La stratégie de l'agresseur expliquée

Un tweet de @Onikayy, partagé plus de 5000 fois depuis sa mise en ligne, a attiré mon attention. Ce message parle de la stratégie de l’agresseur. Qu’est-ce que c’est ? Explications.

© onikayy

Ce tweet décrit la stratégie de l’agresseur, mécanisme observé dans la quasi-totalité des histoires de violences.

Oui, les histoires de violences contre les femmes sont toutes différentes. Mais, dans presque toutes, on retrouve des points communs. Ces points communs, ce sont ceux du comportement de l’agresseur.

Après la phase de séduction, où tout semble parfait, se met en place un mécanisme dans lequel on peut identifier 5 étapes (l’ordre n’est pas toujours le même d’une histoire à l’autre).

D’abord, l’isolement. La victime va peu à peu couper des liens (ami.e.s, famille...). « Franchement, on va trop souvent chez tes parents » ou « tu vois plus tes copines que moi, tu m’aimes moins ? ». La victime peu à peu se retrouve seule. Et donc moins capable de se défendre.

Ensuite, la dévalorisation. Des mots, des phrases qui rabaissent la personne. « Si on m’avait dit que je finirai avec une (métier de la femme) », « t’es même pas foutue de faire ça ». Une de vos copines se dévalorise systématiquement ? Demandez vous pourquoi.

Après, l’inversion de la culpabilité. L’agresseur va toujours trouver une « raison » qui explique sa violence verbale ou physique.
« Je sais, j’ai crié trop fort. Mais, t’as vu ce que tu as dit / fait / ... ». C’est toujours la responsabilité de l’autre.
N'oubliez jamais :

© carolinedehaas

Ensuite, après l’isolement, la dévalorisation et l’inversion de la culpabilité, vient la peur. La menace. Le mec devient ce « démon » dont parle l’internaute plus haut. Il crie, tape, menace de briser la femme. La peur est un des signaux les plus importants pour détecter les violences. Avoir peur de la personne avec qui on vit n’est pas normal. Aussi parce qu’une femme victime a quasi systématiquement tendance à banaliser les violences, a les excuser ou à les amoindrir. Donc si une femme vous dit « j’ai peur » en parlant de son conjoint, c’est qu’elle est sans doute terrorisée.

Dernier élément de cette « stratégie de l’agresseur » qu’on observe dans la plupart des histoires : assurer son impunité. L’agresseur va tout faire pour que la parole de la victime ne soit pas entendue, quitte à la faire passer pour folle. « Ce n’est pas l’homme que nous connaissions », « c’était un si gentil voisin »

Illustration :

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Donc, si on récapitule : isoler, dévaloriser, inverser la culpabilité, menacer, assurer son impunité.

C’est la stratégie de l’agresseur. #balancetonporc

Caroline De Haas, militante féministe

 

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