Mise au point, suite à l'article de l'Obs

Depuis mercredi soir, je subis une tempête d'insultes et de harcèlement sur les réseaux sociaux. A l'origine ? Un article de L'Obs.

En début de semaine, lors d'un échange téléphonique de 45 minutes avec un journaliste de L'Obs, je lui dis quelque chose que je répète depuis quelques semaine à de nombreux journalistes et dans beaucoup de mes interventions publiques : "1 femme sur 2 victime de violence sexuelle. Dans la majorité des cas, par quelqu'un de leur entourage. Donc ça signifie que les agresseurs sont nombreux. 1 sur 2, 1 sur 3 ? Je ne sais pas. Beaucoup"

Le journaliste de L'Obs traduit et titre : "Un homme sur 2 ou 3 est agresseur".

Évidemment, le titre de mon interview, tourné comme cela, ne veut rien dire. Nous ne connaissons pas le nombre exact d'agresseurs. Nous savons juste que des millions de femmes sont victimes de violences sexuelles en France.

Ce titre a déclenché une tempête d'insultes et de harcèlement sur les réseaux sociaux. J'ai aussi au droit à de nombreuses moqueries, de la part de journalistes, chroniqueurs ou d'humoristes qui ont alimenté la tempête auprès de leurs centaines de milliers d'auditeurs ou de lecteurs. Je ne sais pas s'ils se rendent compte qu'après chacun de leurs tweets ou chacune de leur chronique, ce sont des centaines de messages d'insultes, la plupart à connotation sexuelle qui m'arrivent.

Ce que je dis, comme toujours, c'est qu'une femme sur deux est victime de violences sexuelles et que dans l'immense majorité des cas, c'est par quelqu'un de son entourage.

Vous connaissez donc chacune et chacun des dizaines de femmes victimes. Réfléchissez donc quelques minutes. Si vous connaissez des victimes et que  l'immense majorité des agresseurs sont de leur entourage. C'est que vous connaissez aussi des agresseurs.

Au final, ce que je trouve le plus intéressant dans tout ça, c'est à quel point le fait de dire que nous connaissons un agresseur, voire plusieurs, nous dérange. Nous met mal à l'aise. C'est peut être le signe qu'on a touché juste.

Cette mise au point a été publiée sur Twitter et sur Facebook.

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