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Billet de blog 10 avr. 2022

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Tristesse. Peur. Et détermination

La gauche et l’écologie, une fois de plus, ne seront pas au second tour de l’élection présidentielle. La déception est immense. La tristesse aussi. Et puis la peur. Celle de voir Marine Le Pen élue.

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Ce billet a été publié sur le site ceseramelenchon.com


La gauche et l’écologie, une fois de plus, ne seront donc pas au second tour de l’élection présidentielle. La déception est immense. La tristesse aussi. Et puis la peur.

La peur de voir notre pays élire l’extrême-droite à la tête du pays.

Cette situation n’est pas de notre responsabilité, qu’on ait voté pour Mélenchon ou pour une candidature de gauche. Je le sais bien. C’est la responsabilité avant tout du président actuel et de son gouvernement qui ont tout fait pour que ce second tour arrive.

Depuis 5 ans, féministes, anti-racistes, syndicalistes, enseignant·e·s, soignant·e·s, ... nous avons toutes et tous alerté sur le risque que représentaient les politiques menées par Emmanuel Macron. Restriction des libertés, réforme de l’assurance chômage, violences policières, appropriation des mots du Rassemblement national : le gouvernement d’Emmanuel Macron a préparé le terrain. Nous avons aussi dit et redit à quel point leur mépris des mobilisations sociales, des revendications des ONG, associations ou syndicats, comme le mépris des habitant·e·s et citoyens, participaient au désespoir, au désengagement politique et donc, à la montée de l’extrême-droite.

Cette situation n’est pas de notre responsabilité.

Et pourtant, on va nous demander, dans deux semaines, de la régler.

Franchement, j’aurais envie de tout envoyer balader. De dire à celui qui a créé cette situation de l’assumer et de se démerder.

Je sais que je ne le ferais pas. Je veux éviter qu’une fasciste qui veut inscrire la préférence nationale dans la loi arrive au pouvoir. La détestation de Macron est tellement forte que cette fois, Marine Le Pen peut gagner. Et Marine Le Pen présidente, c’est Éric Zemmour au gouvernement. Marine Le Pen présidente, c’est la porte ouverte à des violences racistes amplifiées pendant les années qui viennent. Marine Le Pen présidente, c’est le pied dans la porte du recul des droits des femmes. Si je peux empêcher cela, même si c’est avec un bulletin de vote Macron, je le ferai.

Je suis convaincue que celui qui a le pouvoir d’éviter la catastrophe c’est Emmanuel Macron lui-même. En annonçant par exemple qu’il renonce à ses propositions les plus à droite comme la retraite à 65 ans, la réforme du RSA ou son projet pour l’école. Son arrogance est telle que je pense qu’il ne le fera pas.

C’est rude. C’est injuste. Cela me met en colère. Mais ma peur est plus grande que ma colère.

Je voterai pour Macron le 24 avril. Point suivant.

Le point suivant, c’est tout de suite de s’opposer de toutes nos forces aux discours racistes et sexistes qui vont se diffuser puissance 1000 pendant deux semaines dans les médias et sur les réseaux sociaux. De réaffirmer partout notre refus des violences xénophobes, antisémistes ou islamophobes. De répéter que les droits des femmes, notamment à disposer de leur corps, ne peuvent pas faire l’objet de débat.

Le point suivant, c’est ensuite la préparation des mobilisations à venir avec toutes celles et ceux qui le souhaitent. Il est un peu tôt pour en parler, parce que ce soir, c’est la tristesse et le dégoût qui l’emportent. Mais quelle que soit l’issue du scrutin fin avril, nous aurons des batailles à mener.

D’abord mettre des député·e·s de gauche et écologistes à l’Assemblée nationale en juin. Des accords pour présenter des candidat·e·s uniques partout là où c’est utile, des désistements là où c‘est pertinent, ça aurait de la gueule. Les écologistes et les communistes doivent reconnaître la force qu’a mobilisée Jean-Luc Mélenchon et faire alliance avec lui.

Ensuite, construire les mobilisations, au travail et dans la rue, contre la retraite à 65 ans ou la réforme du RSA qui vont arriver vite.

Enfin, il faudra trouver un moyen de bâtir une gauche et une écologie politique qui peuvent gagner la présidentielle. Il existe des désaccords, aucun ne me semble insurmontable. L’Union populaire et l’incroyable campagne qui a largement dépassé les rangs de la France Insoumise, autour de la candidature de Jean-Luc Mélenchon, ont soulevé plein d’espoirs. Elles peuvent sans doute être un point de départ. Nos responsables politiques doivent s’appuyer dessus pour tracer des perspectives malgré la défaite.

Il y a quelque chose dont je suis certaine : ce n’est pas la fin de l’histoire.

Nous avons déjà connu des défaites politiques ou sociales. Nous avons toujours continué à nous battre, encore et encore.

Il nous faudra peut-être quelques jours pour digérer la tristesse et dépasser la colère. Mais nous serons là. Ce quinquennat à venir ne se fera pas sans nous.

Caroline De Haas, militante féministe

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