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Billet de blog 17 nov. 2015

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Liberté, égalité, mais pas trop quand même…

Hier soir, les trolls étaient de sortie sur Twitter (comme souvent me direz-vous). Le problème ? Un tweet soulignant que dans les pages débats du Monde, comme d’ailleurs dans la plupart des débats organisés depuis vendredi, les femmes étaient bizarrement absentes*.

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Hier soir, les trolls étaient de sortie sur Twitter (comme souvent me direz-vous). Le problème ? Un tweet soulignant que dans les pages débats du Monde, comme d’ailleurs dans la plupart des débats organisés depuis vendredi, les femmes étaient bizarrement absentes*.

La reprise du Tweet, accompagné d’une remarque méprisante, par une chroniqueuse du Figaro a déclenché un torrent d’injures. Les arguments, quand on arrivait à les discerner au milieu des fautes d’orthographes, ressemblaient à ça : « on a d’autres priorités », « vous n’avez pas autre chose à faire », etc…

Un instant, j’ai douté. J’ai failli retirer le tweet, me laissant gagner par cette idée que face à l’horreur et à la crise, il fallait faire profil bas et reporter les questions d’égalité à plus tard.

Mais il y a un problème dans ce raisonnement. Le même que lorsque qu’on nous intime de ne pas critiquer les choix sécuritaires du Président. Parce que, vous comprenez, face à l’horreur et la crise, la question de nos libertés individuelles paraîtrait bien anecdotique.

Comment pouvons-nous vendredi, expliquer partout que ce sont nos valeurs, la liberté et l’égalité qui ont été attaquées et, 48 heures plus tard, expliquer que ces valeurs n’ont plus d’importance ? Comment pouvons-nous croire un seul instant que c’est en mettant ces valeurs sous le tapis que nous réussirons à sortir de la crise ?

La liberté et l’égalité ne sont pas des anecdotes. Ce ne sont pas des suppléments d’âme qu’on peut se payer quand tout va bien. Ce sont des piliers fondamentaux de nos sociétés, sans lesquels nous n’avons aucune chance de faire reculer le terrorisme

C’est parce que ces valeurs dérangent qu’elles sont attaquées. Vous l’avez écrit partout depuis vendredi, vous avez déjà oublié ?

C'est justement dans ces périodes de crise, d’horreur, de douleur qu’elles sont particulièrement fragiles. C'est dans les périodes de crises que les libertés publiques reculent. C'est dans les périodes de crises que l'égalité entre les sexes marque un arrêt. C'est dans les périodes de crise que le racisme repart à la hausse**. 

Je refuse l’injonction qui m’est faite à cesser de penser ou de critiquer. J’affirme mon droit fondamental à comprendre les actions menées en mon nom. J’affirme mon droit fondamental de ne pas être d’accord et à le dire. J’affirme mon droit fondamental à défendre la liberté et l’égalité, même quand je suis bouleversée, triste et en colère. 

Parce que sinon, ils auront encore marqué un point.

Caroline De Haas

Militante de gauche, féministe 

* Nous avons été nombreux et nombreuses à le remarquer (voir par exemple Dominique Bouissou ici, Marie Cervetti ici, ou encore Alice Coffin ici).

** Les actes islamophobes se multiplient depuis vendredi (voir ici)

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