniers de guerre comme des autres détenus, à la levée des restrictions d'accès aux organisations internationales humanitaires et aux graves problèmes des zones minées."

À ce jour, plus de 200 prisonniers de guerre sont toujours détenus illégalement par l'Azerbaïdjan malgré le 8ème point du cessez- le-feu mentionnant la libération des prisonniers de guerre détenus et ce de manière unilatérale. Plusieurs prisonniers de guerre ont subi de violences et intimidations durant après le conflit. Pour rappel, le droit international humanitaire oblige les belligérants d'un conflit armé international à traiter les prisonniers de guerre avec dignité de manière continue et en toutes circonstances. La troisième Convention de Genève (art. 13) protège les prisonniers de guerre "contre tout acte de violence ou d'intimidation, contre les insultes et la curiosité publique."

Le déploiement de 250 soldats azerbaïdjanais au niveau dans la région de Syunik (région du Sud de l'Arménie, territoire stratégique se situant entre la république autonome Azerbaïdjanaise du Nakhichevan et l'Azerbaïdjan où une route de passage a été cédé suite à l'accord de cessez-le-feu) et Gegharkunik (région abritant le lac noir, fournissant l'eau pour près de 18 villages arméniens de la région) menace fortement l'intégralité des frontières territoriales arméniennes). À la suite de ces tensions, le 27 mai, six soldats arméniens ont été faits prisonniers par les troupes de Bakou, et l'Azerbaïdjan a dénoncé de son côté des tirs arméniens ayant fait un blessé. 

Nikol Pashinyan a ensuite ajouté, suite à l'allocution du président français : "La France et l’Arménie entretiennent une relation privilégiée, il est tout à fait possible d’affirmer que pendant cette période le peuple arménien, la République d’Arménie ont toujours ressenti le soutien personnel de la France et du président Macron. Je voudrais souligner que le président Macron parle le langage de la vérité depuis le premier jour de la crise dans notre région, une voix qui a été entendue dans le monde entier.

Demain, le premier ministre Nikol Pashinyan se rendra à Bruxelles pour rencontrer son homologue belge, Alexandre de Croo. Le parlement Belge avait,  le 27 mai dernier adopté à l'unanimité une résolution appelant l'Azerbaïdjan à "libérer immédiatement tous les autres captifs arméniens, y compris les civils" et à appeler le gouvernement fédéral Belge à "prendre les mesures appropriées pour soutenir la libération immédiate et inconditionnelle et le retour en sécurité de tous les captifs arméniens restés en Azerbaïdjan".

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