Budget des droits des femmes: mathématiquement, ça ne colle pas

La Secrétaire d'Etat à l'égalité femmes - hommes, Marlène Schiappa, a garanti que les actions de lutte contre les violences sexistes et sexuelles ne seraient pas touchées par les coupes budgétaires prévues en 2017 (-25% pour les droits des femmes). Problème : d'un point de vue mathématique, cela ne colle pas.

Lorsque la Secrétaire d'Etat a annoncé que l'ensemble des actions concernant les violences sexistes et sexuelles seraient préservées malgré la baisse de 25% de son budget, j'ai tiqué. Dans mon souvenir, ces actions concernaient une immense majorité du budget du ministère des droits des femmes. Amputer de 25% le budget (la baisse proportionnellement la plus importante) ne pouvait pas rester sans conséquences.

J'ai donc décidé de vérifier.

J'ai retrouvé le détail du budget des droits des femmes pour 2017 (il est ici, mis en ligne par Bercy). A partir de ce document de 31 pages, j'ai reconstitué le détail du budget des droits des femmes (appelé le programme 137) sous forme d'un tableau Excel.

J'ai ensuite simulé une coupe de l'ensemble des budgets concernant d'autres thématiques que les violences. Exit les actions pour la parité, l'égalité dans la culture, l'égalité professionnelle, l'entreprenariat des femmes ou l'aide à l'accueil de services civiques. On supprime tout. 

Et c'est là le hic. Même en supprimant l'ensemble de ces actions (ce qui serait hallucinant), on n'atteint pas les 7,5 millions d'économies demandées par Bercy. Il faudra donc supprimer des actions de prévention des violences, d'accueil des femmes victimes ou de formation des professionnel.le.s.  

Alors qu'en France, en 2017, les femmes touchent encore des salaires inférieurs de 24%, assument une immense partie des tâches domestiques, sont insuffisamment représentées dans la plupart des espaces de pouvoir, sont des centaines de milliers à être victimes de viols, d'agressions sexuelles ou de harcèlement chaque année, cette baisse du budget des droits des femmes est incompréhensible. Nous avons besoin de plus de moyens, pas de moins !

Plusieurs associations féministes ont lancé une campagne d'interpellation d'Emmanuel Macron. Participez ! 

Caroline De Haas, militante féministe

@carolinedehaas

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