carolinedehaas
Féministe
Abonné·e de Mediapart

152 Billets

2 Éditions

Billet de blog 10 avr. 2022

Tristesse. Peur. Et détermination

La gauche et l’écologie, une fois de plus, ne seront pas au second tour de l’élection présidentielle. La déception est immense. La tristesse aussi. Et puis la peur. Celle de voir Marine Le Pen élue.

carolinedehaas
Féministe
Abonné·e de Mediapart

Ce blog est personnel, la rédaction n’est pas à l’origine de ses contenus.

Ce billet a été publié sur le site ceseramelenchon.com


La gauche et l’écologie, une fois de plus, ne seront donc pas au second tour de l’élection présidentielle. La déception est immense. La tristesse aussi. Et puis la peur.

La peur de voir notre pays élire l’extrême-droite à la tête du pays.

Cette situation n’est pas de notre responsabilité, qu’on ait voté pour Mélenchon ou pour une candidature de gauche. Je le sais bien. C’est la responsabilité avant tout du président actuel et de son gouvernement qui ont tout fait pour que ce second tour arrive.

Depuis 5 ans, féministes, anti-racistes, syndicalistes, enseignant·e·s, soignant·e·s, ... nous avons toutes et tous alerté sur le risque que représentaient les politiques menées par Emmanuel Macron. Restriction des libertés, réforme de l’assurance chômage, violences policières, appropriation des mots du Rassemblement national : le gouvernement d’Emmanuel Macron a préparé le terrain. Nous avons aussi dit et redit à quel point leur mépris des mobilisations sociales, des revendications des ONG, associations ou syndicats, comme le mépris des habitant·e·s et citoyens, participaient au désespoir, au désengagement politique et donc, à la montée de l’extrême-droite.

Cette situation n’est pas de notre responsabilité.

Et pourtant, on va nous demander, dans deux semaines, de la régler.

Franchement, j’aurais envie de tout envoyer balader. De dire à celui qui a créé cette situation de l’assumer et de se démerder.

Je sais que je ne le ferais pas. Je veux éviter qu’une fasciste qui veut inscrire la préférence nationale dans la loi arrive au pouvoir. La détestation de Macron est tellement forte que cette fois, Marine Le Pen peut gagner. Et Marine Le Pen présidente, c’est Éric Zemmour au gouvernement. Marine Le Pen présidente, c’est la porte ouverte à des violences racistes amplifiées pendant les années qui viennent. Marine Le Pen présidente, c’est le pied dans la porte du recul des droits des femmes. Si je peux empêcher cela, même si c’est avec un bulletin de vote Macron, je le ferai.

Je suis convaincue que celui qui a le pouvoir d’éviter la catastrophe c’est Emmanuel Macron lui-même. En annonçant par exemple qu’il renonce à ses propositions les plus à droite comme la retraite à 65 ans, la réforme du RSA ou son projet pour l’école. Son arrogance est telle que je pense qu’il ne le fera pas.

C’est rude. C’est injuste. Cela me met en colère. Mais ma peur est plus grande que ma colère.

Je voterai pour Macron le 24 avril. Point suivant.

Le point suivant, c’est tout de suite de s’opposer de toutes nos forces aux discours racistes et sexistes qui vont se diffuser puissance 1000 pendant deux semaines dans les médias et sur les réseaux sociaux. De réaffirmer partout notre refus des violences xénophobes, antisémistes ou islamophobes. De répéter que les droits des femmes, notamment à disposer de leur corps, ne peuvent pas faire l’objet de débat.

Le point suivant, c’est ensuite la préparation des mobilisations à venir avec toutes celles et ceux qui le souhaitent. Il est un peu tôt pour en parler, parce que ce soir, c’est la tristesse et le dégoût qui l’emportent. Mais quelle que soit l’issue du scrutin fin avril, nous aurons des batailles à mener.

D’abord mettre des député·e·s de gauche et écologistes à l’Assemblée nationale en juin. Des accords pour présenter des candidat·e·s uniques partout là où c’est utile, des désistements là où c‘est pertinent, ça aurait de la gueule. Les écologistes et les communistes doivent reconnaître la force qu’a mobilisée Jean-Luc Mélenchon et faire alliance avec lui.

Ensuite, construire les mobilisations, au travail et dans la rue, contre la retraite à 65 ans ou la réforme du RSA qui vont arriver vite.

