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Billet de blog 4 mars 2022

Ce sera Mélenchon.

Le 10 avril, et j’espère le 24, je voterai Jean-Luc Mélenchon. Et d’ici là je vais tenter de convaincre autour de moi que c’est le meilleur choix pour la gauche.

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Nous avons assisté depuis le début de cette campagne présidentielle à un déversement concomitant de haine raciste et de propositions libérales par la droite et l’extrême-droite. 

Depuis l’invasion de l’Ukraine par la Russie et le déclenchement de la guerre, nous sommes exposés à un énième défoulement de paroles racistes concernant les réfugié·e·s, théorisant de manière explicite le tri et la hiérarchisation entre êtres humains, entre les « bons réfugiés » (comprenez les blancs et blanches) et les autres. 

Sur le plan économique aussi, les propositions occupant l’espace public tirent le débat politique vers la droite. Valérie Pécresse veut supprimer 200 000 postes de fonctionnaires et le candidat d’extrême-droite veut tout simplement supprimer les cotisations sociales. La campagne du désormais candidat Emmanuel Macron n’y déroge pas : le message principal de sa lettre aux Français est qu’il faudrait travailler plus (il ne précise pas « pour gagner plus », comprenez donc que ce sera pour gagner autant ou moins). Il y a quelques semaines, il affirmait qu'il fallait relancer le nucléaire en France.

Cette occupation de l’espace politique et médiatique n’est pas seulement un problème temporaire. Il suffirait au fond d’attendre que la présidentielle passe. Non. Les paroles racistes, les propositions libérales qui tournent en boucle ont et auront encore demain un impact réel sur nos vies. 

Elles ont un impact sur le niveau de racisme dans notre société et donc sur les discriminations et violences subies par les personnes racisées. Elles ont aussi un impact sur nos imaginaires et nos possibilités de penser un autre rapport au travail, une autre répartition des richesses, la sobriété énergétique du pays. Cet impact se mesurera après la présidentielle, si un candidat de droite la gagne, dans nos capacités de mobilisations et de résistances qui auront été grignotées pendant plusieurs mois.  

Je ressens la déprime politique qui saisit beaucoup de personnes autour de moi. Je la comprends. Sincèrement, c’est pas la fête. Depuis plusieurs semaines, les conversations avec les ami·e·s de gauche tournent d’ailleurs en boucle : « C’est la cata hein ? » « Oui, c’est vraiment la merde. »

Et si on avait une fenêtre pour changer un peu la donne ? Et si, on pouvait avoir un second tour entre la gauche et la droite ? Et pourquoi pas envisager de gagner la Présidentielle ?

D’abord, on aurait deux semaines d’extrême-droite de moins à la télévision. Le débat du second tour se ferait peut-être sur la réduction du temps de travail, la réforme des retraites, et - qui sait - sur la lutte contre les violences sexuelles et les discriminations plutôt que sur l’immigration, la sécurité ou la réduction des « charges » (sic) sociales. 

Ensuite, ça aurait un autre impact : faire un peu vaciller Macron et son programme. Cela permettrait de lui montrer que tout n’est pas joué. Que même s’il gagne, il n’aura pas un quinquennat avec un boulevard pour appliquer son projet de restrictions de nos droits, de nos libertés publiques, de nos protections sociales. 

Il y a un seul candidat qui peut permettre cela aujourd’hui. C’est Jean-Luc Mélenchon. 

Ce n'est pas un hasard. Il s'appuie sur une organisation politique structurée. Son projet est le meilleur, de loin, de tous les candidat·e·s à gauche, en particulier sur les questions économiques ou écologiques. Sur le sujet que je connais, la prévention des violences sexuelles, il a un programme ambitieux qui s’appuie sur les revendications des organisations féministes. 

J’entends qu’on me dit « Mais, Caroline, y a tellement de trucs qui ne vont pas ». 

Oui, il y a des trucs qui ne vont pas. Partout à gauche en réalité. 

Nous avons des candidates qui ne veulent pas accéder au second tour, cherchant avec la Présidentielle un espace de parole qui n’a pas besoin de suffrages. D’autres qui souhaiteraient accéder au second tour mais n’en n’ont pas les moyens. Nous avons par exemple des candidats qui ont soutenu le rassemblement factieux des policiers devant l’Assemblée nationale l’an dernier. D’autres qui sont clairement anti-féministes ou anti-écologiques (ou les deux). Dans tous ces partis, des hommes sont mis en cause pour des violences par des militantes sans que les choses bougent.

Il n'y a pas de candidat parfait. 

Ce qui emporte ma décision, c’est qu'il y a un candidat qui propose un programme solide, cohérent. Un candidat qui, quand il me parle, permet d’envisager un autre chemin que celui que préparent la droite et l’extrême-droite. Un candidat surtout qui est en situation d’arriver au second tour et d'ouvrir un espace de rapport de force nouveau. Un espace de respiration dans cet environnement politique toxique.

Alors le 10 avril, et j’espère le 24, je voterai Jean-Luc Mélenchon. Et d’ici là, je vais tenter de convaincre autour de moi, que c’est le meilleur choix pour la gauche et l’écologie.

Caroline De Haas
Militante féministe

* Plusieurs personnes m’ont posé la question en lisant ce papier avant que je le publie donc je précise : je ne suis pas et ne serai pas candidate aux élections législatives. 

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