Le jour d’après

Que se passerait-il si la France élisait une présidente féministe ? Une nouvelle écrite pour Les Glorieuses.

Le réveil sonna. Ariane ouvrit un œil. 6h30. Un mal de crâne lui fissura la tête en deux. Elle n’avait dormi que 4 heures. La veille s’était tenu le premier conseil des ministres. Andrea Gardin était officiellement devenue présidente de la République française. Et Ariane sa conseillère.

Tandis que l’eau lui coulait sur la tête, Ariane repensa à la campagne. Celle-ci avait été épuisante. Comme toutes les campagnes, se dit-elle. Peut-être pas. Faire élire une présidente féministe en France avait été un tour de force. Peu de journalistes avaient prédit la victoire
de cette candidate.  

Gardin avait fait campagne sur la fin de l’impunité. Celle des politiques corrompus, celles des entreprises polluantes, celle des exilés fiscaux. Et surtout, celle des agresseurs. Et cela avait fonctionné. Sur cette promesse qu’un monde sans violence était possible, des milliers de femmes s’étaient engagées dans la campagne. Et elles avaient gagné.

Ariane avala un comprimé de paracétamol et sortit de chez elle avec son thermos de café. C’est en tournant avec son vélo au coin de la rue Saint Honoré qu’elle repéra quelque chose d’inhabituel. Plusieurs
dizaines de personnes attendaient devant l’entrée du commissariat du 1er arrondissement. Ariane jeta un coup d’œil aux gens assis sur le trottoir, attendant l’ouverture au public. Et d’un coup, elle percuta : il n’y avait que des femmes.

Elle accéléra le pas. Au moment où elle sortait son téléphone pour envoyer un message, ce dernier vibra. « URGENT – Réunion de crise. RDV dans 10 minutes dans le salon Pompadour ».

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