Enfin, il faudra trouver un moyen de bâtir une gauche et une écologie politique qui peuvent gagner la présidentielle. Il existe des désaccords, aucun ne me semble insurmontable. L’Union populaire et l’incroyable campagne qui a largement dépassé les rangs de la France Insoumise, autour de la candidature de Jean-Luc Mélenchon, ont soulevé plein d’espoirs. Elles peuvent sans doute être un point de départ. Nos responsables politiques doivent s’appuyer dessus pour tracer des perspectives malgré la défaite.

Il y a quelque chose dont je suis certaine : ce n’est pas la fin de l’histoire.

Nous avons déjà connu des défaites politiques ou sociales. Nous avons toujours continué à nous battre, encore et encore.

Il nous faudra peut-être quelques jours pour digérer la tristesse et dépasser la colère. Mais nous serons là. Ce quinquennat à venir ne se fera pas sans nous.

Caroline De Haas, militante féministe

Instagram - Twitter

Ce billet a été publié sur le site ceseramelenchon.com

Bienvenue dans le Club de Mediapart

Tout·e abonné·e à Mediapart dispose d’un blog et peut exercer sa liberté d’expression dans le respect de notre charte de participation.

Les textes ne sont ni validés, ni modérés en amont de leur publication.

Voir notre charte

À la Une de Mediapart

Journal
Affaire Abad : une élue centriste dépose plainte pour tentative de viol
Selon nos informations, Laëtitia*, l’élue centriste qui avait accusé, dans Mediapart, le ministre des solidarités d’avoir tenté de la violer en 2010, a porté plainte lundi 27 juin. Damien Abad conteste « avec la plus grande fermeté » les accusations et annonce une plainte en dénonciation calomnieuse.
par Marine Turchi
Journal — France
Opération intox : une société française au service des dictateurs et du CAC 40
Une enquête de Mediapart raconte l’une des plus grandes entreprises de manipulation de l’information intervenue en France ces dernières années. Plusieurs sites participatifs, dont Le Club de Mediapart, en ont été victimes. Au cœur de l’histoire : une société privée, Avisa Partners, qui travaille pour le compte d’États étrangers, de multinationales mais aussi d’institutions publiques.
par Fabrice Arfi, Antton Rouget, Tomas Madlenak et Lukas Diko (ICJK)
Journal
Le procès des attentats du 13-Novembre
Le procès des attentats du 13-Novembre a débuté mercredi 8 septembre à Paris. Durant neuf mois, vingt accusés vont devoir répondre du rôle qu’ils ont joué dans cette tuerie de masse. Retrouvez ici tous nos articles, reportages, enquêtes et entretiens, et les chroniques de sept victimes des attentats.
par La rédaction de Mediapart
Journal — International
Tragédie aux portes de l’Europe : des politiques migratoires plus mortelles que jamais
Vendredi 24 juin, des migrants subsahariens ont tenté de gagner l’Espagne depuis Nador, au Maroc, où des tentatives de passage se font régulièrement. Mais cette fois, ce qui s’apparente à un mouvement de foule a causé la mort d’au moins 23 personnes aux portes de l’Europe.
par Nejma Brahim et Rachida El Azzouzi

La sélection du Club

Billet de blog
Pays basque : le corps d’un migrant retrouvé dans le fleuve frontière
Le corps d’un jeune migrant d’origine subsaharienne a été retrouvé samedi matin dans la Bidassoa, le fleuve séparant l’Espagne et la France, ont annoncé les autorités espagnoles et les pompiers français des Pyrénées-Atlantiques.
par Roland RICHA
Billet de blog
Frontières intérieures, morts en série et illégalités
Chacun des garçons qui s'est noyé après avoir voulu passer la frontière à la nage ou d’une autre manière dangereuse, a fait l’objet de plusieurs refoulements. Leurs camarades en témoignent.
par marie cosnay
Billet de blog
Melilla : violences aux frontières de l'Europe, de plus en plus inhumaines
C'était il y a deux jours et le comportement inhumain des autorités européennes aux portes de l'Europe reste dans beaucoup de médias passé sous silence. Vendredi 24 juin plus de 2000 personnes ont essayé de franchir les murs de Melilla, enclave espagnole au Maroc, des dizaines de personnes ont perdu la vie, tuées par les autorités ou laissées, agonisantes, mourir aux suites de leurs blessures.
par Clementine Seraut
Billet de blog
Exilés morts en Méditerranée : Frontex complice d’un crime contre l’humanité
Par son adhésion aux accords de Schengen, la Suisse soutient l'agence Frontex qui interdit l'accès des pays de l'UE aux personnes en situation d'exil. Par référendum, les Helvètes doivent se prononcer le 15 mai prochain sur une forte augmentation de la contribution de la Confédération à une agence complice d'un crime contre l'humanité à l'égard des exilé-es.
par Claude Calame